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Infos Mille babords

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Mis à jour : il y a 14 heures 19 min

Présentation du livre "La Bicoque" de Sara Vidal

24. octobre 2018 - 19:00

La librairie Transit présente, mercredi 24 octobre à 19h, l'ouvrage La Bicoque de Sara Vidal en présence de l'auteure.
Un homme vieillissant se lance dans le pari d'une nouvelle vie : se retirer du chaos du monde – en fait de sa ville en désordre –, imitant ainsi les ermites stylites des premiers siècles. Il n'y a ni ferveur religieuse, ni colonne, ni désert, mais une simple maison mal entretenue : la bicoque, au bord de la mer, surplombant une petite crique. Des hallucinations, d'étranges voisinages viennent bousculer son désir de thébaïde : une tribu d'homo sapiens orpheline de sa grotte engloutie par la mer ; le couple de ses parents faussement morts ; un petit groupe de réfugiés Syriens et Érythréens dérangeant les buissons, des oiseaux et les maisons vides qui attendent l'été ; les policiers à leur suite ; un couple de très jeunes gens survivant au naufrage… Un neveu, Kevin, va servir de lien entre la déraison et la réalité, entre la solitude de la bicoque et les débordements du monde.

http://transit-librairie.org/
transit.librairie chez gmail.com

"Les Tourloupes", spectacle sur la répression, les frontières, le genre

24. octobre 2018 - 18:00

Mercredi 24 oct à partir de 18h (ouverture des portes), le collectif Cesaï présentera "Les Tourloupes", spectacle de magie pas toujours sérieux sur la répression, les frontières, le genre, au Centre Autogéré de l'Imprimerie, rue de l'Imprimerie à Gap : si pas expulsé d'ici là, précise le collectif qui donne une solution de repli éventuel à la salle Dum'art (vers le lycée nord au niveau du gymnase et du parking).
Repas sur place (partagé et/ou préparé par nous). Le spectacle étant en plusieurs parties, passez quand vous voulez.
Face à la situation des exilés et laissés-pour-compte, et au vide culturel de la ville de Gap, le CESAÏ (centre social autogéré) occupe ce lieu depuis vendredi dernier. Son but est de proposer un hébergement et des activités libres et gratuites, plus particulièrement aux migrants.
N'attendons plus rien de la part de l'État et des institutions qui de toutes façons ne jouent pas leur rôle et ne respectent pas leurs propres lois. Réapproprions-nous nos vi(ll)es.
A toutes les copines et copains ayant besoin de changer d'air vous êtes les bienvenues, ici nous avons besoin de vous. On a besoin de matériel (liste non exhaustive) : matelas, couvertures, draps, rallonge, multiprise, rideaux, meubles en tout genre. Outillage, clous, vis, bois, étais, colle, peinture, extincteurs. Matos cuisine, assiettes, trépieds, couverts, gamelles, casseroles, verres, etc.
Et votre bonne humeur ainsi que votre énergie débordante.
Par ailleurs le collectif Cesaï appelle à se joindre au rassemblement de soutien aux 7 militants (3+4 de Briançon) qui doivent comparaître le 8 novembre à 8H30 devant le tribunal de Gap pour « aide au passage en bande organisée », encourant jusquà 10 ans de prison. Au-delà de ces personnes, ce sont les solidarités aux frontières que l'État cherche à briser et à criminaliser, commente le Cesaï.

Contact : cesai at riseup.net
https://tourloupes.poivron.org

Présentation de l'ouvrage collectif "L'asile en exil"

24. octobre 2018 - 14:00

L'Equitable Café propose mercredi 24 octobre à 14H un Café découverte autour de l'ouvrage collectif "L'Asile en exil", dans le cadre des rencontres "Migrations : Nos voix, nos chemins de traverse".
Il s'agit d'un travail initié à l'automne 2017 et achevé en mars 2018 consistant en la collecte d'observations à Marseille qui ont permis la constitution d'un riche corpus composé de témoignages recueillis auprès de demandeurs d'asiles, d'acteurs associatifs, mais aussi de référents socio-culturels, de militants, de bénévoles et de personnes solidaires rencontrées dans ces structures d'hébergement, sur leur lieu de travail, dans la rue…
Témoins, praticiens, techniciens et universitaires viendront nous présenter la fabrique de cet ouvrage collectif sur les défaillances et les dysfonctionnements du dispositif d'asile à Marseille. Une table ronde leur permettra, de 15h30 à 19h, de rendre compte de leurs pratiques à travers des extraits, un retour réflexif, en débat ouvert avec le public.
Une pause musicale suivra jusqu'à 21h avec Athia Nu Dem Connexion

L'ensemble du programme est sur le site : https://traverses.hypotheses.org/premiere-rencontre
https: equitablecafé.org

« Salarié.e.s contre MacFia », film de Alain Barlatier

il y a 2 heures 24 min

Les 77 salariés du restaurant McDo de Saint-Barthélémy à Marseille ménent depuis de nombreux mois une lutte implacable pour la sauvegarde de leur emploi et leur dignité de travailleurs ? Au printemps dernier, les responsables syndicaux apprennent que leur restaurant va être vendu à une société sans bilan ni perspective, prétendant implanter un restaurant asiatique hallal Un cabinet d'audit démontre le côté fallacieux de ce montage. Plainte est déposée pour escroquerie et les salariés obtiennent gain de cause le 7 septembre devant le TGI de Marseille

Nos 77 irréductibles ont su mobiliser un quartier entier et les élus de tout bord. L'alchimie de leur victoire repose aussi sur cette démarche. Et le combat continue … Salarié.e.s contre MacFia est le récit inachevé d'une lutte exemplaire.

Notre association dénonce sans reläche les agissements des multinationales comme Mac Do, champion de l'évasion fiscale . Voici que prés de chez nous, à Marseille, des salariés font reculer ce systéme bien huilé . Venez débattre avec nous en présence du réalisateur et de représentants des salariés.

Razan, une trace du papillon, documentaire de Iyad Alasttal

22. octobre 2018 - 19:00

Razan qui portait sa blouse d'infirmière quand elle a été visée, a été tuée d'une balle dans la nuque par un sniper israélien.
Les morts ont un visage, ce ne sont pas que des nombres, et aujourd'hui c'est celui de la jeune infirmière bénévole Razan Achraf Al-Najjar, assassinée hier à Gaza par l'armée israélienne, qui interpelle notre regard. Un visage qui s'ajoute à la longue liste des 120 morts et des millliers de blessés victimes ces dernières semaines des snipers de l'armée israélienne.
Lire la suite :
http://www.assopalestine13.org/spip.php?article1774&id_evenement=434

« Famille roms, le choix de l'accueil »

22. octobre 2018 - 19:00

En septembre 2012, un important groupe de familles roms « atterrissait » à Gardanne, chassées en dernier lieu de Marseille. Le maire de la ville donnait son accord pour les accueillir au Puits Z, ancien carreau de mine en friche...

Les bibles du 1er millénaire

22. octobre 2018 - 18:30

Le 22 octobre
l'UPOP Marseille-Métropole recevra

Gilles Dorival

pour une conférence-débat sur le thème
"Les bibles du 1er millénaire"

A la Casa Consolat
1 rue Consolat - 13001Marseille

Accueil à partir de 18 heures 30
Conférence à partir de 19 heures

Contact :
Jean Pierre : 06 52 786 785
upop13 chez free.fr
Le site : upop.info/
Le programme : upop.info/programme-des-cours
Les vidéos : youtube.com/c/upopmarseille

Appel contre la politique de criminalisation et de répression systémique qui s'abat sur les opposant•e•s à la poubelle nucélaire CIGEO à Bure

22. octobre 2018 - 17:56

Plus de 100 organisations et personnalités appellent à une réaction massive face à la criminalisation de la lutte contre la poubelle nucléaire à Bure.

voir aussi là :
https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/plus-de-100-organisations-et-personnalites-appellent-a-une-reaction-massive

Ces organisations nationales et régionales, collectifs et personnalités publiques se joignent à cette tribune des associations, collectifs et habitant-es en lutte contre la poubelle nucléaire CIGEO, pour :
mettre fin à la criminalisation de la lutte à Bure et des autres mobilisations et espaces d'opposition en France
construire une résistance à cet effet
en finir avec la peur et le silence

Bure est devenu un gigantesque laboratoire répressif. Asphyxier ce combat légitime contre l'ordre nucléaire est un test pour mieux réprimer les autres luttes à l'avenir. Nous sommes tous-tes concerné-e-s.

Appel contre la politique de criminalisation et de répression systémique qui s'abat sur les opposant•e•s à la poubelle nucélaire CIGEO à Bure

Nous, associations nationales et locales, collectifs, comités, personnalités, dénonçons la politique de criminalisation et de répression systémique qui s'abat sur les opposant-e-s à la poubelle nucléaire CIGEO à Bure depuis plus d'un an et demi. Pour détruire ce mouvement de résistance vieux de 25 ans, il y a déjà eu plus d'une cinquantaine de procès. Des centaines de mois de sursis distribués. Près de 2 ans de prison ferme. 26 interdictions de territoire. 7 personnes interdites de se voir et rentrer en relation, et ce pour des années, dans le cadre d'un contrôle judiciaire dans une instruction pour "association de malfaiteurs". Des milliers d'euros d'amende. Une vingtaine de perquisitions réalisées en Meuse, à Paris, en Isère. Une trentaine de gardes à vue - dont celle, le 20 juin 2018, de l'avocat Maître Étienne Ambroselli. Un escadron de gendarmes mobiles installé sur place depuis l'été 2017. Chaque jour, depuis plus d'un an, les habitant-e-s de Bure et autour sont suivis, fichés, filmés, et contrôlés, et parfois à plusieurs reprises en l'espace de quelques heures.

Ce mardi 16 octobre, dans l'enceinte du tribunal de grande instance de Bar-le-Duc une nouvelle atteinte aux droits de la défense a eu lieu, un nouveau pas franchi dans la répression. Ce matin-là, parmi d'autres procès, le tribunal a jugé en absence et par défaut le militant et journaliste Gaspard d'Allens. Pourtant ce dernier n'a jamais été informé qu'un procès le concernait. Il ne savait pas qu'il y avait des accusations portées contre lui. Il n'a donc pas pu préparer sa défense ni choisir un avocat. Néanmoins, il a quand même été jugé : au mépris des garanties les plus élémentaires des droits de la défense.

