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Assemblée Contre Macron et son monde

28. avril 2018 - 15:00

organisé par Contre Macron et son monde collectif Marseille
et La fête à Macron Marseille

Cheminot·e·s, postier·e·s, étudiant·e·s et personnels universitaires, ZADistes, hospitalier·e·s, migrant·e·s et leurs soutiens, habitant·e·s d'Air Bel … depuis plusieurs semaines les fronts d'opposition à Macron et à son monde ne cessent de se multiplier. Solidaires face à la répression et soudé·e·s pour inventer une autre société, nous ne nous résignons pas à voir nos droits sociaux et fondamentaux, nos libertés et nos conditions de vie être anéantis.

Le 4 avril, les militant·e·s réuni·e·s à la Bourse du travail de Paris ont appelé à un grand déferlement de nos luttes et de nos espoirs le 5 Mai. A Marseille, le 14 avril a été un moment fort de convergence des luttes, large et unitaire. Depuis, de multiples rencontres ont eu lieu permettant de poursuivre les échanges entre nous.

Deux assemblées « Contre Macron et son monde » se sont d'ores et déjà réunies à Marseille et ont formulé la proposition d'un festival des luttes le 5 Mai à Marseille. Nous proposons à tous les secteurs en lutte, au monde associatif et militant, quelques soient nos étiquettes, de nous rencontrer et organiser une journée foisonnante et festive à l'image de nos luttes. Nous proposons qu'une série d'actions soient organisée pendant toute cette journée pour rendre visible à Marseille ce grand bouillonnement coordonné et solidaire de colères et d'imagination. Puis, nous proposons de nous réunir le soir pour un grand forum ouvert à tou·te·s pour débattre nos revendications et de notre stratégie pour les semaines à venir qui serait suivi d'un concert sur la place publique.

Pour organiser cette journée de déferlement marseillaise, nous vous invitons à une Assemblée publique le samedi 28 avril, à 15h, sur le Cours Julien. Nous nous réunirons ensuite en commission pour organiser concrètement la journée du 5 mai.

Lien vers l'événement Facebook : https://www.facebook.com/events/427275784410647/

La liberté pédagogique n'est plus ?

28. avril 2018 - 13:31

source : https://www.questionsdeclasses.org/
site alternatif d'éducation, de lutte et de pédagogie

Jean-Michel Blanquer, annonce dans Le Parisien le retour au B.A. BA pour lutter contre la baisse de niveau avec notamment des dictées quotidiennes – déjà préconisées par Najat Vallaud Belkacem – et le calcul mental quotidien – déjà en place depuis quelques années... Le tout sur des cahiers quadrillés comme il faut !
Quatre circulaires sont publiées avec des recommandations qui ressemblent fort à des directives : « La liberté pédagogique n'a jamais été l'anarchisme. »
Des livrets, véritables guides de 130 pages sont partis pour les écoles et ainsi « conseiller » les bonnes pratiques pédagogiques aux professeurs de CP. Pour produire ce guide « fondé sur l'état de la recherche », Jean-Michel Blanquer s'est reposé sur le Conseil scientifique qu'il a mis en place cette année avec à sa barre Stanislas Dehaene.
Bannir toutes les méthodes pédagogiques qui ne seraient pas purement syllabiques, comme si l'étude des syllabes n'existait pas dans les autres méthodes ! Le fantasme de la méthode globale lui est bien utile pour rassurer et flatter l'opinion publique.
L'école de la confiance, pour qui ?
Certainement pas pour les enseignants !

Lecture critique des conceptions du ministre sur la lecture et l'étude de la langue.

1. Pour la lecture
Les mauvais résultats de la France aux enquêtes internationales dont la dernière de PIRLS ont motivé le ministre. Pour lui, le retour au B.A BA est une évidence, sauf que les élèves français déchiffrent très bien, mais ont de grosses difficultés dans la compréhension de textes complexes.
Alors ?
Les résultats de l'enquête seraient-ils un prétexte pour préconiser la phonétique, méthode prônée par le Conseil scientifique et révélée efficace par l'imagerie cérébrale ? Ah, les sciences cognitives !
Avec comme logique :
Former de bons lecteurs et des lecteurs actifs… Accéder au sens des textes et au plaisir… nécessite durant toute la scolarité obligatoire (à partir de 3 ans ?) un travail régulier et structuré qui permette aux élèves d'acquérir des automatismes et de maîtriser les mécanismes de la lecture pour lire de manière fluide et aisée.
Le code alphabétique, la clé
En maternelle. Si l'écoute de textes lus par l'adulte est en effet un incontournable (moments de plaisir personnels ou collectifs), surtout que tous les enfants n'en profitent pas équitablement à la maison, dans la présentation de notre ministre, elle s'instrumentalise très vite. En effet, ces textes seront des « récits » choisis par l'enseignant pour suivre une progression de vocabulaire et de construction de phrases et préparer l'apprentissage de la lecture en « maîtrisant le code alphabétique ». Que deviennent les coups de cœur liés à la vie de la classe, aux questionnements des enfants ? Que deviennent la lecture des dessins, des images, des premiers textes dictés à l'adulte, ceux des cahiers de vie, des lettres aux correspondants… tout ce qui se lit du monde.
Au cours préparatoire. Et bien sûr après cette sensibilisation phonologique, l'enfant déchiffrera (on ne parle pas de lecture) des textes grâce aux correspondances lettres et sons. Il faudra qu'il s'entraîne beaucoup pour avoir une lecture fluide à voix haute, une aisance d'apparence qui ne s'occuperait guère du sens puisque c'est la recherche de l'automatisation de l'identification des mots. La compréhension se fera progressivement : dès que l'enfant acquière aisance et fluidité en lecture l'enseignant devra s'assurer de la compréhension du texte lu, il reformulera, résumera… questionnera.
Les enfants sauront déchiffrer et comprendront des textes selon une progression bien définie. Les textes plus complexes leur seront proposés plus tard… Le ministre semble ignorer que les enfants des milieux favorisés n'attendront pas l'école pour y être confrontés dès le plus jeune âge et bien avant la maternelle… (Ce sont ceux qui ont eu de bons résultats à l'enquête PIRLS en 2016 pour la compréhension fine de textes sans que l'école y soit pour quelque chose ! http://www.catchabrun.com/2017/12/ce-qui-fait-bonne-lecture.html )
La lecture à voix haute est l'objectif premier du ministre
Pour lui, être un bon lecteur, c'est déchiffrer avec fluidité un texte avec expression si possible… voire le réciter et le théâtraliser.
Pour résumer : plus je lis vite, plus on me propose des textes longs et difficiles et plus je lis des textes longs et difficiles plus je lis avec fluidité… une progression exponentielle.
Mais moins je lis vite, moins on me propose des textes longs et difficiles… une progression très lente.
Ainsi, l'écart va se creuser d'année en année entre ceux qui déchiffrent même vite et ceux qui lisent tout et vite !
Et la lecture personnelle ?
Elle est toujours guidée par l'enseignant pour répondre aux besoins de la progression d'apprentissage, mais en fin d'école primaire il sera consenti un temps de lecture libre aux enfants…
Pour avoir le droit de lire ce qu'on désire, ce qui plait, ce qui fait rêver… il aura fallu passer par toute une progression technique sur le code qui démarre en maternelle et risque d'éteindre le désir de lire voire d'apprendre à lire… et aura enfermé certains enfants dans la lecture scolaire pendant que d'autres se sont aventurés dans de multiples lectures depuis longtemps chez eux.
Un constat amer !
Jean-Michel Blanquer sépare encore plus deux enfances : celle qui est entourée de livres, de lectures, de découvertes du monde dès la naissance et celle qui ne les découvre qu'à l'école.
Il a beau proposer beaucoup de lectures, de livres, d'initiatives à l'école, il ne pourra pas combler les inégalités en programmant ainsi l'apprentissage de la lecture du plus simple au plus complexe, puisque la complexité ne fait pas partie de l'environnement de tous les enfants. Il aggravera même la situation puisque ainsi il réduira l'appétit de nombreux enfants pour la lecture complexe du monde.