Le procureur Olivier Glady a expliqué devant une assistance et des avocats outrés qu'il lui avait envoyé une convocation à une adresse à Paris. Or cela fait 5 ans que Gaspard n'y habite plus et le procureur le savait pertinemment. Gaspard est domicilié à Mandres-en-Barrois, à proximité de Bure, où il a été filmé durant des semaines presque
quotidiennement par les gendarmes. Le procureur a pourtant affirmé qu'il était "radicalement introuvable".

Mais qui à Bure pourrait encore être « introuvable » alors qu'une surveillance généralisée traque les opposants à CIGEO ? Qu'entre 15 et 50 téléphones sont sur écoute de façon ponctuelle ou permanente ? Que les communications sont espionnées et les déplacements traqués ? Que toutes les amitiés qui sont nées au coeur de cette résistance sont soupçonnées de relever d'une « association de malfaiteurs » à finalité criminelle ? Des millions d'euros d'argent public sont dépensés pour traquer les opposants, et le Parquet n'aurait pas pu actualiser son adresse de résidence ?

Depuis le mois de juin 2017, dans le cadre d'une instruction judiciaire pour "association de malfaiteurs", une « cellule Bure », basée entre Nancy et Commercy, fait travailler à temps plein entre 5 et 10 officiers de police judiciaire. Leur mission : enquêter et consigner toute la vie des opposants dans des milliers de procès-verbaux. Un seul but :
surveiller et détruire le mouvement de lutte par l'asphyxie policière et judiciaire.

Avec une autre personne, Gaspard a été accusé d'avoir fait opposition "par violence ou voie de fait" le 23 janvier 2017, aux travaux publics de l'ANDRA dans le bois Lejuc occupé. Le procureur réclame 3 mois de sursis simple. Une peine devenue classique pour quiconque refuse l'ordre nucléaire en Meuse. Gaspard s'est interposé physiquement quelques minutes devant un bulldozer. Mais où est la "violence", puisqu'à cette époque, le 30 janvier 2017, le chef de chantier de l'Andra, Emmanuel Hance versait de l'huile inflammable sur des opposants accrochés à une barricade (https://www.youtube.com/watch?v=kzit6sJjt-E) ?

Cette violation évidente des droits de la défense n'est qu'une goutte d'eau de la politique de karcher répressif qui vise à "nettoyer" intégralement toute forme de contestation à Bure. Le 16 octobre, six nouveaux procès absurdes ont également eu lieu, principalement pour des "outrages" générés par le climat de militarisation irrespirable qui s'est installé dans le sud-Meuse. Trois mois de prison ferme ou avec sursis ont été requis en fonction des cas.

D'étranges pratiques s'installent en Meuse. Que penser d'un tribunal où les gendarmes mobiles encadrent les arrivées et les départs à chaque procès concernant Bure, et finissent régulièrement par vider la salle d'audience ? Quelles conclusions devons-nous tirer lorsque des avocats commis d'office refusent de se déplacer pour assister certaines personnes gardées à vue à Bure ? Comment juger le fait que l'avocate de l'Andra, Carine Bourrel, soit également la batônnière de la Meuse ? Que devons-nous conclure lorsqu'en garde à vue un officier de police judiciaire appelle le juge d'instruction M. Le Fur par son prénom, « Kevin », lorsqu'elle lui passe des coups de téléphone ?

Nous dénonçons fermement la mise en place depuis 2 ans en Meuse d'un système mafieux qui ne dit pas son nom, où les libertés fondamentales et les droits de la défense sont chaque jour piétinés. Au nom de l'avancée forcée d'un projet nucléaire démentiel qui ne présente aucune garantie de sécurité et de faisabilité. Au nom de la destruction d'un mouvement de lutte pluriel pour commencer les travaux imminents de CIGEO. Au nom de la mise en place d'un laboratoire répressif servant d'expérimentation pour mieux neutraliser de futures luttes.

Fait tout aussi inquiétant, cette répression massive s'installe également partout ailleurs en France et dans le monde, dans les mouvements sociaux, les quartiers, les luttes migratoires, les luttes territoriales et environnementales... Nous ne devons pas rester silencieux ni courber l'échine par peur d'être les prochain-e-s sur la liste.

Nous appelons à ce qu'un maximum d'organisations, de comités, de collectifs et de personnalités publiques signent et relaient cette tribune pour :
mettre fin à la criminalisation de la lutte à Bure et des autres mobilisations et espaces d'opposition en France
construire une résistance à cet effet
en finir avec la peur et le silence

Nous appelons à densifier partout les solidarités et à ne pas nous laisser enfermer dans l'isolement.

Nous ne serons pas les prochain-e-s sur la liste !

Nous refusons de céder à l'intimidation !

Si vous souhaitez signer cette tribune

Adresse pour les signatures : soutienburerepression chez riseup.net
(Merci de préciser pour les orgas (NOM DE L'ORGA, FONCTION) dans l'objet
du mail, et pour les personnalités publiques (NOM, PRÉNOM, FONCTION).

Adresse de contact : noussommestousdesmalfaiteurs chez riseup.net

P.-S.

PREMIERS SIGNATAIRES :

Coordination Stop CIGEO : (CEDRA, EODRA, Habitants Vigilants de Gondrecourt-le-Château, Habitants Vigilants de Void-Vacon, des habitant-e-s de Bure et des environs. Burestop 55, Meuse Nature Environnement et Mirabel Lorraine Nature Environnement)

Organisations nationales :
Agir pour l'Environnement Alternative Libertaire Amis de la Terre France Arrêt du nucléaire Attac CGT-Caisse des dépôts Collectif « La Fête à Macron » Ende Gelande France Ensemble ! Greenpeace France HALEM Réseau Sortir du Nucléaire Union Syndicale Solidaires

Organisations nationales et régionales :
ACDN (Action des citoyens pour le désarmement nucléaire) A.C.T.E. (Association Chalonnaise pour une Transition Écologique énergétique et citoyenne) ADENY (Association de défense de l'environnement et de la nature de l'Yonne) Alternative Libertaire 54 ARPENT (Association pour la Restauration et la Protection de l'Environnement Naturel du Tonnerrois) A.P.P.E.L.S. Arrêt du nucléaire Savoie Arrêt du nucléaire 34 ASODEDRA Attac Agen Attac Hauts-Cantons (34) BI Lüchow-Dannenberg Bure Haleurs CADE (Collectif des Associations de Défense de l'Environnement Pays Basque et Sud des Landes) CCAN de Nancy (Centre Culturel Autogéré de Nancy) CEDRAT 87 Cercle 49 Comité de soutien transfrontalier // Grenzüberschreitendes Solikommittee Comité de lutte Bure/Longwy Comité STOP Bure 41 Comité de lutte Bure n Contr'Atom Décroissance IDF Ki 6 col' (Bourges, 18) La France Insoumise 44 LDH Châlons-sur-Saône Leforest Environnement Les Amis de la Décroissance IDF Mouvement de la paix - Comité sud 54 STOP EPR Ni à Penly ni Ailleurs (SENPNA) STOP Fessenheim STOP Golfech STOP Nucléaire 26 SDN Aude (11) SDN Berry-Giennois-Puisaye SDN Bugey SDN Deux-Sèvres (79) SDN Isère (38) SDN Moselle SDN Paris (75) SDN Pays Nantais (44) SDN Trégor SEL47TERRE Solidaritäts-Kommittee Bure-Dreyeckland Solidaires Alsace Solidaires 54 STOP Précarité Sud Collectivités Territoriales 54 Tchernoblaye (Gironde) Terre et Liberté pour Wallmapu

Personnalités, intellectuel-les, artistes, activistes, politiques
/Intellectuels/Activistes :
Paulette & Didier Anger, militant-e-s antinucléaires Sara Aguiton, chercheuse au CNRS Jérôme Baschet, historien Ludivine Bantigny, historienne Anne-Emmanuelle Berger, professeure à Paris 8 Judith Bernard, metteure en scène et journaliste Eric Beynel, co-délégué de Solidaires Christophe Bonneuil, historien Sam Bourcier, sociologue université de Lille Isabelle Cambourakis, éditrice Geneviève Coiffard-Grosdoy, militante associative Jean-Baptiste Comby, sociologue Danakil, musiciens Jean-Jacques Delfour, philosophe Benjamin Dessus, ingénieur et économiste Anne Gaudron, présidente de la LDH Pyrénées Orientales Vincent Gay, maître de conférences Barbara Glowcewzski,
anthropologue Cécile Gondard-Lalane, co-déléguée de Solidaires Émilie Hache, philosophe Éric Hazan, éditeur Odile Hélier, anthropologue François Jarrige, chercheur et historien Rose-Marie Lagrave, sociologue EHESS Amélie Le Renard, professeure à Paris 1 Stéphane Lavignotte, pasteur Sandra Laugier, professeur des universités Olivier Long, universitaire et peintre, Paris-1 Jean-Marie Matagne, docteur en philosophie Hélène Merlin-Kajman, professeure Catherine Neveu, directrice de recherche CNRS Albert Ogien, directeur de recherche CNRS Gérald Orange, professeur honoraire La Parisienne Libérée, chanteuse Alessandro Pignocchi, auteur de BD Christine Poupin, porte-parole du NPA Josep Rafanell Orra, psychologue et écrivain Les Ogres de Barback, musiciens Serge Quadruppani, écrivain Françoise Verchère, opposante historique à NDDL

Allemagne 1918-1919 (II) : la Social-Démocratie tend un piège mortel à la révolution

22. octobre 2018 - 17:23

Le premier article de cette série (RI n°396) concernait le début de la révolution en Allemagne en novembre 1918. Dans cette seconde partie, nous nous penchons sur la façon dont la classe dominante a utilisé ses armes les plus puissantes – pas seulement la répression armée, mais aussi les campagnes idéologiques du parti autrefois ouvrier, le SPD, pour infliger une défaite majeure au mouvement révolutionnaire.

Avec son insurrection en novembre 1918, la classe ouvrière avait forcé la bourgeoisie en Allemagne à mettre fin à la guerre. Pour saboter la radicalisation du mouvement et empêcher une répétition des « événements en Russie », la classe capitaliste a utilisé le SPD dans les luttes comme machine de guerre contre la classe ouvrière. Grâce à une politique de sabotage particulièrement efficace, le SPD, avec l'aide des syndicats, fit tout ce qu'il put pour miner la force des conseils ouvriers.

Confrontée au développement explosif du mouvement, avec des soldats qui se mutinaient partout et qui rejoignaient le camp des ouvriers insurgés, la bourgeoisie n'avait pas la possibilité d'envisager une politique de répression immédiate. Elle devait d'abord agir politiquement contre la classe ouvrière et poursuivre de façon à obtenir une victoire militaire.

Toutefois, la préparation de l'action militaire se mit en place au tout début. Ce ne furent pas les partis de droite de la bourgeoisie qui organisèrent cette répression mais bien celui qui passait encore pour « le grand Parti du prolétariat », le SPD, et il le fit en collaboration étroite avec l'armée. Ce furent ces fameux démocrates qui s'activèrent pour être la dernière ligne de défense du capitalisme. Ce furent eux qui s'avérèrent être le rempart le plus efficace du capital. Le SPD commença par créer des unités de commandos puisque l'armée régulière, contaminée par le « virus des luttes ouvrières », était de moins en moins encline à obéir au gouvernement bourgeois. Ces compagnies de volontaires, qui avaient le privilège de recevoir une solde spéciale, allaient servir d'auxiliaires de la répression.

Les provocations militaires des 6 et 24 décembre 1918
Juste un mois après le début des luttes, le SPD donna l'ordre à la police d'entrer par la force dans les bureaux du journal de la fraction Spartakus, Die Rote Fahne. Karl Liebknecht, Rosa Luxembourg et d'autres spartakistes, mais aussi des membres du Conseil Exécutif de Berlin, furent arrêtés. Au même moment, les troupes loyales au gouvernement attaquaient une manifestation de soldats qui avaient été démobilisés ou avaient déserté ; 14 manifestants étaient tués. En réponse, plusieurs usines se mirent en grève le 7 décembre ; des assemblées générales avaient lieu partout dans les usines. Pour la première fois, le 8 décembre, il y eut une manifestation d'ouvriers et de soldats en armes à laquelle participèrent plus de 150 000 personnes. Dans les villes de la Ruhr, comme à Mülheim, des ouvriers et des soldats arrêtèrent quelques patrons d'industrie.

Face à ces provocations du gouvernement, les révolutionnaires ne poussaient pas à l'insurrection immédiate mais appelaient les ouvriers à se mobiliser massivement. Les Spartakistes avaient analysé la situation comme n'étant pas encore assez mure pour renverser le gouvernement bourgeois, en particulier du point de vue des capacités de la classe ouvrière.

Le Congrès national des conseils qui eut lieu à la mi-décembre 1918 montrait que c'était effectivement le cas et la bourgeoisie profita de la situation. Les délégués à ce Congrès décidèrent de soumettre leur décision à une Assemblée Nationale qui devait être élue. En même temps, un Conseil Central (Zentralrat) fut constitué, exclusivement composé de membres du SPD prétendant parler au nom des conseils ouvriers et de soldats en Allemagne. La bourgeoisie mit à profit cette faiblesse de la classe ouvrière en déclenchant une autre provocation militaire à la suite du Congrès : le 24 décembre, les unités de commando et les troupes gouvernementales passèrent à l'offensive. Onze marins et plusieurs soldats furent tués. Une fois de plus, cela suscita une grande indignation chez les ouvriers. Les ouvriers de la compagnie automobile Daimler et plusieurs autres usines de Berlin constituèrent une Garde Rouge. Le 25 décembre, de puissantes manifestations eurent lieu en réponse à cette attaque. Le gouvernement fut obligé de reculer. L'équipe gouvernementale se discréditant de plus en plus, l'USPD, qui jusque là avait participé au gouvernement avec le SPD, s'en retira.

La bourgeoisie n'abandonna pas cependant. Elle continua à œuvrer au désarmement du prolétariat qui était encore armé à Berlin et se prépara à lui donner le coup décisif.

Le SPD appelle à la mise à mort des communistes
Pour dresser la population contre le mouvement de classe, la SPD devint le porte-parole d'une énorme campagne de calomnies contre les révolutionnaires et alla même jusqu'à réclamer la mise à mort des Spartakistes en particulier.

A la fin de décembre, le groupe Spartakus quitta l'USPD et forma le KPD avec les IKD. La classe ouvrière avait ainsi un parti de classe qui était né dans le feu du mouvement et qui devenait la cible des attaques du SPD, le principal défenseur du capital.

Pour le KPD, l'activité de la plus grande masse possible de travailleurs était indispensable pour s'opposer à cette tactique du capital. « Après la phase initiale de la révolution, celle de la lutte essentiellement politique, maintenant s'ouvre une phase de lutte renforcée, plus intense et principalement économique ». (Rosa Luxembourg au Congrès de fondation du KPD). Le gouvernement SPD « ne viendra pas à bout des flammes de la lutte économique de classe. » (ibid.). C'est pourquoi le capital, avec le SPD à sa tête, fit tout ce qu'il put pour empêcher toute extension des luttes sur ce terrain en provoquant des soulèvements ouvriers armés prématurés et en les réprimant ensuite. Il avait besoin d'affaiblir le mouvement en son centre, Berlin, d'abord, pour attaquer le reste de la classe ouvrière ensuite.

Le piège de l'insurrection prématurée à Berlin
En janvier, la bourgeoisie réorganisa ses troupes stationnées à Berlin. En tout, elle avait plus de 80 000 soldats répandus dans la ville, dont 10 000 étaient des troupes de choc. Au début du mois, elle fait une nouvelle provocation contre les ouvriers de façon à les disperser militairement. Le 4 janvier, le préfet de police de Berlin, Eichorn, qui avait été nommé par les ouvriers en novembre, fut relevé de ses fonctions par le gouvernement bourgeois. Cela fut ressenti comme une attaque par la classe ouvrière. Le soir du 4 janvier, les Hommes de confiance (Obleute) révolutionnaires tinrent un meeting auquel assistaient Liebknecht et Pieck au nom du KPD qui venait de se former.

Le KPD, les Hommes de confiance révolutionnaires et l'USPD appelèrent à un rassemblement de protestation le samedi 5 janvier. 150 000 ouvriers environ participèrent à la manifestation qui suivait ce rassemblement devant la préfecture de police. Le soir du 5 janvier, quelques manifestants occupèrent les bureaux du journal du SPD, Vorwärts, et d'autres maisons d'édition. Ces actions étaient probablement à l'incitation d'agents provocateurs, et se déroulèrent de toutes façons sans que le comité n'en ait eu connaissance ou n'ait donné son approbation.

Les conditions n'étaient cependant pas réunies pour un renversement du gouvernement et le KPD l'expliquait clairement dans un tract sorti début janvier :

« Si aujourd'hui les ouvriers de Berlin dissolvent l'Assemblée Nationale, s'ils jettent les Ebert -Scheidemann en prison, alors que les ouvriers de la Ruhr, de la Haute-Silésie et de l'Elbe restent tranquilles, demain le capitalisme sera capable d'affamer Berlin. L'offensive de la classe ouvrière contre la bourgeoisie, la bataille pour le pouvoir des conseils d'ouvriers et de soldats doit être l'œuvre de tous les travailleurs du Reich. Ce n'est que la lutte des ouvriers des villes et des campagnes, partout et de façon permanente, qui en s'accélérant et en grandissant jusqu'à devenir une vague puissante qui déferle avec fracas sur l'ensemble de l'Allemagne, ce n'est qu'une vague formée par les victimes de l'exploitation et de l'oppression et se répandant sur tout le pays qui peut faire exploser le gouvernement capitaliste, dissoudre l'Assemblée Nationale, et construire sur les ruines le pouvoir de la classe ouvrière qui conduira le prolétariat à la victoire complète dans la lutte ultérieure contre la bourgeoisie. (…)
Ouvriers, hommes et femmes, soldats et marins ! Convoquez des assemblées partout et expliquez clairement aux masses que l'Assemblée nationale est un bluff. Dans chaque atelier, dans chaque unité de troupe, dans chaque ville, regardez et vérifiez que votre conseil d'ouvriers et de soldats a bien été élu, qu'il n'y a pas dedans des représentants du système capitaliste, des traîtres à la classe ouvrière comme les hommes de Scheidemann, ou des éléments inconsistants ou hésitants comme les Indépendants. »

Cette analyse montre que le KPD voyait clairement que le renversement de la classe capitaliste n'était pas encore immédiatement possible et que l'insurrection n'était pas à l'ordre du jour.

Après l'énorme manifestation de masse, le 5 janvier, les Hommes de confiance tinrent une réunion le soir même, à laquelle assistaient des délégués du KPD et des représentants des troupes de la garnison. Impressionnés par la puissante manifestation de la journée, les présents élurent un Comité Révolutionnaire de 52 membres avec Ledebourg comme président, Scholze pour les Hommes de confiance révolutionnaires et Karl Liebknecht pour le KPD. Ils décidaient la grève générale et une autre manifestation pour le lendemain, le 6 janvier.

Le Comité Révolutionnaire distribua un tract appelant à l'insurrection : « Luttons pour le pouvoir du prolétariat révolutionnaire ! A bas le gouvernement Ebert-Scheidemann ! »

Des soldats déclarèrent leur solidarité avec le Comité Révolutionnaire. Une délégation de soldats assura qu'elle se mettrait du côté de la révolution dès que la destitution du gouvernement Ebert-Scheidemann serait annoncée. En réponse, Liebknecht pour le KPD et Scholze pour les Hommes de confiance signaient un décret déclarant la destitution et que les affaires du gouvernement seraient prises en main par le Comité Révolutionnaire. Le 6 janvier, environ 500 000 personnes manifestèrent dans la rue. Manifestations et rassemblements eurent lieu dans chaque secteur de la ville ; les ouvriers du Grand Berlin réclamaient qu'on leur rende leurs armes. Le KPD exigeait l'armement du prolétariat et le désarmement des contre-révolutionnaires. Bien que le Comité révolutionnaire ait donné le mot d'ordre « A bas le gouvernement ! », il ne prit aucune initiative sérieuse pour faire aboutir cette orientation. Dans les usines, aucune troupe de combat ne fut organisée, aucun essai de prendre les affaires de l'Etat en main et de paralyser l'ancien gouvernement ne fut tenté. Non seulement le Comité révolutionnaire n'avait aucun plan d'action mais, le 6 janvier, il fut forcé par la marine d'abandonner son quartier général.