2. Pour l'étude de la langue
« L'étude de la langue est fondamentale pour l'émancipation des élèves », oui elle est fondamentale pour l'émancipation de toute personne, mais pourquoi la réduire à l'élève ?
Émanciper l'élève ? Comme le souhaitait l'école républicaine du début du 20e siècle pour émanciper l'élève de la religion et même des valeurs transmises par sa famille ?
Et aujourd'hui ? Ne serait-ce pas pour notre ministre d'émanciper l'élève des pédagogies coopératives et constructivistes pour l'étude de la langue, car ne doit-il pas juste appliquer des règles avec un enseignement explicite et rigoureux du seul professeur ?
Une même logique
Comme pour l'apprentissage de la lecture, le ministre préconise une progression du plus simple au plus complexe des notions, avec des leçons de grammaire et de vocabulaire quotidiennes et détachées des pratiques de lecture et d'écriture de texte, même s'il espère qu'elles seront améliorées. Si la manipulation l'observation, la réflexion sont présentes, la mémorisation et l'automatisation sont fortement renforcées. La répétition quant à elle détermine tout : la compréhension, la mémorisation et l'application des procédures.
Comme l'Étude de la langue est fortement morcelée, l'enfant peut difficilement relier tout ce qui lui est présenté pour faire sens et réinvestir dans ses productions. Il mémorise, reverse dans des exercices, mais ne s'en sert pas. Seule une pratique fréquente et régulière de l'écriture, et ceci très tôt, peut motiver l'apprentissage des notions de grammaire et de conjugaison, enrichir le vocabulaire et développer le nombre de mots bien orthographiés et non le contraire. Le pourquoi doit précéder le comment et dans un temps très long et dès la maternelle.
Dans ces recommandations, il n'y a guère de place pour la coopération et l'interaction entre les élèves. L'observation est collective et dirigée par l'enseignant, elle est suivie par l'apprentissage des règles et des séries d'exercices pour mettre en place chez l'élève des réflexes et des automatismes.
Les pratiques pédagogiques sont sans surprises
La démarche de la récurrence et de la répétition : mémorisation, restitution et automatisation.
La leçon de grammaire en quatre étapes : l'observation et la manipulation, la structuration et la formulation des règles, la consolidation et la mémorisation, l'automatisation avec de nombreux exercices, sans oublier à la fin l'évaluation.
Un corpus d'apprentissage proposé par l'enseignant pour les observations, les manipulations, les classements…
Un lien avec l'écriture, en espérant que les formes variées d'expression prescrites par l'enseignant et ses indications de travail sur les textes améliorent l'écriture.
La dictée est louée, puisqu'elle permet individuellement d'appliquer les règles, d'exercer sa mémoire, d'automatiser et elle doit être répétée quotidiennement.
Quant au vocabulaire, le ministère prépare des fiches d'étude des mots pour les élèves et les enseignants.
Cette conception de l'apprentissage de l'Etude de la langue balaie tout ce qui s'est pratiqué et se pratique, tout ce que les recherches démontrent.

Dans cette note de service, les mots les plus utilisés sont révélateurs : mémorisation, automatisation, répétition, exercices, réflexes, mécanismes

Pour conclure
L'enseignant devient un exécutant qui forme des exécutants. On est loin de l'enseignant-chercheur et de l'enfant-chercheur qui ensemble lient et relient leurs découvertes et leurs connaissances. La classe n'est plus un espace humain coopératif, mais un espace où se juxtaposent des élèves dirigés par un enseignant qui suit une partition sans se permettre une seule note créative !

https://www.questionsdeclasses.org/?La-liberte-pedagogique-n-est-plus

La Coupe à 10 francs

27. avril 2018 - 19:00

(19h auberge espagnole, 20h30 proj.)

La Coupe à 10 francs, Philippe Condroyer, 1975, 100 mn.

Les années 1970… dans une petite ville de province marquée par le chômage, les jeunes n'ont pas d'autre choix que de travailler pour une importante fabrique de meubles. Le patron, en manque d'autoritarisme, coincé et frustré, menace de licencier tous les salariés qui refusent de couper leurs cheveux longs. Un petit groupe se rebiffe et tente de tenir bon malgré les pressions. Mais en bon notable local, leur patron a plus d'un moyen de pression dans son sac. Familles, commerçants, autres employeurs locaux, tout est bon pour refermer les portes à ces fortes têtes. Leur solidarité et l'appui d'un syndicaliste seront-ils suffisants pour se défendre et gagner leur bataille ?
Un scénario en partie inspiré d'un fait divers que le réalisateur définira comme : « Un cri contre l'intolérance et pour le droit à l'indépendance, dont le dernier bastion s'avère la liberté de la personne physique. »

laretive chez riseup.net • https://laretive.info/

Solidarité Palestine

27. avril 2018 - 18:30

Sous le parrainage de l'A.F.P.S. (Association Franco Palestinienne de Solidarité),
un groupe de citoyens appelle à se réunir dans un moment de libre parole ouvert à toutes et tous,

le vendredi 27 avril à 18h30, cours Foch à Aubagne.

• Pour protester contre les massacres dont sont victimes les palestiniens enfermés dans le ghetto de Gaza.
• Pour réclamer la reconnaissance des droits du peuple palestinien.
• Pour soutenir les forces de paix en Israël.

LE 16 JUIN 2018, BURE S'INVITE À BAR !

27. avril 2018 - 16:59

Les mois qui viennent de s'écouler ont été particulièrement denses. Après avoir endormi et manipulé la population pendant 20 ans à travers diverses stratégies vicieuses et violences silencieuses, c'est par la force physique et brutale que l'État compte imposer un projet intrinsèquement dangereux, irresponsable, et inacceptable.

Mais force est de constater que sa volonté d'asphyxie de l'opposition ne fonctionne pas : la mobilisation contre le projet Cigéo a pris une ampleur inédite, de part ces incroyables rassemblements spontanés et la constitution de 37 comités de soutien… du jamais vu ! Cette période lourde et chargée en émotions a cimenté les liens qui nous unissent, a conforté nos convictions, a permis l'ancrage national de la lutte.

Nous sommes bien décidé-e-s à ce que ce 16 juin soit un moment charnière, en répondant aux démonstrations d'autorité de l'État par une démonstration de notre détermination infaillible ainsi que par celle de l'insécabilité de notre mouvement d'opposition en perpétuel renouveau.