La masse des ouvriers qui manifestaient attendaient des directives dans la rue alors que leurs leaders étaient désemparés. Tandis que la direction prolétarienne reculait, hésitait, n'avait aucun plan d'action, le gouvernement mené par le SPD, pour sa part, surmontait rapidement le choc provoqué au début par cette offensive des ouvriers. De l'aide lui venait de tous côtés. Le SPD appela à des grèves et à des manifestations pour soutenir le gouvernement. Une campagne encore plus acharnée et plus perfide se déchaîna contre les communistes.

Le SPD et ses complices étaient ainsi en train de se préparer à massacrer les révolutionnaires du KPD au nom de la révolution et des intérêts du prolétariat. Il appelait les conseils, avec la duplicité la plus ignoble, à soutenir le gouvernement en agissant contre ce qu'il appelait « les bandes armées ». Le SPD ravitaillait même une section militaire, qui recevait des armes des casernes, et Noske fut placé à la tête des forces de répression avec les paroles : « Nous avons besoin d'un chien sanglant, je ne me déroberai point devant une telle responsabilité. »

Le 6 janvier, des escarmouches eurent lieu. Alors que le gouvernement massait ses troupes autour de Berlin, le soir du 6, l'Exécutif des conseils de Berlin siégeait. Dominé par le SPD et l'USPD, il proposa qu'il y ait des négociations entre les Hommes de confiance révolutionnaires et le gouvernement que le Comité Révolutionnaire venait d'appeler à renverser. L'Exécutif jouait les « conciliateurs », en proposant de réconcilier l'inconciliable. Cette attitude sema la confusion chez les ouvriers, surtout chez les soldats qui étaient déjà hésitants. Les marins décidèrent donc d'adopter une politique de « neutralité ». Dans une situation de confrontation directe entre les classes, toute indécision peut rapidement conduire la classe ouvrière à perdre confiance dans ses propres capacités et à adopter une attitude méfiante vis-à-vis de ses propres organisations politiques. En jouant cette carte, le SPD favorisa un affaiblissement dramatique du prolétariat. En même temps, il utilisait des agents provocateurs (comme cela a été prouvé plus tard) pour pousser les ouvriers à un affrontement.

Confronté à cette situation, la direction du KPD, contrairement au Comité Révolutionnaire, avait une position très claire basée sur l'analyse de la situation qu'il avait faite à son Congrès de fondation et considérait que l'insurrection était prématurée.

Le KPD appelait donc les ouvriers à renforcer d'abord et avant tout les conseils, en développant la lutte sur leur terrain de classe, dans les usines et en se débarrassant des Ebert, Scheidemann et compagnie. En intensifiant la pression au travers des conseils, ils pouvaient donner un nouvel élan au mouvement et se lancer ensuite dans la bataille pour s'emparer du pouvoir politique.

Le même jour, Luxembourg et Jogiches critiquèrent violemment le mot d'ordre de renversement immédiat du gouvernement donné par le Comité Révolutionnaire, mais aussi et surtout le fait que ce dernier se soit montré, par son attitude hésitante et capitularde, incapable de diriger le mouvement de classe. Ils reprochaient particulièrement à Liebknecht d'avoir agi de son propre chef, se laissant emporter par l'enthousiasme et l'impatience, au lieu d'en référer à la direction du Parti et de se baser sur le programme et les analyses du KPD.

Cette situation montre bien que ce n'étaient ni le programme ni les analyses qui manquaient, mais la capacité du Parti, comme organisation, de remplir son rôle en tant que direction politique du prolétariat. Fondé quelques jours avant seulement, le KPD n'avait aucune influence dans la classe, encore moins la solidité et la cohésion organisationnelle du parti bolchevik un an auparavant en Russie. L'immaturité du Parti Communiste en Allemagne a été au cœur de la dispersion dans ses rangs qui devait peser lourdement et dramatiquement dans les événements qui suivirent.

Dans la nuit du 8 au 9 janvier, les troupes gouvernementales passèrent à l'attaque. Le Comité Révolutionnaire, qui n'avait toujours pas analysé correctement le rapport de force, appela à l'action contre le gouvernement : « Grève générale ! Aux armes ! : Il n'y pas de choix ! Nous devons combattre jusqu'au dernier homme ! ». Beaucoup d'ouvriers répondirent à cet appel mais de nouveau ils attendirent en vain des instructions précises du Comité. En réalité, rien n'avait été fait pour organiser les masses, pour pousser à la fraternisation entre les ouvriers révolutionnaires et les troupes… Les troupes du gouvernement entrèrent ainsi dans Berlin et livrèrent, pendant plusieurs jours, de violents combats de rue avec les ouvriers en armes. Beaucoup furent tués ou blessés dans des affrontements éparpillés dans différentes parties de la ville. Le 13 janvier, l'USPD décidait la fin de la grève générale et le 15 janvier, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht étaient assassinés par les sbires du régime Social-Démocrate. La campagne criminelle du SPD : « Tuez Liebknecht ! » se concluait donc par un succès pour la bourgeoisie. Le KPD était privé de ses leaders les plus importants.

Le KPD n'avait pas la force de retenir le mouvement comme l'avaient fait les bolcheviks en juillet 1917. Selon Ernst, le nouveau chef de la police social-démocrate qui avait remplacé Eichhorn évincé : « Tout succès pour les gens de Spartakus était hors de question depuis le début puisque, avec nos préparatifs, nous les avons forcés à frapper prématurément. On connaissait leurs cartes dès qu'ils allaient les jouer et c'est pourquoi nous avons été capables de les combattre. »

A la suite de ce succès militaire, la bourgeoisie comprit immédiatement qu'elle devait profiter de son avantage. Elle déclencha une vague sanglante de répression au cours de laquelle des milliers d'ouvriers berlinois et de communistes furent assassinés, torturés et jetés en prison. Les meurtres de Liebknecht et de Luxembourg n'étaient pas une exception mais révélèrent la détermination bestiale de la bourgeoisie d'éliminer ses ennemis mortels : les révolutionnaires.

Le 19 janvier, « la démocratie » triomphait : les élections pour l'Assemblée Nationale avaient lieu. Sous la pression des luttes ouvrières, le gouvernement se transférait au même moment à Weimar. La République de Weimar s'instaurait sur les cadavres de milliers d'ouvriers.

L'insurrection est basée sur l'élan révolutionnaire des masses
A son Congrès de fondation, le KPD reconnaissait que la classe n'était pas encore mûre pour l'insurrection. Après le mouvement initialement dominé par les soldats, un nouvel élan partant des usines, des assemblées générales et des manifestations était vital. C'était une condition pour que la classe acquière, dans le mouvement, une plus grande force et une plus grande confiance en elle-même. C'était une condition pour que la révolution soit plus que l'affaire d'une minorité ou de quelques éléments impatients ou désespérés et qu'elle s'appuie sur l'élan révolutionnaire de la grande majorité des ouvriers.

De plus, en janvier, les conseils ouvriers n'exerçaient pas réellement de double pouvoir car le SPD les avait sabotés de l'intérieur. Comme nous l'avons montré dans l'article précédent (RI n°396), le Congrès national des conseils tenu mi-décembre avait représenté une victoire pour la bourgeoisie et malheureusement rien de nouveau n'était venu depuis pour stimuler les conseils. L'évaluation que faisait le KPD du mouvement de la classe et du rapport de force était parfaitement lucide et réaliste. Il y en a qui pensent que c'est le parti qui prend le pouvoir. Mais alors, on doit expliquer comment une organisation révolutionnaire, si forte soit elle, pourrait le faire quand la grande majorité de la classe ouvrière n'a pas encore développé sa conscience de classe, hésite et oscille, et n'a pas encore été capable de créer des conseils ouvriers qui aient suffisamment de force pour s'opposer au régime bourgeois. Une telle position se trompe complètement sur les caractéristiques fondamentales de la révolution et de l'insurrection, que Lénine avait été le premier à définir : « l'insurrection doit se fonder, non sur un complot, non sur un parti, mais sur l'avant-garde de la classe ». Même en octobre 1917, les bolcheviks avaient eu comme principal souci que ce soit le Soviet de Petrograd qui prenne le pouvoir, pas le Parti Bolchevik.

L'insurrection prolétarienne ne peut être « décrétée d'en haut ». Au contraire, c'est une action des masses qui doivent d'abord développer leurs initiatives et arriver à avoir la maîtrise de leurs luttes. Ce n'est que sur ces fondements que les directives et les orientations données par les conseils et le parti seront suivies.

L'insurrection prolétarienne ne peut être un putsch, comme essaient de nous le faire croire les idéologues bourgeois. C'est l'œuvre de toute la classe ouvrière. Pour se débarrasser du joug du capitalisme, la volonté de quelques-uns, même si ce sont les éléments les plus clairs et les plus déterminés, ne suffit pas : « le prolétariat insurgé ne peut compter que sur ses membres, sa cohésion, ses cadres et son état-major » (Trotsky, Histoire de la Révolution Russe, chap. « L'Art de l'insurrection ».)

En janvier 1919, la classe ouvrière en Allemagne n'avait pas atteint ce niveau de maturité.

La lettre d'information du site "la voie du jaguar"

22. octobre 2018 - 17:17

Nouveaux articles

** Le Jour des morts... Offrande et calaveras **
par Estampe et art populaire - 14 octobre 2018

L'Association pour l'estampe et l'art populaire a le plaisir
de vous inviter à l'exposition "Le Jour des morts... à Paris !
Offrande et calaveras".

Exposition ouverte tous les jours
du 1er au 11 novembre 2018
de 15 à 20 heures
au 49 bis, rue des Cascades
Paris XXe (métro Jourdain)

Vernissage le jeudi 1er novembre à partir de 18 heures

Depuis 2001, ce sera la dix-septième année consécutive que
l'Association pour l'estampe et l'art populaire fête les morts
à la manière mexicaine, il y aura une offrande ainsi que des
gravures satiriques. Comme chaque année, le soir du vernissage,
vous pourrez goûter la soupe mexicaine et boire à la santé des
trépassés. Aussi, il y aura un petit numéro de calavera-clown
dans la soirée.
https://lavoiedujaguar.net/Le-Jour-des-morts-Offrande-et-calaveras


** Un aéroport en lieu et place
du dernier lac de la vallée de Mexico **

par Siete Nubes - 11 octobre 2018

Construire un gigantesque aéroport international en lieu et place
de l'ultime résidu lacustre de l'ancien lac de Texcoco. C'est sur
ce pari farfelu que s'édifie, depuis quatre ans déjà, le plus grand
projet d'aéroport d'Amérique latine, pour un coût exorbitant de
près de 13 milliards d'euros. L'impact environnemental et les
dangers d'une catastrophe écologique majeure pour la ville de Mexico
sont immenses. Mais pour mieux comprendre ce qui est actuellement en
jeu, un retour en arrière s'impose.

Il y a longtemps, bien longtemps, avant que Hernan Cortés et ses
conquistadores espagnols ne viennent coloniser les terres mexicaines,
l'actuelle "vallée de Mexico" était constituée d'un ensemble de
lacs, alimentés par les rivières s'écoulant des volcans et des
chaînes de montagnes environnantes, abritant une véritable civilisation
lacustre de plusieurs centaines de milliers d'habitants, au cœur de
l'Empire aztèque. Tenochtitlán, capitale de l'Empire, était alors
construite sur une île protégée par d'énormes digues (...)
https://lavoiedujaguar.net/Un-aeroport-en-lieu-et-place-du-dernier-lac-de-la-vallee-de-Mexico


** Notes anthropologiques (XXIII) **
par Georges Lapierre - 8 octobre 2018

Dionysos ou la déraison grecque
Deuxième partie : L'outlaw ou l'Ivrogne divin

"L'extase est une “sortie”, l'enthousiasme est une
“possession” : y a-t-il pour autant communion ? Dionysos est un dieu
insaisissable à ses propres fidèles", a pu écrire Louis Gernet dans un
article intitulé "L'anthropologie dans la religion grecque".
Y aurait-il un mystère Dionysos ? Le culte de Dionysos avec ses
nourrices et son cortège de ménades ou de bacchantes emportées dans
une danse et une ivresse collectives les jetant hors d'elles-mêmes nous
laisse entrevoir, ou deviner, une forme de pensée qui déborde largement
les limites imposées par la raison. Dans cet essai, je me propose
seulement d'en saisir quelques aspects, d'en préciser quelques données.
C'est que le culte de Dionysos nous emporte dans un domaine qui n'est
presque plus le nôtre et laisse deviner une cosmovision qui n'est plus
la nôtre. Pourtant il nous plonge dans des profondeurs ignorées ou
oubliées de nous-mêmes, à la source de ce que nous sommes. (...)
https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXIII


** Un continent comme arrière-cour,
un pays comme cimetière, une pensée unique
comme programme de gouvernement, et une petite,
très petite, minuscule, rébellion **

par SCI Galeano, SCI Moisés - 6 octobre 2018

Suite de la participation de la Commission Sexta de l'EZLN à la
rencontre des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement
et à sa porte-parole.

(...) dans notre autonomie et à propos d'elle — vu qu'on discute de
savoir si elle va être reconnue ou ne va pas être reconnue —, nous
avons fait ce raisonnement : l'autonomie officielle et l'autonomie
réelle. Celle qui est officielle est celle qui est reconnue par les
lois. La logique serait : vous avez une autonomie, maintenant je la
reconnais dans une loi, alors votre autonomie commence à dépendre de
cette loi et ne conserve plus ses formes, puis, quand il va y avoir
un changement de gouvernement, alors vous devez soutenir le "bon"
gouvernement, et voter pour lui, promouvoir le vote pour lui, car
si arrive un autre gouvernement, ils vont vous enlever la loi qui
vous protège. Ça fait donc de nous les pions des partis politiques,
comme cela s'est produit pour des mouvements sociaux dans le monde
entier. Ce qui compte, ce n'est plus ce qui s'effectue dans la réalité,
ce qui est défendu, mais ce que la loi reconnaît. La lutte pour la
liberté se transforme ainsi en lutte pour la reconnaissance légale
de la lutte elle-même. (...)
https://lavoiedujaguar.net/Un-continent-comme-arriere-cour-un-pays-comme-cimetiere-une-pensee-unique-comme


LA VOIE DU JAGUAR • informations et correspondance pour l'autonomie individuelle et collective • lavoiedujaguar chez riseup.net • http://lavoiedujaguar.net

La Plaine : massacre à la tronçonneuse … (2)

21. octobre 2018 - 21:22

« La Plaine subit un coup de force. Une opération table rase à visée purement spéculative. Un projet malveillant contre l'un des quartiers les plus dynamiques de Marseille – qui avait juste besoin qu'on prenne soin de lui. » Assemblée de la Plaine.
Déjà 43 arbres abattus, la majorité en pleine santé, sur la centaine prévue par la Soleam.
Des arbres non prévus à l'abattage, massacrés.
Avec la présence offensive et violente des CRS, de la BAC, les arrestations, les blessé.es, ce projet Soleam, c'est toute une histoire et la vie d'un quartier que la Ville veut éradiquer.
Mais la Plaine résiste ! FORA SOLEAM, GARDAREM LA PLANA !

Voir aussi La Plaine : massacre à la tronçonneuse … (1)

Fontaine wallace dessinée par H.J. Espérandieu écrasée par un arbre
Gaudin a tout compris du réchauffement climatique
Mensonge de la Soleam
Mensonge de la Soleam
Soleam, vos mensonges sur la maladie des arbres révoltent tout le quartier
Soleam + préfet = carnage
Du gros calibre pour la chasse aux hiboux
et encore...
Hibou dans son arbre
Hibou dans son arbre
Hibou dans le jardin d'enfants
Hibou du jardin d'enfants
Un autre hibou dans l'arbre
Hibou protégeant son arbre
Hibou veillant sur son arbre
Hibou essayant d'échapper à ses prédateurs
Hiboux protégeant leurs arbres
Ils cognent, ils embarquent
Jardin d'enfants mutilé de ses arbres
je t'casse la gueule au jardin d'enfants
Jour de tristesse à la Plaine
La presse fout le camp
Le bloc noir du raid à la chasse aux hiboux
Le raid part à la chasse aux hiboux
Les rabatteurs en action
Massacre à la tronçonneuse
Moins d'oxygène mais plus de gaz pour le quartier
Moment de tendresse dans ce monde de merde
Ninja protégeant l'abattage
Rêvons…
Tout est dit
No comment
Préparation au broyage
Quand le rêve devient cauchemar
Vous avez dit médiation sociale ?
Renforts à roulettes
Vite, vite, faire disparaître le corps


copyleft M.F. pour toutes les images.

La Plaine : massacre à la tronçonneuse … (1)

21. octobre 2018 - 21:20

« La Plaine subit un coup de force. Une opération table rase à visée purement spéculative. Un projet malveillant contre l'un des quartiers les plus dynamiques de Marseille – qui avait juste besoin qu'on prenne soin de lui. » Assemblée de la Plaine.
Déjà 43 arbres abattus, la majorité en pleine santé, sur la centaine prévue par la Soleam.
Des arbres non prévus à l'abattage, massacrés.
Avec la présence offensive et violente des CRS, de la BAC, les arrestations, les blessé.es, ce projet Soleam, c'est toute une histoire et la vie d'un quartier que la Ville veut éradiquer.
Mais la Plaine résiste ! FORA SOLEAM, GARDAREM LA PLANA !

À l'aube du 16 octobre 2018, le massacre a commencé côté rue Saint-Pierre
À bas les arbres, cri de la mairie et de la soleam
Allez les gars, combien on vous paye pour faire ça
Arbre abattu square Montand
Arbre sain qui ne demandait qu'à continuer à fournir de l'oxygène dans cette ville polluée
Arbre sain souche saine Soleam plus le mensonge est gros...
Arbre abattu provoquant les flics
Auprès de mon arbre, je vivais heureux
Banc du square après le passage des élagueurs
Cadavre d'arbre en face du bd Chave
Carnage devant la fontaine wallace et la plaque Y. Montand
chef c'est quoi ces barricades ?
coupés, broyés, triste fin pour nos arbres
Cri du cœur du quartier
Des arbres sains, ça se coupe
Découpe des grilles… sous haute protection
Décapités par décision administrative
Démembrés par décision administrative
Destination Eon à Gardanne
Dommages collatéraux : arbres non prévus à l'abattage par la Soleam

copyleft M.F. pour toutes les images.

Voir la suite : http://www.millebabords.org/spip.php?article32217

Frontière franco-italienne / À Briançon, les violations systématiques des droits des personnes exilées doivent cesser

20. octobre 2018 - 18:48

Les 12 et 13 octobre 2018, nos organisations se sont mobilisées à la frontière franco-italienne, vers Briançon, afin de témoigner des pratiques illégales et des violences commises contre les personnes exilées.
Ce que les observateurs ont constaté confirme les alertes émises par les associations locales depuis plusieurs mois :
refoulements de personnes exilées dont des mineurs ;
contrôles discriminatoires ;
courses-poursuites dans la montagne ;
propos menaçants et insultants ;
entraves à l'enregistrement des demandes d'asile ;
absence d'interprètes, etc.

« La liste des pratiques illégales est longue, et nous joignons nos voix à celles des ONG locales afin que le gouvernement français ne fasse plus la sourde oreille et que cessent ces pratiques illégales et dégradantes », a déclaré Agnès Lerolle*, chargée de coordination des acteurs à la frontière franco- italienne.

Lors de l'observation continue à la frontière qui s'est déroulée les 12 et 13 octobre 2018, 60 personnes se sont mobilisées dont six avocats du barreau de Gap et trois avocats italiens.

De multiples violations des droits ont été constatées :
refoulements de 26 personnes depuis le poste de la police aux frontières de Montgenèvre vers Clavière, premier village italien, sans examen individuel de leur situation ni possibilité de demander l'asile ;
non-prise en compte de la minorité de 8 personnes, qui se sont pourtant déclarées mineures auprès des forces de l'ordre.

Les avocats français et les avocats italiens qui se sont relayés sur le terrain pendant les deux jours afin de permettre aux personnes refoulées de faire valoir leurs droits, ont pu déposer 11 « référés- libertés » devant le tribunal administratif de Marseille, dont huit pour des mineurs isolés refoulés.

Aucune protection n'est possible à la frontière, malgré le passage périlleux tenté par les personnes migrantes dans le froid, sans nourriture et sans eau.

Moussa*, originaire de Côte d'Ivoire, refoulé vendredi 12 octobre vers l'Italie, a raconté son interpellation : poursuivi dans un sentier par les gendarmes qui lui ont dit « arrête-toi, on va tirer », il a alors paniqué et glissé, son genou a claqué. Au poste de police, il a demandé à voir un médecin, ce qui lui a été refusé. Il a ensuite été refoulé vers l'Italie et ce n'est qu'à ce moment-là qu'il a pu rencontrer un médecin bénévole qui a pu le soigner.