Ce 16 juin, PACA Bure, le comité marseillais de soutien à Bure, se fera un plaisir de participer à cette journée et de rejoindre tous-tes les copains-ines hiboux.xes pour nous retrouver dans Bar-le-Duc, et à nous rappeler à quel point, tous.tes ensemble, nous pouvons être fort.e.s et uni.e.s face à l'ANDRA et son monde !

mais Bure c'est loin !
pour cette raison, on vous propose, si vous êtes bien motivé.e.s, de nous rejoindre pour partir tous.tes ensembles de Marseille en convoi.
Il vous suffit d'envoyer un message à comite-bure-13(at)lists.riseup.net pour nous prévenir de votre présence et de votre envie.
selon le nombre de réponses, on pourra organiser un car, ou un minibus et covoit'

Pour connaître le programme de cette journée qui s'annonce riche, rendez-vous sur le site http://16juin2018.info/
Pour suivre les informations de la lutte contre la poubelle nucléaire de Bure : https://vmc.camp

Comité marseillais de soutien à Bure - PACA Bure

Gemalto s'enrichit mais licencie !

26. avril 2018 - 18:30

Dans le cadre de sa nouvelle campagne nationale sur l'évasion fiscale, le comité local Attac mène l'enquête.

L'immigration algérienne en France, cas des immigrations post coloniales

26. avril 2018 - 18:30

L'immigration algérienne est l'une des premières venant d'un pays sous domination coloniale française. En France, elle a tout subi entre humiliation et violence. A sa 4ème ou 5ème génération elle continue d'être l'objet du racisme des discriminations. Elle n'en finit donc pas de lutter.

Omar Slaouti est enseignant dans la quartier populaire d'Argenteuil, militant antiraciste. En lutte depuis un triste 11 juin 2009, jour de la mort d'un autre algérien, Ali Ziri. Retraité de 69 ans, Ali Ziri est mort suite à des complications directement liées à des violences policières. Brutalités subies 2 jours avant sa mort au commissariat d'Argenteuil. Omar est un des porte-paroles du collectif « Vérité et Justice pour Ali Ziri ».

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Programme du festival :
http://algerieplurielle.fr/
contact chez algerieplurielle.fr

À quoi sert la manifestation à Marseille ?

26. avril 2018 - 18:30

Les manifestations à Marseille sont historiquement massives, surtout pendant les mouvements sociaux. En période de lutte, ce pourrait être l'endroit où l'on se rencontre, s'organise au-delà de nos secteurs de boulot, où l'on apprend ce qui se passe ici ou là.
Depuis 2010 et jusqu'au mouvement contre la Loi Travail, les manifs sont toujours aussi importantes mais le nombre est inversement proportionnel à la force.
Des tentatives émergent à chaque mouvement, pour faire de ces manifs un moyen de lutte : AG ouverte à tous, action…Si cela a fonctionné, aujourd'hui il n'en est rien.

Il faut se poser des questions sur ce mode de mobilisation : son utilité, son histoire, ce que les manifs disent de la grève et des prolétaires qui luttent.

Faut-il renoncer à faire de la subversion dans les plus grands rassemblements de notre classe à Marseille ? Comment faire de la manifestation un lieu où la lutte s'organise et s'amplifie ?

Jeudi 26 avril à 18h30

Rassemblement de soutien aux trois de Briançon

26. avril 2018 - 12:00

Dimanche 22 avril, une manifestation de 250 personnes, exile.es et solidaires, a franchi le col de Montgenevre et est arrivee a Briancon. La repression a été immediate et forte : tabassage en pleine rue d'un militant, onze gardes a vue, et trois personnes deferrees au tribunal de Gap. Ces trois personnes sont inculpees pour aide a l'entree de personnes en situation irreguliere. Leur proces est fixe au 31 mai, et elles sont placees en detention provisoire, ce qui rend une condamnation a deux mois de prison par l'(in)justice quasi certaine.

En solidarite avec les trois de Briancon, pour s'organiser face a la repression et riposter, rassemblement jeudi midi au parc de la Schappe

https://04.demosphere.eu/rv/2052

Thessalonique ton patron

25. avril 2018 - 20:00

2011, la Grèce chancelle sous la crise.
Pour les 70 ouvriers de l'usine de matériaux de construction Vio.Me, la situation s'annonce très mal : plus de salries, une fermeture annoncée... En réaciton, ils occupent leur usine de Thessalonique et la font fonctionner en auto-gestion, tournant progressivement leur production vers des produits respectueux de l'environnement. Un succès. C'est ce pied de nez au destin que raconte Prochain arrêt Utopia, réjouissant documentaire d'Apostolos Karakasis.
Alors on regarde et on prend des notes.

contact chez manifesten.fr

Manifeste du Réseau syndical international de solidarité et de luttes

25. avril 2018 - 19:38

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, constitué en mars 2013 lors de notre réunion de Saint-Denis (France), est le produit d'années d'échanges et de travail commun entre plusieurs des organisations fondatrices. C'est ainsi, et sur la base d'orientations et de pratiques syndicales communes, que nous avons pu rassembler des organisations syndicales, des courants syndicaux et des tendances syndicales de nombreux pays d'Amériques, d'Europe, d'Afrique et d'Asie.

Deux ans plus tard, en juin 2015, nous avons organisé une nouvelle rencontre internationale, à Campinas (Brésil). À cette occasion, nous avons collectivement apprécié les évolutions positives dans la construction de notre Réseau, notamment son élargissement, mais aussi le chemin qu'il nous reste à parcourir pour nous doter de l'outil commun international nécessaire à toutes les forces syndicales qui se revendiquent et pratiquent un syndicalisme de luttes, anticapitaliste, autogestionnaire, démocratique, écologiste, indépendant des patrons et des gouvernements, internationaliste, et luttant contre toutes formes d'oppression (machisme, racisme, homophobie, xénophobie). La démocratie ouvrière, l'auto-organisation des travailleurs et travailleuses sont aussi parmi nos références communes.

La troisième rencontre internationale s'est tenue à Madrid (État espagnol). Ce fut l'occasion d'approfondir le travail commun sur les thèmes précédemment cités ; nous avons aussi consacré le temps nécessaire à la consolidation de nos réseaux sectoriels, car c'est à partir des réalités concrètes dans les entreprises et services que nous concevons le syndicalisme. Parce que l'oppression envers les femmes pèse sur l'ensemble de l'humanité et qu'il nous faut la combattre, ce sujet était la priorité de notre troisième rencontre. Y compris dans le mouvement syndical et chacune de nos organisations, il nous faut combattre le machisme, sans démagogie. Nous nous devons d'être exemplaires. D'une manière générale, nous avons actualisé nos analyses, nos propositions, nos stratégies d'action, en partant de la réalité, celle des travailleuses et des travailleurs de tous les pays. Ceci, dans la perspective d'aboutir à la satisfaction des revendications d'aujourd'hui et aussi de la construction de la société que nous voulons pour demain.