Les observateurs ont pu collecter de nombreux témoignages d'incompréhension, de violation des droits et d'absence de prise en charge des personnes vulnérables, ainsi que des menaces proférées par les policiers.

Mineur isolé originaire également de Côte d'Ivoire, Ibrahim* a été interpellé par des gendarmes le samedi 13 octobre, dans les sentiers de montagne. Après son refoulement, il a raconté aux militants les propos des gendarmes : « Vous n'êtes pas Français, vous ne pouvez pas vivre en France sans être Français et vous n'êtes pas près de devenir Français ». Emmené au poste de police, il a déclaré sa minorité mais les policiers lui ont alors répondu « La plupart des personnes mentent sur leur date de naissance, pourquoi je te croirais ? ». Ibrahim a ensuite été reconduit en Italie, sans accès à la protection à laquelle il a droit.
Ces témoignages confortent ceux recueillis depuis plusieurs mois par les acteurs locaux qui soutiennent au quotidien les personnes refoulées à la frontière.
Simon* a ainsi témoigné aux militants, fin avril 2018 : « J'ai dit que j'étais mineur, ils ont éclaté de rire (...). J'ai présenté mes papiers guinéens et un homme [un policier] (...) a dit que ces papiers étaient des faux, il les a déchirés. »
Bakary* a également témoigné des propos des policiers lors de son arrestation, toujours en juin 2018 : « La prochaine fois que vous essayez de traverser, on vous renvoie direct en Libye. »
Ces pratiques illégales et ces comportements sont inacceptables dans un État de droit. L'inhumanité et l'hypocrisie de ces atteintes sont intolérables. Comme lors de nos dernières observations en juin 2018 du côté de Menton, nous réitérons notre demande au gouvernement français de cesser ces violations de toute urgence et de protéger ces personnes tel que l'exige le droit.

*Agnès Lerolle coordonne un an les actions des associations nationales (CAFFIM) et locales engagées auprès des personnes migrantes à la frontière franco-italienne.

*Les prénoms ont été changés afin de respecter l'anonymat des témoins.


Des porte-parole, avocats et spécialistes sont disponibles pour des interviews.

CONTACTS

Amnesty International France / Véronique Tardivel / 06 76 94 37 05 vtardivel chez amnesty.fr
Anafé / Laure Palun / 06 60 79 46 63 / 01 43 67 27 52 / palun.laure chez anafe.org
La Cimade / Rafael Flichman / 01 44 18 72 62 / 06 42 15 77 14 / rafael.flichman chez lacimade.org
Médecins du Monde / Fanny Mantaux / 06 09 17 35 59 / fanny.mantaux chez medecinsdumonde.net
Médecins sans Frontières France / Charlotte Nouette-Delorme I 01 40 21 27 25 / 06 76 61 97 80
charlotte.nouette-delorme chez paris.msf.org
MSF Italie / Maurizio Debanne +39 348 8547115 / +39 06 88806243 / maurizio.debanne chez rome.msf.org
Secours Catholique Caritas France / Djamila Aribi / 01 45 49 75 24 / djamila.aribi chez secours-catholique.org

Associations signataires :
Amnesty International France Anafé
La Cimade
Médecins du Monde
Médecins sans frontières
Secours Catholique Caritas France
Chemins pluriels
Emmaüs France
ASGI
GISTI
Icare 05
Refuges Solidaires
Tous Migrants

Sans étiquette politique ou religieuse, Tous Migrants est un mouvement citoyen pacifiste de sensibilisation et de plaidoyer né en septembre 2015 autour du drame humanitaire des migrants en Europe. Fort de l'adhésion de plus de 600 citoyens à la cause qu'il défend, plus de 8300 abonnés Facebook et 2000 destinataires de sa Lettre d'information, Tous Migrants mène des actions complémentaires dans le Briançonnais : veille et partage de l'information via une newsletter périodique et une page Facebook, conférences, cinés-débat, ateliers d'écritures, manifestations artistiques ou culturelles de soutien, campagnes de plaidoyer…

L'action de Tous Migrants repose sur 3 principes directeurs :

C'est en renforçant le lien social local, en ouvrant des espaces de dialogue, d'échange, de convivialité et de solidarité avec notre voisin d'ici (« l'autre d'ici ») que nous accepterons naturellement notre voisin de là-bas (« l'autre de là-bas », étranger, migrant, réfugié,…) ;

Chacun d'entre nous peut « faire sa part », à son échelle, pour contribuer à la résolution de la crise des politiques d'accueil des migrants, y compris en plaidant pour l'adoption de décisions politiques conformes aux droits humains fondamentaux, tels que définis notamment par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. Il en va de notre humanité et de notre dignité.

Les moyens que nous utilisons doivent être conformes aux fins que nous poursuivons. C'est pourquoi notamment le respect des principes de la non-violence doit orienter toutes nos actions.

tousmigrants chez gmail.com, www.tousmigrants.org, www.facebook.fr/tousmigrants

« Wild Plants » / « Les mauvaises herbes »

20. octobre 2018 - 18:30

18h30 & 20h30

Chiendent, collectif militant de jardiniers du dimanche, vous invite au dernier cinéma en plein air de l'année ! Et fera honneur à son nom en vous proposant deux films en exclusivité qui interrogent notre rapport au sauvage en nous et autour de nous : « Les Mauvaises Herbes » de Mathilde Mistral et Leïla Porcher (en présence des réalisatrices) suivi de « Wild Plants » de Nicolas Humbert.
Entre les deux, soupe de courges, salade de betteraves et autres petites surprises culinaires à partir de nos récoltes automnales.

* en cas de mauvais temps, la soirée aura lieu au Polygone étoilé, 2 rue Massabo, 13002 Marseille !
En cas de doute, pour avoir confirmation du lieu,
écrivez à cynodon chez riseup.net !
À vite !

Grande manifestation pour des villes vivantes et populaires

20. octobre 2018 - 14:00

14 h au départ du Vieux Port.

19 h : GRAND BANQUET autogéré sur la Plaine. Chacun ramène quelques victuailles.

TOUTE LA SEMAINE ET À N'IMPORTE QUELLE HEURE : Mobilisations sur la plaine, rejoignez-nous !

https://laplaine.noblogs.org/

La Plaine et sa vie de quartier mythique sont menacées par le chantier monumental qui vient d'y démarrer : 3 ans de travaux sans accès à la place, mise en danger des 300 forains qui y travaillaient et des petits commerces alentours, 115 arbres historiques voués à être arrachés, 21 nouvelles caméras installées…

... 20 millions d'euros dépensés (et toujours plus) pour que les vœux de la mairie soient exaucés briser les habitudes du quartier, faire grimper les prix de l'immobilier, renouveler la population du quartier. En somme, dénigrer son histoire.

Depuis le démarrage des travaux jeudi dernier les assemblées s'intensifient, les manifestations et actions se succèdent. Le mouvement, qui lutte depuis des années pour préserver ce terreau de vie sociale et politique, vise à empêcher l'avancée des travaux et à exiger une rénovation respectueuse de l'existant qui serait conçue avec les habitant.e.s et habitué.e.s du quartier.

Rendez-vous samedi 20 octobre à 14h au Vieux-Port pour la grande manifestation !

Appel à tou·te·s celles et ceux qui refusent les politiques autoritaires de rénovation urbaine menées par les élus au pouvoir à Marseille et ailleurs,
À tout.e.s celles et ceux qui refusent la destruction volontaire des quartiers populaires au profit de la "reconquête" de l'espace urbain à des seules fins économiques,
À tout.e.s celles et ceux qui refusent le sacrifice des derniers ilots de verdures qu'il reste à nos villes, pour quel que motif que ce soit,
À tout.e.s celles et ceux qui ne veulent plus que l'ambition d'une ville se résume à être attractive pour les grands investisseurs,
À tout.e.s celles et ceux qui ont vu disparaître les fêtes, coutumes et habitudes populaires de leur quartier,
À tout.e.s celles et ceux qui voient toute l'absurdité de garantir la conduite d'une chantier de « rénovation » à l'aide d'une occupation policière massive.

Appel à tout.e.s celles et ceux qui souhaitent que l'amélioration de l'espace public se fasse avec les habitant.e.s des quartiers concernés,
À tout.e.s celles et ceux qui voient que la richesse présente de nos quartiers est déjà immense et ne demande qu'à être fertilisée,
À tout.e.s celles et ceux qui veulent une ville conviviale, solidaire, verte, expressive et débordante,
À tout.e.s celles et ceux qui sont sensibles à l'âme des quartiers insolents, aux brèches qu'ils ouvrent et qu'ils défendent,
À tout.e.s les habitué.e.s du Carnaval indépendant de la Plaine, de Noailles et des Réformés. Que votre ferveur nous fasse trembler de bonheur.

FÒRA SOLEAM, GARDAREM LA PLANA !

Tous à Lannemezan pour la libération de Georges Abdallah

20. octobre 2018 - 14:00

Georges Abdallah, militant communiste libanais, combattant pour la lutte de libération nationale de la Palestine, est incarcéré dans les geôles de l'État français depuis plus de 34 ans. Condamné à perpétuité pour complicité dans des actes de résistance revendiqués par les Fractions armées révolutionnaires libanaises, alors que son pays le Liban, était envahi par les troupes sionistes, il est libérable depuis 1999. Malgré deux libérations prononcées par le tribunal d'application des peines, Georges Abdallah est maintenu en prison : la justice française, aux ordres d'un gouvernement soucieux de préserver les intérêts impérialistes français au Moyen-Orient, maintient Georges Ibrahim Abdallah en prison depuis 34 ans. Aujourd'hui, il est le plus ancien prisonnier politique en Europe. Il entrera, le 24 octobre prochain dans une 35e année de détention.

Georges Ibrahim Abdallah est un prisonnier politique qui n'a ni regrets ni remords pour le combat qu'il a toujours mené et qu'il poursuit aujourd'hui pour la justice, la liberté et l'émancipation des peuples opprimés. Ce combat s'inscrit pleinement sur le terreau des luttes actuelles. C'est le combat des révoltes justes et légitimes de celles et ceux qui s'opposent à l'offensive capitaliste et à ses guerres impérialistes, à la politique de dépeçage du Moyen-Orient menée depuis plus d'un siècle pour empêcher la constitution d'une nation arabe unifiée. C'est le combat de toutes celles et ceux qui font face à la violence répressive d'État, qui s'abat sur eux pour tenter de les bâillonner, que ce soit dans la rue, dans les quartiers populaires ou pour les militants politiques et syndicaux. Ce combat de toute une vie est aussi le nôtre !

Il est de nos luttes, nous sommes de son combat ! C'est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui comme nous, sont aux côtés des peuples en lutte, au côté de la résistance Palestinienne, qui combattent le capitalisme, l'impérialisme, le sionisme, le colonialisme avec la complicité des États arabes, à se joindre à nous pour exiger la libération de Georges Abdallah lors de la manifestation devant la prison de Lannemezan (65), le samedi 20 octobre 2018.

Un minibus au départ de Marseille RDV : 6h le samedi 20 octobre devant la Faculté Saint Charles
Inscription : http://liberonsgeorges.samizdat.net/non-classe/tous-a-lannemezan-pour-georges-abdallah/

Pour aider au financement : https://www.lepotcommun.fr/pot/99sds8ij

Contact et information sur la page Facebook :
https://m.facebook.com/FreeGeorgesAbdallah
sur le site : http://liberonsgeorges.samizdat.net/ Georges Ibrahim Abdallah PACA

La Plana espòtida ! La Plaine défigurée !

20. octobre 2018 - 11:58
photo parti occitan

Les coups de tronçonneuses qui défigurent la plaine sont là pour faire des économies. L'entretien en présence de végétaux est effectivement plus couteux. Mais cette seule logique financière s'oppose totalement aux intérêts des générations futures. Nos enfants vont récupérer d'insupportables ilots de chaleur encore plus brûlants que ceux que nous connaissons actuellement et qui sont souvent déjà invivables. C'est d'autant plus inquiétant que ça enlève la fonction protectrice et sociale de la ville. Fonction dont nous avons besoin, hier, aujourd'hui, comme demain, pour nous protéger et développer des services publics.

Nous condamnons fermement ces logiques de court terme, ces visions étroites qui sacrifient notre patrimoine végétal, qui pervertissent l'esprit de la place espace de convivialité et de rassemblement, qui minéralisent et finalement déshumanisent la ville. Nous appelons, en concertation avec les habitants, à la replantation, à la définition d'un espace apaisé au service de tous & toutes.

A l'ombre, sur la Plaine c'est là, comme de partout en PROVENCE, que s'exprime notre langue et s'entend notre accent !

Vuei come demans, Gardarem la PLANA !

Nous manifesterons cet après midi, à 14 H au Vieux Port, aux côtés des habitants.

Mouvement « Région Provence »
Fédération provençale du Partit Occitan Fédération Régions & Peuples Solidaires
Mel : regionprovence chez wanadoo.fr / 06 87 42 62 96

Il y a 100 ans, la révolution en Allemagne met fin à la Première Guerre mondiale

20. octobre 2018 - 11:44

Le 4 novembre 1918, à Kiel, un port sur la Mer Baltique allemande, des milliers de marins se révoltent contre le commandement de l'armée qui leur ordonne de se lancer dans une nouvelle aventure guerrière.

Un point culminant de mécontentement et de rejet de la guerre est atteint. Après quatre années de meurtres de masse totalisant plus de 11 millions de morts et un nombre incalculable de blessés, après l'épuisante guerre d'usure des tranchées, causant des pertes innombrables avec les attaques au gaz dans le Nord de la France et en Belgique, avec la famine dont était atteinte la population ouvrière, après cet immonde carnage sans fin, la classe ouvrière allemande était totalement écœurée par la guerre et n'était plus prête à sacrifier sa vie pour les intérêts de la "nation". Cependant, le commandement militaire veut imposer la poursuite de la guerre avec la répression brutale et il décide de punir impitoyablement les marins qui se sont mutinés.

En réaction, une grande vague de solidarité se développe. Celle-ci se forme à Kiel et se répand immédiatement sur les autres villes d'Allemagne. Les ouvriers posent leurs outils, les soldats refusent de suivre les ordres, et les uns et les autres forment immédiatement - comme ils l'ont déjà fait en janvier 1918 à Berlin - des conseils de soldats et d'ouvriers. Ce mouvement va se répandre rapidement à d'autres villes d'Allemagne. Les 5 et 6 novembre, Hambourg, Brême et Lübeck commencent à bouger ; Dresde, Leipzig, Magdeburg, Francfort, Cologne, Hanovre, Stuttgart, Nuremberg et Munich sont pris par les conseils ouvriers et de soldats les 7 et 8 novembre. En une semaine, ce sont toutes les grandes villes allemandes qui voient naître des conseils d'ouvriers et de soldats.

Berlin et ses conseils deviennent rapidement le cœur du soulèvement, et, le 9 novembre, des dizaines de milliers d'ouvriers et de soldats sont dans la rue pour manifester de façon massive contre le gouvernement et sa politique d'accentuation de la guerre. Ce dernier, pris de court, ordonne à la hâte aux bataillons "dignes de confiance" d'accourir à Berlin pour sa protection. Mais "le matin du 9 novembre, les usines sont désertées à une vitesse incroyable. Une foule énorme remplit les rues. À la périphérie, où se trouvent les plus grosses usines, de grandes manifestations convergent vers le centre... Partout où les soldats se rassemblent, il n'est habituellement pas nécessaire de lancer un appel spécial ; tous rejoignent les ouvriers en marche. Hommes, femmes, soldats, un peuple en armes envahit les rues pour se diriger vers les casernes voisines" (R. Müller, Révolution de Novembre).

Sous l'influence des grandes masses rassemblées dans les rues, les derniers restes des troupes fidèles au gouvernement changent de camp, rejoignent les mutins et leur donnent leurs armes. Le quartier général de la police, les grands bureaux d'impression de la presse, les bureaux de télégraphe, les bâtiments du parlement et du gouvernement, tous sont occupés le jour-même par les soldats et les ouvriers armés et les prisonniers sont libérés. Beaucoup d'employés du gouvernement s'enfuient. Quelques heures sont suffisantes pour occuper ces bastions du pouvoir bourgeois. À Berlin, un "conseil d'ouvriers et de soldats" est formé, le Vollzugsrat (conseil exécutif).

Les ouvriers d'Allemagne suivent la trace de leurs frères et sœurs de classe de Russie qui, en février 1917, ont aussi formé des conseils ouvriers et de soldats et qui ont pris avec succès le pouvoir en Octobre 1917. Les ouvriers d'Allemagne sont sur le point de prendre le même chemin que les ouvriers de Russie, en triomphant du système capitaliste par la prise du pouvoir par les conseils ouvriers et de soldats, la paralysie de l'appareil du pouvoir bourgeois, la formation d'un gouvernement ouvrier... La perspective est à l'ouverture de la porte vers la révolution mondiale, après que les ouvriers de Russie ont franchi la première étape dans cette direction.

Par ce mouvement insurrectionnel, les ouvriers démarrent les plus grandes luttes de masse en Allemagne. Tous les "accords de paix sociale" convenus par les syndicats pendant la guerre sont brisés par les luttes ouvrières. Par leur soulèvement, les ouvriers d'Allemagne se libèrent des effets de la défaite d'août 1914. Le mythe d'une classe ouvrière allemande paralysée par le réformisme est cassé. Les ouvriers d'Allemagne utilisent les mêmes armes que celles qui vont marquer la période d'entrée dans la décadence du capitalisme et qui ont précédemment été déjà expérimentées par les ouvriers de Russie en 1905 et 1917 : grèves de masse, assemblées générales, formation des conseils ouvriers, en bref, l'auto-initiative de la classe ouvrière. À côté des ouvriers de Russie, les ouvriers d'Allemagne forment le fer de lance de la première grande vague révolutionnaire internationale des luttes qui ont émergé de la guerre. En Hongrie et en Autriche en 1918, les ouvriers se sont aussi déjà soulevés et ont commencé à former des conseils ouvriers.

La Social-démocratie, fer de lance contre le prolétariat
Tandis que des initiatives prolétariennes se développent, la classe dominante ne reste pas passive. Les exploiteurs et l'armée ont besoin d'une force capable de saboter et de limiter le mouvement. Après avoir appris de l'expérience en Russie, la bourgeoisie allemande, avec les chefs du commandement militaire, sait tirer les ficelles. Le général Groener, commandant suprême de l'armée, admettra plus tard : "Il n'y a actuellement en Allemagne aucun parti qui ait assez d'influence sur les masses pour rétablir le pouvoir du gouvernement avec le commandement militaire suprême. Les partis [traditionnels] de la droite s'étaient effondrés et, naturellement, il était impensable de former une alliance avec l'extrême gauche. Le commandement militaire suprême n'a pas eu d'autre choix que de former une alliance avec la Social-démocratie. Nous nous sommes unis dans un combat commun contre la révolution, contre le Bolchevisme. Il était impensable de viser la restauration de la monarchie. Le but de l'alliance que nous avons formée le soir du 10 novembre était le combat total contre la révolution, pour la restauration d'un gouvernement d'ordre, pour le soutien du gouvernement par la puissance des troupes et la formation, le plus tôt possible, de l'assemblée nationale" (W. Groener sur l'Accord entre le commandement militaire suprême et F. Ebert du 10 novembre 1918).

Le manteau de "l'unité" pour masquer les antagonismes de classe
Afin d'éviter l'erreur de la classe dominante russe - c'est-à-dire le fait qu'après Février 1917 le gouvernement provisoire russe ait continué la guerre impérialiste et ainsi aiguisé la résistance des ouvriers, des paysans et des soldats contre le régime, préparant l'insurrection victorieuse d'octobre 1917 - la classe capitaliste d'Allemagne réagit rapidement et d'une manière plus adroite. Le 9 novembre, l'empereur est contraint d'abdiquer, il est envoyé à l'étranger ; le 11 novembre un armistice est signé, qui contribue à retirer l'épine de la guerre de la chair de la classe ouvrière, le premier facteur qui a obligé les ouvriers et les soldats à combattre. La bourgeoisie allemande parvient ainsi à couper l'herbe sous le pied de son ennemi de classe. Mais, indépendamment de l'abdication forcée de l'empereur et de la signature de l'armistice, la remise du pouvoir gouvernemental à la social-démocratie est une étape décisive dans le sabotage des luttes.