La bourgeoisie et ses gouvernements mènent une guerre sociale contre les travailleuses et les travailleurs

Les crises économiques, financières, écologiques et sociales s'entremêlent et s'autoalimentent. Cette crise globale du capitalisme montre l'impasse d'un développement basé sur un partage de plus en plus inégal de la richesse produite par l'exploitation des travailleuses et des travailleurs, la déréglementation financière, le libre-échange généralisé et le mépris des impératifs écologiques. Pour sauver les profits des actionnaires et des patrons, pour assurer l'avenir des banques, les institutions mondiales (Banque mondiale, Fonds monétaire international, Organisation mondiale du commerce, etc.), les gouvernements et le patronat s'attaquent de plus en plus fortement aux droits des travailleuses et des travailleurs.

Les travailleuses et travailleurs subissent toujours les conséquences d'une des crises les plus graves du capitalisme, qui a débuté en 2007. La situation est caractérisée par une attaque sans précédent du niveau de vie des travailleuses et travailleurs, pour garantir les profits des banquiers et des grandes entreprises. L'impérialisme et les bourgeoisies mènent une guerre sociale, réduisant les salaires, les pensions, les droits, augmentant la pauvreté et les inégalités.

Le système économique et politique actuel organise le pillage de nombreux pays, oblige des millions de personnes à quitter leur région d'origine pour survivre et nie ensuite tous leurs droits sous prétexte qu'ils et elles sont immigré.es.

Destruction des services publics, remise en cause de tous les droits sociaux, attaques envers les droits syndicaux, libertés syndicales bafouées, développement de la précarité et du chômage pour faire pression sur les populations … Ce sont les mêmes méthodes qui sont utilisées dans tous les pays !

Pour arriver à leurs fins, ils utilisent tous les moyens : criminalisation, procès, arrestations, interventions policières, occupations militaires, entraves de toutes sortes aux droits collectifs et individuels. La répression est une de leurs armes contre celles et ceux qui résistent, qui s'opposent, qui construisent des alternatives. Notre solidarité, par-delà les frontières, est une de nos réponses.

Les attaques contre les législations sociales, les retraites, les salaires, les conditions de travail, les assurances sociales, le service public et les libertés démocratiques font partie d'un projet stratégique du capitalisme destiné à changer durablement et fondamentalement le rapport de force entre classe dominante d'une part, salarié.es et classes populaires d'autre part. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un capitalisme globalisé, d'une économie qui met en concurrence les régulations sociales, les législations, les conditions et les cadres de travail. Cela provoque une précarisation croissante du monde du travail.

La question de la santé et de la sécurité au travail, les conditions générales de la qualité de vie pour les salarié.es dans les milieux populaires, acquièrent dans les luttes et les revendications une importance décisive.

Dans les pays maintenus en situation de sous-développement, notamment à travers le colonialisme et l'impérialisme toujours très vivaces, ces situations condamnent en masse des Humains à mourir de faim ; ou à être vendu.es comme esclaves ; ou encore à immigrer, souvent au péril de leur vie, dans des pays où ils sont ensuite victimes de fortes discriminations. Le colonialisme et l'impérialisme oppriment encore de nombreuses populations dans le monde ; le syndicalisme se doit de combattre ces modes de domination.

La question du droit à la terre est particulièrement importante dans de nombreux pays, notamment ceux victimes du colonialisme et de l'impérialisme ; nous devons agir sur ce sujet, lutter pour de véritables réformes agraires, en lien avec les mouvements sociaux qui agissent déjà pour ces droits. Plus largement, l'urgence climatique nous impose de prendre en compte cet aspect dans notre activité syndicale. Les territoires autochtones continuent d'être détruits par le capitalisme. Nous saluons et soutenons les luttes des peuples autochtones pour l'environnement durable, l'accès à une eau non polluée et pour la dignité humaine.

La menace d'une guerre mondiale impérialiste monte. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes appelle à unifier l'opposition des travailleuses et travailleurs à toute intervention impérialiste, à renforcer les mouvements contre la guerre et la militarisation.

En 2017, les luttes contre l'oppression ont émergé. L'année s'est ouverte avec une mobilisation gigantesque des femmes contre Trump, aux États Unis. Le 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes, est rentrée dans l'histoire comme une de plus grandes mobilisations mondiales. Toujours aux États-Unis, le mouvement Black Lives Matter, comme aussi les Marches de la Périphérie au Brésil ou d'autres en Amérique Latine et en Afrique, sont une illustration de la lutte contre le racisme. Contre l'homophobie et la violence, il y a eu d'importantes mobilisations LGTB. La lutte des immigrant.es aux États-Unis comme en Europe, a pris une grande importance.

Nous sommes contre toute forme d'exploitation et oppression coloniale, c'est pour cela que nous rejetons le gouvernement sioniste d'Israël et défendons la libération de la Palestine et l'autodétermination de tous les peuples opprimés.

Quelques années après le “printemps arabe”, de grandes mobilisations se poursuivent contre les régimes oppressifs en place. Notre réseau s'engage à soutenir toutes les luttes pour la défense des droits des travailleuses et travailleurs et les libertés démocratiques dans ces pays.

Renforcer le syndicalisme pour rompre avec le capitalisme

Le syndicalisme dont nous nous revendiquons ne saurait cautionner des pactes avec les pouvoirs en place pour valider des mesures antisociales. Le syndicalisme a la responsabilité d'organiser la résistance à l'échelle internationale, pour construire à travers les luttes, la nécessaire transformation sociale anticapitaliste. Nous voulons construire un système, d'où soit bannie l'exploitation, fondé sur les biens communs, sur une redistribution égalitaire des richesses entres toutes celles et tous ceux qui la créent (c'est-à-dire les travailleuses et les travailleurs), sur les droits de ces dernier.es et sur un développement écologiquement soutenable.

L'indépendance du mouvement syndical qui se mobilise et lutte effectivement, constitue la question clé de cette période. En effet, l'enjeu est de briser la stratégie du système de domination du capitalisme globalisé qui tente d'imposer au salariat une régression historique, avec la ruine pure et simple de sa capacité autonome d'organisation, d'action et de positionnement ; au profit du syndicalisme d'encadrement, voire de la pure et simple disparition du mouvement ouvrier. Ceci, alors qu'une part de plus en plus importante de la population mondiale est prolétarisée et souvent avec des conditions sociales de plus en plus difficiles.

Nous affirmons notre opposition au syndicalisme d'État et notre volonté de pluralisme et de démocratie syndicale. Ceci n'est nullement contradictoire avec la recherche de l'unité d'action syndicale, de l'unité ouvrière, de l'unité de toutes celles et tous qui sont exploité.es et/ou opprimé.es. Par contre, nous n'avons rien à faire avec celles et ceux qui se prétendent syndicalistes, alors qu'elles et ils cogèrent des fonds de pension et sont corrompu.es par la classe dirigeante… Classe dirigeante qui, par ailleurs, a fait de la corruption le mode de fonctionnement habituel de toute une partie des responsables politiques.

Notre syndicalisme allie la défense des intérêts immédiats des travailleuses et travailleurs, et la volonté de changement social profond. Il ne se limite pas au champ revendicatif économique, il englobe des sujets comme le droit au logement, à la terre, l'égalité entre hommes et femmes, l'antiracisme, la lutte contre l'homophobie et la xénophobie, l'écologie, l'anticolonialisme, etc.

Les intérêts que nous défendons sont ceux de la classe ouvrière (travailleuses et travailleurs en activité ou en retraite, chômeuses et chômeurs, jeunes en formation). Ils s'articulent avec ceux des peuples de toutes les régions du monde. En cela, nous nous opposons frontalement au patronat, aux gouvernements et institutions qui sont à son service, et nous revendiquons notre autonomie vis-à-vis de toute organisation politique.

Des organisations syndicales internationales existent ; des réseaux syndicaux ont été créés sur des champs professionnels ou géographiques. D'une région du monde à l'autre, nos histoires syndicales, nos structurations syndicales, nos affiliations syndicales, sont différentes. Mais, nous partageons ce qui est essentiel : nous sommes déterminé.es à avancer dans la coordination du syndicalisme de lutte, au plan international.

Nous voulons partager nos expériences, nous enrichir des résistances et acquis de toutes et tous, construire l'unité à travers les frontières, mettre en œuvre la solidarité internationale des travailleuses et travailleurs. Face à la crise qui frappe les populations de tous les pays, et dont le capitalisme est responsable, il est nécessaire de coordonner et unifier nos luttes. Nous appelons les collectifs syndicaux à nous rejoindre pour construire cette unité d'action syndicale, nécessaire pour combattre les reculs sociaux, conquérir de nouveaux droits, et construire une société différente.

La construction et la consolidation du Réseau syndical international de solidarité et de luttes sont très importantes, dans un monde dans lequel l'économie est de plus en plus globalisée. Nous devons affronter ensemble les entreprises et une bourgeoisie qui, elles, internationalisent leurs affaires. Ceci exige le développement d'actions de solidarité active, d'actions et campagnes coordonnées au niveau mondial, que ce soit par catégories, secteurs, pays, continents. Il nous incombe d'impulser à travers chacune de ses luttes, une orientation anticapitaliste.

Nous décidons de renforcer, élargir, rendre plus efficace, un réseau du syndicalisme offensif, de luttes, et démocratique, autonome, indépendant des patrons et gouvernements, écologiste, internationaliste, construisant le changement par les luttes collectives, combattant contre toutes formes d'oppression (machisme, racisme, homophobie, xénophobie)

Après la rencontre internationale de janvier 2018, nous avons des objectifs concrets, des engagements communs. C'est ensemble que nous les définissons et que nous les mènerons à bien :

Nous agissons, dans la durée, pour la solidarité internationale, et notamment contre toute répression antisyndicale. Notre combat se mène contre toutes les oppressions, notamment celles envers les femmes, la population noire, les migrant.es et les LGTB (Lesbiennes, Gays, Transsexuel.les, Bisexuel.les).

Nous interviendrons de manière unitaire et coordonnée pour appuyer des luttes et des campagnes internationales, en réaffirmant le droit à l'autodétermination de tous les peuples.

Nous renforçons et étendons le travail international mené dans les secteurs professionnels (transport ferroviaire, éducation, centres d'appels, industrie, commerce, santé, Fonction publique, etc.) et sur des questions interprofessionnelles (droit des femmes, des noir.es, des LGTB, migration, logement, écologie, santé et travail, etc.)

Nous poursuivons le travail de réflexion et d'élaboration sur les questions de crise du système capitaliste et d'alternatives à celui-ci.

Nous mettons, ensemble, les moyens matériels nécessaires à la réussite de nos projets communs : sites web, liste d'échanges par mail, coordination par secteurs professionnels, etc. Les organisations membres du Réseau feront connaître celui-ci via leur propres outils (liens sur les sites, articles dans les journaux, logos sur les tracts, diffusion des textes communs dans chaque organisation, etc.)

Pour être plus efficace, nous organisons la coordination des organisations membres du Réseau à l'échelle des régions du monde : Amériques, Europe, Afrique…

La journée internationale de luttes des femmes du 8 mars est un moment important pour les combats féministes, et donc pour le syndicalisme : le Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutient les grèves des femmes qui ont lieu ce jour-là partout dans le monde.

Le 24 avril 2013, au moins 1135 personnes sont mortes au travail à Dacca, au Bangladesh dans l'incendie du Rana Plaza. Elles et ils ont été assassinés par les capitalistes qui les faisaient travailler sans respecter la moindre règle de sécurité. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes participera aux manifestations organisées le 24 avril, pour dénoncer ce système économique et politique qui tue celles et ceux qu'il exploite.

Les organisations du Réseau syndical international de solidarité et de luttes prendront les initiatives nécessaires pour que le 1er mai soit une journée de lutte syndicale internationale.

La lutte du peuple palestinien est le symbole de multiples résistances. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes participera activement aux initiatives qui seront prises le 15 mai 2018, pour le 70e anniversaire de la Nakba. Nous continuons à soutenir la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions.

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, au-delà des multiples actions que nous menons dans chaque pays, appelle à participer à la journée internationale de solidarité avec les migrant.es, qui est organisée chaque année.

L'action syndicale contre les multinationales est primordiale. Nos coordinations sectorielles sont un outil pour cela. Mais nous devons aussi faire le lien avec les mouvements sociaux qui agissent sur ce plan. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes participe aux campagnes communes qui s'inscrivent dans notre conception du syndicalisme.

Nous avons besoin de moments de convergence internationale. Chaque année, celles et ceux qui organisent le capitalisme dans tous nos pays se rencontrent à Davos (Suisse) pour organiser notre exploitation et le pillage du monde. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes propose d'organiser une journée de manifestations, sous les formes appropriées à chaque pays, lors des prochaines éditions, de ces rencontres de Davos. Cette proposition est faite aux mouvements syndicaux et sociaux, au-delà de notre propre Réseau. Elle pourra prendre la forme d'une manifestation internationale en direction du Forum économique mondial. Par ces actions, nous marquerons notre opposition directe aux capitalistes et aux gouvernements qui les servent.

Face à l'usurpation et la spoliation des biens publics essentiels pour la vie par le capitalisme, le Réseau syndical international de solidarité et de luttes va réaliser une campagne pour la réappropriation de ces biens, en mettant en avant leur autogestion par les travailleuses et travailleurs ainsi que celles et ceux qui en ont usage.

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de lutte

Organisations syndicales nationales interprofessionnelles

Central Sindical e Popular Conlutas (CSP-Conlutas) - Brésil ; Confederación General del Trabajo (CGT) - État espagnol ; Union syndicale Solidaires (Solidaires) - France ; Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B) - Burkina ; Confederation of Indonesia People's Movement (KPRI) - Indonésie ; Confederación Intersindical (Intersindical) - État espagnol ; Confédération Générale Autonome des Travailleurs en Algérie (CGATA) - Algérie ; Batay Ouvriye - Haïti ; Unione Sindacale Italiana (USI) - Italie ; Confédération Nationale des Travailleurs/Solidarité Ouvrière (CNT SO) - France ; Sindicato de Comisiones de Base (CO.BAS) - État espagnol ; Organisation Générale Indépendante des Travailleurs et Travailleuses d'Haïti (OGTHI) - Haïti ; Sindacato Intercategoriale Cobas (SI COBAS) - Italie ; Confédération Nationale du Travail (CNT-f) - France ; Intersindical Alternativa de Catalunya (IAC) - Catalogne ; Union Générale des Travailleurs Sahraouis (UGTSARIO) - Sahara occidental ; Ezker Sindikalaren Konbergentzia (ESK) - Pays basque ; Confédération Nationale de Travailleurs du Sénégal Forces du Changement (CNTS/FC) - Sénégal ; Sindicato Autorganizzato Lavorator COBAS (SIAL-COBAS) - Italie ; General Federation of Independent Unions (GFIU) - Palestine ; Confederación de la Clase Trabajadora (CCT) - Paraguay ; Red Solidaria de Trabajadores - Pérou ; Union Syndicale Progressiste des Travailleurs du Niger (USPT) - Niger ; Union Nationale des Syndicats Autonomes du Sénégal (UNSAS) - Sénégal ; Unión Nacional para la Defensa de la Clase Trabajadora (UNT) - El Salvador ; Solidaridad Obrera (SO) - État espagnol ; Confederazione Unitaria di Base (CUB) - Italie ; Independent Workers Union of Great Britain (IWGB) - Grande-Bretagne ; Ogólnopolski Zwiazek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza (OZZ IP) - Pologne.