Le 9 novembre toujours, trois chefs du SPD (Ebert, Scheidemann, Landsberg) ainsi que trois chefs de l'USPD (Parti social-démocrate indépendant) (1) forment le Conseil des commissaires des peuples, le gouvernement bourgeois fidèle au capital.

Le même jour, Liebknecht, le plus prestigieux représentant de la fraction spartakiste, devant des milliers d'ouvriers, proclame la "République socialiste" d'Allemagne, appelant à une unification des ouvriers d'Allemagne avec les ouvriers de Russie, le leader du SPD, tandis que le leader du SOD, Ebert, proclame une "République allemande libre" avec le nouveau "Conseil des commissaires des peuples" à sa tête. Ce gouvernement (bourgeois) autoproclamé s'installe pour saboter le mouvement. "En rejoignant le gouvernement, la social-démocratie vient au secours du capitalisme, en se confrontant à la révolution prolétarienne qui arrive. La révolution prolétarienne devra marcher sur son cadavre" . Ces propos de, Rosa Luxemburg dans ses "Lettres de Spartacus" d'octobre 1918, montraient déjà où se trouvait le principal danger. Et le 10 novembre, le Rote Fahne (le Drapeau rouge), journal des Spartakistes, avertit : "Pendant quatre années, le gouvernement Scheidemann, le gouvernement des socialistes, vous a poussé dans les horreurs de la guerre ; il vous a dit qu'il était nécessaire de défendre la "patrie", alors que ce n'était qu'une lutte pour de purs intérêts impérialistes. Maintenant que l'impérialisme allemand s'effondre, il essaye de sauver pour la bourgeoisie ce qui peut encore être sauvé et il essaie d'écraser l'énergie révolutionnaire des masses. Aucune unité avec ceux qui vous ont trahi pendant quatre années. A bas le capitalisme et ses agents".

Mais le SPD essaie maintenant de masquer le véritable front. Il avance le slogan : "Il ne devrait y avoir rien de "fratricide" si un groupe lutte contre un autre groupe, si une secte lutte contre une autre secte, alors nous aurons le chaos russe, le déclin général, la misère au lieu du bonheur. Le monde, après un triomphe si fantastique qui a vu l'abdication de l'empereur, devrait-il maintenant être témoin du spectacle de l'auto-mutilation de la classe ouvrière dans un fratricide injustifié ? Hier a montré la nécessité de l'unité intérieure au sein de la classe ouvrière. De presque toutes les villes nous entendons l'appel pour le rétablissement de l'unité entre le vieux SPD et l'USPD nouvellement fondé (....)" (Vorwärts, 10 novembre 1918) A partir de ces illusions d'unité entre le SPD et l'USPD, le SPD insiste auprès du Conseil ouvrier et de soldats de Berlin sur le fait que, puisque le "Conseil des commissaires des peuples" est composé de trois membres du SPD et de l'USPD, les délégués du Conseil ouvrier de Berlin devraient se trouver dans les mêmes proportions. Il est même parvenu à recevoir un mandat du Conseil ouvrier et de soldats de Berlin "pour qu'il dirige le gouvernement provisoire", ce dernier étant en réalité une force qui s'opposait directement aux conseils ouvriers. Rosa Luxemburg, plus tard, a tiré un bilan des luttes dans cette période : "Nous pourrions à peine compter que dans l'Allemagne qui avait connu le spectacle terrible du 4 Août, et qui pendant plus de quatre années avait récolté la moisson semée ce jour-là, il devait soudainement se produire le 9 Novembre 1918, une glorieuse révolution, inspirée directement par la conscience de classe, et orientée vers un objectif clairement conçu. Ce qui s'est produit le 9 Novembre était, dans une très faible mesure, la victoire de principes nouveaux ; c'était un peu plus qu'un effondrement du système impérialiste existant. Le moment était venu pour l'effondrement de l'impérialisme, un colosse aux pieds d'argile, s'émiettant de l'intérieur. La suite de cet effondrement était un mouvement plus ou moins chaotique, un mouvement pratiquement dénué de plan motivé. La seule source d'union, le seul principe persistant et salvateur était le mot d'ordre "former des conseils ouvriers et de soldats." (Congrès de Fondation du KPD 1918/19)

Sabotage politique des conseils ouvriers par le SPD

En novembre et décembre, au moment où l'élan révolutionnaire des soldats retombe, il commence à se produire plus de grèves dans les usines. Mais cette dynamique n'en est qu'à son début. Et, à ce moment, le mouvement des conseils est encore fortement et de façon inévitable divisé. Saisissant sa chance, le SPD prend l'initiative d'appeler à un congrès national des conseils ouvriers et de soldats à Berlin le 16 décembre. Ainsi, alors que le mouvement des usines n'est pas encore en plein essor, et que le temps pour la centralisation est encore prématuré, le SPD veut mettre à profit l'occasion d'un tel congrès national des conseils pour les désarmer politiquement. En outre, il met l'accent sur l'illusion largement répandue à l'époque selon laquelle le conseil devrait travailler selon les principes du parlementarisme bourgeois. À l'ouverture du congrès, la délégation forme des fractions (sur les 490 délégués, 298 sont des membres du SPD, 101 de l'USPD - parmi eux 10 Spartakistes -, 100 appartiennent à d'autres groupes). Ainsi, la classe ouvrière doit se confronter à un congrès auto-proclamé des conseils qui prétend parler au nom de la classe ouvrière mais qui laisse immédiatement tout le pouvoir entre les mains du gouvernement provisoire nouvellement "auto-proclamé".

Le présidium utilise la ruse pour empêcher des leaders Spartakistes tels que Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg de participer aux travaux du congrès et les empêche même de parler, sous le prétexte qu'ils ne sont pas des ouvriers des usines de Berlin (2).

Le congrès prononce la "sentence de mort" quand il décide de soutenir l'appel pour la formation d'une "assemblée nationale". Abdiquer ainsi le pouvoir face à un parlement bourgeois, c'est se désarmer soi-même.

Les Spartakistes qui veulent faire pression sur le congrès organisent une manifestation de rue massive de 250 000 ouvriers seulement à Berlin le 16 décembre.

Le congrès national permet à la classe dominante de marquer un point important. Les Spartakistes concluent : "Ce premier congrès détruit finalement le seul acquis, la formation des conseils ouvriers et de soldats, en arrachant de cette façon le pouvoir à la classe ouvrière, en rejetant le processus de la révolution. Le congrès, en condamnant les conseils ouvriers et de soldats à l'impuissance (par la décision de remettre le pouvoir à une circonscription nationale) a violé et a trahi son mandat (...) Les conseils ouvriers et de soldats doivent déclarer les résultats de ce congrès comme nuls et non avenus." (Rosa Luxemburg, 20 décembre 1918) Dans quelques villes, les conseils ouvriers et de soldats protestent contre les décisions du congrès national.

Encouragé et renforcé par les résultats du congrès, le gouvernement provisoire commence à lancer des provocations militaires. Dans une attaque du Freikorps à Berlin (troupe contre-révolutionnaire mise en place par le SPD), plusieurs douzaines d'ouvriers sont tués le 24 décembre. Ceci provoque l'indignation des ouvriers de Berlin. Le 25 décembre, des milliers d'ouvriers sont dans la rue en protestation. Devant l'attitude ouvertement contre-révolutionnaire du SPD, les commissaires de l'USPD se retirent du Conseil des Commissaires le 29 décembre.

Les 30 décembre et le 1er janvier, les Spartakistes fondent, dans le feu de l'action, avec les Communistes internationaux d'Allemagne (IKD), le Parti communiste allemand (KPD). Traçant un premier bilan et indiquant les perspectives, Rosa Luxemburg, le 3 janvier 1919, insiste : "La transformation d'une révolution du 9 novembre essentiellement de "soldats" en une révolution clairement ouvrière, la transformation d'un changement simplement, superficiellement politique superficiel de régime en un long processus de confrontation générale économique entre le capital et le travail exige de la classe ouvrière un niveau différent de maturité politique, de formation, de ténacité, (d'acharnement) que ce que nous avons vu dans cette première phase des luttes." (3 janvier 1919, le Drapeau rouge). Le mouvement devait alors entrer dans une étape cruciale en janvier 1919 - dont nous parlerons dans un prochain article.

Dino

1) L'USPD était un parti centriste, composé au moins de deux ailes combattant l'une contre l'autre : une aile droite, qui a essayé de réintégrer le vieux parti, passé dans le camp de la bourgeoisie, et une autre aile, qui s'efforçait de rejoindre le camp de la révolution. Les Spartakistes ont rejoint l'USPD afin de toucher plus d'ouvriers et de les faire aller de l'avant. En décembre 1918 les Spartakistes rompent avec l'USPD pour fonder le KPD.

2) Afin de parfaire l'isolement des ouvriers allemands et celui des révolutionnaires d'Allemagne, une délégation d'ouvriers russes venue pour assister au congrès sera même retenue à la frontière sur les instructions des forces du SPD.

Aube Dorée : Une Affaire Personnelle, documentaire d'Angélique Kourounis

19. octobre 2018 - 19:30

Synopsis
Une journaliste enquête depuis des années sur l'organisation du parti néo nazi grec Aube Dorée
L'effondrement économique, l'instabilité politique, et les relations familiales sont au premier plan de ce documentaire qui essaie de comprendre ce qui se passe dans la tête des Aubedoriens qui se posent en victimes du système.
Une Aube Dorée qui ne s'est jamais cachée quant à son idéologie. Ses scores aux élections dans le passé étaient peut être négligeables, mais cette idéologie défendue par une partie du clergé, cultivée par la plupart des média, et transmise par le système politique est devenue le terreau sur lequel l'organisation a pu se développer.
La réalisatrice approche la question d'Aube Dorée via ses propres obsessions, ses inquiétudes et ses peurs. Elle a dédié plusieurs années de travail à ses recherches autour du parti néo nazi grec qui occupe toujours la troisième place sur l'échiquier politique grec après des décennies d'actions meurtrières. C'est son troisième film sur la question, et le premier documentaire d'auteure.

« Mon homme est juif, un de mes fils gay, un autre anar et moi féministe de gauche, fille d'immigré. Si Aube Dorée vient aux affaires notre seul problème sera dans quel wagon nous monterons. »

 
 
 
 
DESIGN DARK ELEGANCE | PORTED FOR DRUPAL 6 | ADAPTE PAR: JEREMY BASTIDE 

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