Organisations syndicales nationales professionnelles

National Union of Rail, Maritime and Transport Workers (RMT/TUC) - Grande-Bretagne ; Centrale Nationale des Employés – Confédération Syndicale Chrétienne (CNE/CSC) - Belgique ; Sindicato Nacional de Trabajadores del Sistema Agroalimentario (SINALTRAINAL/CUT) - Colombie ; Fédération Générale des Postes, Telecom et Centres d'appel - Union Générale Tunisienne du Travail (FGPTT/UGTT) - Tunisie ; Trade Union in Ethnodata - Trade Union of Empoyees in the Outsourcing Companies in the financial sector - Grèce ; Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine (SYNTRASEH) - Bénin ; Sindicat dos Trabalhadores da Fiocruz (ASFOC-SN) - Brésil ; Organizzazione Sindicati Autonomi e di Base Ferrovie (ORSA Ferrovie) - Italie ; Union Nationale des Normaliens d'Haïti (UNNOH) - Haïti ; Confederazione Unitaria di Base Scuola Università Ricerca (CUB SUR) - Italie ; Coordinamento Autorganizzato Trasporti (CAT) - Italie ; Syndicat des travailleurs du rail - Union Nationale des Travailleurs du Mali (SYTRAIL/UNTM) - Mali ; Gida Sanayii Içileri Sendikasi - Devrimci Isçi Sendikalari Konfederasyonu (GIDA-IS/DISK) - Turquie ; Syndicat National des Travailleurs du Petit Train Bleu/SA (SNTPTB) - Sénégal ; Asociación Nacional de Funcionarios Administrativos de la Caja de Seguro Social (ANFACSS) - Panama ; Palestinian Postal Service Workers Union (PPSWU) - Palestine ; Union Syndicale Étudiante (USE) - Belgique ; Sindicato dos Trabalhadores de Call Center (STCC) - Portugal ; Sindicato Unitario de Trabajadores Petroleros (Sinutapetrolgas) - Venezuela ; Alianza de Trabajadores de la Salud y Empleados Publicos - Mexique ; Canadian Union of Postal Workers/Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (CUPW-STTP) – Canada ; Syndicat Autonome des Postiers (SAP) - Suisse ; Federación nacional de trabajadores de la educación (SUTE-Chili) - Chili ; Plateforme Nationale des organisations professionnelles du secteur public - Côte d'Ivoire ; Fédération nationale des ouvriers et collectivités locales - Union Marocaine du Travail (UMT-Collectivités locales) - Maroc ; Centrale Générale des Services Publics FGTB, Cheminots (CGSP/FGTB Cheminots) - Belgique ; Botswana Public Employees Union (BOPEU) - Botswana ; Organisation Démocratique du Travail – Organisation Démocratique du Travail (ODR/ODT) - Maroc ; Federacao Nacional dos Ttrabalhadores em Transportes Aéros do Brasil (FNTTA) - Brésil ; Federação Nacional dos Metroviários (FENAMETRO) - Brésil ; Namibia Football Players Union (NAFPU) – Namibie.

Organisations syndicales locales

Trades Union Congress, Liverpool (TUC Liverpool) - Angleterre ; Sindacato Territoriale Autorganizzato, Brescia (ORMA Brescia) - Italie ; Fédération syndicale SUD Service public, canton de Vaud (SUD Vaud) - Suisse ; Sindicato Unitario de Catalunya (SU Metro) - Catalogne ; Türkiye DERI-IS Sendikasi, Tuzla et Izmir (DERI-IS Tuzla et Izmir) - Turquie ; L'autre syndicat, canton de Vaud (L'autre syndicat) - Suisse ; Centrale Générale des Services Publics FGTB, Ville de Bruxelles (CGSP/FGTB Bruxelles) - Belgique ; Arbeitskreis Internationalismus IG Metall, Berlin (IG Metall Berlin) - Allemagne ; Sindicato Unificado de Trabajadores de la Educación de Buenos Aires, Bahia Blanca (SUTEBA/CTA de los trabajadores Bahia Blanca) - Argentine ; Sindicato del Petróleo y Gas Privado del Chubut/CGT - Argentine ; UCU University and College Union, University of Liverpool (UCU Liverpool) - Angleterre ; Sindicato di base Pavia (SDB Pavia) - Italie ; United Auto Workers local 551 Ford Chicago (UAW Ford Chicago) – États-unis ; Sindicato Uno Prodinsa, Maipú – Chili.

Organisations syndicales internationales

Industrial Workers of the World - International Solidarity Commission (IWW).

Courants, tendances ou réseaux syndicaux

Transnationals Information Exchange Germany (TIE Germany) - Allemagne ; Émancipation tendance intersyndicale (Émancipation) - France ; Globalization Monitor (Gmo) - Hong Kong ; Courant Syndicaliste Révolutionnaire (CSR) - France ; No Austerity - Coordinamento delle lotte - Italie ; Solidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran (SSTI) - France ; Basis Initiative Solidarität (BASO) - Allemagne ; LabourNet Germany - Allemagne ; Resistenza Operaia - operai Fiat-Irisbus - Italie ; Workers Solidarity Action Network (WSAN) - États-Unis ; United Voices of the World (UVW) - Grande-Bretagne ; Unidos pra Lutar - Brésil.

Sur le site du Réseau, sont disponibles pour l'instant les versions en français, castillan, anglais, allemand, portugais, italien et arabe : www.laboursolidarity.org/Le-manifeste-du-Reseau ?lang=fr.

La chanson de l'immigration algérienne

25. avril 2018 - 18:30

Dans le cadre du Festival Algérie Plurielle

Kamal Hamadi est un des plus grands chanteurs-auteurs-compositeurs de l'histoire de la musique algérienne. Aujourd'hui âgé de 81 ans, ses paroles ont été interprétées par plus de 130 artistes et il a lui même écrit plus de 2000 chansons. Une référence dans le monde musical. Kamal Hamadi est le meilleur témoin vivant pour nous raconter l'épopée de la chanson de l'immigration algérienne des années 40 à nos jours.

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Programme du festival :
http://algerieplurielle.fr/
contact chez algerieplurielle.fr

"Le fond de l'air est rouge", de Chris Marker - 1re partie

24. avril 2018 - 20:30

Mardi 24 avril 2018 à 20h30 à Casa Consolat, projection de la première partie du film : "Le fond de l'air est rouge", de Chris Marker : "Les mains fragiles"


Ciné Casa Consolat & CNT 13
Un ciné-club militant • tous les derniers mardis de chaque mois

Le fond de l'air est rouge retrace en deux parties ("Les mains fragiles" et "Les mains coupées") les événements politiques de "la nouvelle gauche" dans les années 60-70. Passant par la guerre du Vietnam à la mort du Ché, de Mai 68 au Printemps de Prague, du scandale de Watergate au coup d'Etat du Chili...

1967-1977 : années décisives de l'histoire mondiale
“… Au cours de ces dix années, un certain nombre d'hommes et de forces (quelquefois plus instinctives qu'organisées) ont tenté de jouer pour leur compte, fût-ce en renversant les pièces. Tous ont échoué sur les terrains qu'ils avaient choisis. C'est quand même leur passage qui a le plus profondément transformé les données politiques de notre temps. Ce film ne prétend qu'à mettre en évidence quelques étapes de cette transformation.” Chris Marker

Images officielles, bouts de films, chutes de reportages, bobines négligées sont les matériaux de base d'un film dont le déroulant final affirme : “les véritables auteurs de ce film sont les innombrables cameramen, preneurs de son, témoins et militants dont le travail s'oppose sans cesse à celui des pouvoirs, qui nous voudraient sans mémoire.”


Chaque projection sera suivie d'un DÉBAT et d'un REPAS à prix modique concocté par l'équipe de la Casa Consolat.

L'ENTRÉE pour chaque projection est à PRIX LIBRE (pour les droits de diffusion)

Source :

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CNT Stics 13 • c/o Mille Bâbords, 61, rue Consolat 13001 Marseille
Permanences le premier mardi du mois de 17h30 à 19h
et le troisième mardi du mois de 12h à 14h
07 68 48 57 08
Site CNT 13 http://www.cnt-f.org/sam/
Facebook de la CNT 13 https://www.facebook.com/cnt13/
Site de notre Confédération http://www.cnt-f.org/
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Rendez-nous le disparu de Tolbiac

24. avril 2018 - 18:30

A Marseille un rassemblement est appelé devant la Girafe de la Canebière à 18H30 mardi 24 avril sur le mot d'ordre "Rendez-nous le disparu de Tolbiac" par un collectif de soutien à la faculté de Tolbiac, évacuée le vendredi 20 avril à l'aube. Il exige que la vérité soit faite sur la personne grièvement blessée par les forces de l'ordre lors de l'évacuation.
Samedi 21 avril, au lendemain de l'expulsion, le syndicat Sud santé sociaux a publié un communiqué qui reprend les témoignages d'étudiants présents, explique avoir connaissance d'un patient refusé dont le cas pourrait correspondre et demande à la direction de l'APHP de faire la lumière sur l'affaire..

http://www.sudsanteaphp.fr/fichiers/communiques/com_2018/2018134.pdf
twitter : commune libre de Tolbiac @TolbiacLibre

1er mai : manifestation syndicaliste révolutionnaire pour l'égalité et la transformation sociale

24. avril 2018 - 15:17

Le 1er mai est une date primordiale dans l'histoire sociale du monde. Pour nous, anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires de la CNT, il ne s'agit pas de la « fête du Travail » mais d'une journée de lutte internationale, à l'origine journée annuelle de grève et de manifestation pour la réduction du temps de travail quotidien à huit heures.

Depuis bientôt un siècle et demi, ce sont les luttes des travailleuses et des travailleurs qui ont permis des avancées considérables vers des conditions de travail décentes. Et ce sont ces droits conquis grâce à la force et à la détermination d'un syndicalisme combatif que, petit à petit, les gouvernements successifs, et aujourd'hui celui de Macron et Philippe, voudraient nous enlever, pour contenter un capital dont les dents sont toujours plus longues et plus pointues.

L'État n'est autre qu'un architecte dans les projets du patronat, qui construit une société chaque jour plus inégalitaire, où une écrasante majorité produit pendant qu'une infime minorité en tire les bénéfices.

Ainsi on brade le service public pour privatiser à tout-va, et quand nous parlons de service public, ce n'est pas la dimension étatique qui nous intéresse mais bien un système mutualiste instauré par un nouveau rapport de force entre les classes, celle des prolétaires face à la classe dominante dans la perspective de leur abolition dans une société égalitaire. Sélection à l'école, précarité galopante sous couvert de nouveau management, licenciements sans contrainte pour les employeurs : autant de méfaits qui ont pour objectif de provoquer la division du prolétariat et le repli sur soi, l'individualisme étant le mot d'ordre que veut nous imposer la classe dominante, à son plus grand profit.

Le fait de demander aux salarié.e.s de travailler plus sans aucune augmentation de salaire ni majoration des heures supplémentaires, et donc de travailler gratuitement, montre que le servage et l'exploitation ne sont pas des pratiques d'un passé révolu. Le salariat en lui-même est une exploitation, et qui tend à réduire la masse salariale et pousse à des formes de paiement sans salaire (honoraires, factures, piges, collaborations extérieures, etc.,), voire plus aucun paiement du tout (stages, travail dissimulé, travail non payé, etc.). Flexibilité, précarité, augmentation de la charge de travail pour certains et chômage pour d'autres, faudrait-il courber l'échine et se taire ?

À cela, le syndicalisme que prône la CNT répond par les pratiques collectives que nous avons élaborées depuis longtemps et qui animent notre projet révolutionnaire : l'autogestion, le refus de la hiérarchie et de la délégation de pouvoir à travers l'action directe, l'entraide, la solidarité, le mutualisme. Ce qui fait l'originalité et l'essence même de notre syndicalisme de classe.

Par ailleurs, la misère sociale et l'absence de perspectives, chez certains, font ressurgir des monstres du passé qui devraient être mis au rebut. Le fascisme, le populisme, le racisme et le nationalisme sauront toujours nous trouver en face d'eux pour combattre avec fermeté leurs idées nauséabondes. Celles-ci, ne l'oublions pas, ont trouvé un terreau favorable dans les politiques précédentes, de gauche comme de droite, qui par souci électoral ont joué à l'apprenti sorcier pour gagner des voix. Le fascisme n'est qu'une conséquence d'un système capitaliste en crise qui cherche à diviser la classe ouvrière.

Or parmi cette classe ouvrière, il ne peut y avoir de division : nous sommes la classe des prolétaires, qui n'avons rien d'autre que notre force de travail pour vivre, que nous ayons un travail ou pas, que nous ayons des papiers ou pas. C'est la même logique qui est mise en place dans les politiques de restructuration des entreprises, de destruction des emplois, de restriction des allocations chômage, de flicage des sans-emploi, de persécution des migrant.e.s. Combien de morts devrons-nous compter parmi celles et ceux qui fuient la misère et la guerre avant de réagir et d'instaurer ce dont les marchandises et le capital bénéficient déjà : la liberté de circulation et l'abolition des frontières ? Si la solidarité est un délit, alors soyons tou.te.s des délinquant.e.s.

Nous ne pouvons accepter que l'être humain soit réduit à un chiffre, à une donnée quantifiable, à un pion. Montrons-leur que les pions peuvent mettre en échec rois et reines. En se syndiquant, en s'organisant, en autogérant la production et la distribution des richesses, en s'émancipant, dans l'égalité et l'entraide, sans État ni patron.

À Marseille, la CNT 13 appelle à participer à la
MANIFESTATION • départ Vieux Port
Mardi 1er mai 2018 • 10 h 30

Rendez-vous devant le manège, place Général-de-Gaulle

Ensemble stoppons la casse du service postal !

24. avril 2018 - 12:00

En grève depuis le 3 avril, les facteurs et factrices de certains centres courrier des Bouches du Rhône (4e, 13e, 14e, Allauch, Arles...) ont besoin de votre solidarité !

Tous les deux ans, La Poste « réorganise » ses services :
fermeture de bureaux de Poste, hausse des tarifs, recours au travail précaire, baisse de la qualité du service, suppression de tournées de Facteurs-trices et modification des horaires de distribution du courrier, voici les conséquences concrètes pour vous les usagers.
Ces réorganisations ont des répercussions importantes sur le nombre de Facteurs-trices qui vous desservirons demain.

Ces réorganisations ne tiennent absolument pas compte du travail réel effectué au quotidien par vos Factrices et Facteurs, niant au passage tout l'aspect lien social du métier de facteur.

En revanche, La Poste n'hésite pas à exploiter l'image positive des Factrices et des Facteurs auprès des usagers, pour leur vendre des services marchands, mais se montre intraitable lors des réorganisations en supprimant des tournées de distribution.

Ces décisions sont d'autant plus déconnectées de notre réalité de travail que nous sommes dans un département riche en nouvelles constructions, en nouveaux habitant-e-s, en activités qui nécessiteraient plus de Service Public, plutôt que des fermetures ou des réductions d'horaires d'ouverture de bureaux de Poste.

Nous refusons que les Postiers-ères ainsi que les usagers subissent les choix stratégiques de l'Entreprise "La Poste S.A" qui vont à l'encontre de l'intérêt général et des missions de Service Public.

Vos Factrices et Facteurs ont besoin de votre aide et de votre soutien pour un vrai service Postal ! Ils/Elles vous invitent à un rassemblement le mardi 24 avril, devant le centre courrier du Dôme à partir de 12h au 46 avenue de Saint-Just 13004 Marseille

Pétition en ligne sur change.org :
Pour un service public postal de proximité et de qualité

https://www.change.org/p/p%C3%A9tition-des-postiers-%C3%A8res-et-des-usagers-de-la-poste-des-bouches-du-rh%C3%B4ne

Déroulé d'un gai week-end de mobilisations à la frontière

24. avril 2018 - 11:36

Contexte : Toute la semaine, la re-militarisation de la frontière a été entamée : sur jeudi, vendredi, samedi, seules 2 personnes ont réussi à passer. Le dispositif de contrôle a été renforcé par au moins 20 militaires (chasseurs alpins en entraînement) présents sur la route pendant la nuit, et 3 motoneiges.

Samedi, à partir de 9h du matin une centaine de Générations Identitaires (français mais aussi italiens, venus de plusieurs pays d'Europe) sont montés au col de l'Echelle en raquettes. Le but, indiqué dans les médias, était de faire une action symbolique massive pour « attirer l'attention » sur la frontière franco-italienne et de « bloquer la frontière » pour dissuader les migrant-es de passer.

Les observations des militant·es sur le terrain portent plutôt les effectifs à 80-90 que plus d'une centaine. Ils étaient accompagnés de 2 hélicoptères, qui ont survolé Briançon le dimanche matin, et suivis par des drones, preuve qu'ils ont des financements importants.

Samedi après-midi, lors du carnaval à Gap, une annonce de la situation à la frontière a été faite ainsi qu'un appel à protéger les lieux. Pendant la nuit, ainsi, 10 à 20 personnes ont pu être présent·es sur chaque lieu.

Les Générations Identitaires ont dormi à l'hôtel à Chantemerle. Des militant·es ont fait des rondes toute la nuit pour observer leurs mouvements, ils ont été mobiles mais rien de particulier n'a été remarqué. Il est néanmoins important de signaler qu'une seule voiture de gendarme était présente au col de l'Echelle pendant toute la soirée/nuit de samedi, ce qui contraste ironiquement avec la force du dispositif policier utilisé pour bloquer les entrées des camarades exilé-es.

Samedi soir différents projets pour contrer l'action des Identitaires ont été discutés, dont l'idée d'un passage en groupe de la frontière, débattu à Clavière avec les quarante exilé-es qui y dormaient.

Dimanche : Ce 22 avril une mobilisation était prévue par les différents collectifs italiens à Clavière, des cycles de débats et de discussions sur l'histoire de la frontière.

De nombreuses personnes sont donc montées à cette occasion et il a été possible de mettre rapidement en place une action commune. La décision de former un cortège pour accompagner les camarades exilé-es jusqu'à Briançon a été adoptée collectivement et ainsi, dimanche midi une groupe de plus de 150 personnes exilées et solidaires est parti à pied de Clavière . Les manifestant·es étaient 170 en haut de Montgenèvre quand illes ont rejoint la route principale.

Suite à un problème de communication, une camarade grenobloise est passée en voiture, avant le cortège, transportant trois exilés. La voiture été arrêtée en haut de Briançon. Les trois personnes qu'elle transportait ont été, selon la police, descendues à Gap avec les mineurs. La camarade a été mise en garde à vue à la police nationale et relâchée 8h plus tard. Elle témoigne d'humiliations vécues pendant sa garde-à-vue.

Pendant ce temps, un barrage de police attendait le cortège à la sortie du tunnel de Montgenèvre, mais les forces de l'ordre étaient clairement en sous-effectifs (moins d'une cinquantaine, avec deux lignes de quelques dizaines de policiers formant un barrage corporel). Sans doute alarmés par les slogans des manifestant·es qui résonnaient joyeusement et avec force dans le tunnel, les policiers ont manifesté des signes de peur en voyant arriver le cortège, notamment en reculant. Ils n'ont fait usage d'aucun moyen de dispersion, aucune sommation de dispersion n'a même été émise, aucun tir de gaz n'a été fait. Le terrain fait qu'ils ne pouvaient pas arrêter l'ensemble des manifestant·es et les camarades exilé·es ont pu contourner le barrage sans difficulté.

Le cortège a continué sa longue marche sous le soleil, le long de la route, pendant les 19 kilomètres qui séparent Clavière de Briançon. L'hélicoptère du PGHM survolait la scène de très près, sans doute pour filmer ou compter les personnes rassemblées, et la police suivait le cortège sans essayer de bloquer la route. Une voiture d'Identitaires inconscients a traversé le cortège en filmant la scène, ce qui a conduit à l'égratinure d'un de leurs véhicules.

Pendant ce temps, tout au long de l'après-midi, des renforts de gendarmerie sont montés depuis la vallée à grand cris de sirènes. Démunis, ils se sont postés au Champ de Mars et devant certains endroits de Briançon, plutôt dans l'optique de les protéger des lieux importants (poste, gendarmerie, gare) que d'attaquer le cortège, qu'ils ont laissé passer.

A l'arrivée, le cortège est passée par la ville de Briançon pour augmenter sa visibilité, les manifestant·es galvanisées par la force collective qui leur avait permis de passer sereinement la frontière. Des visages sympathiques et des soutiens ont été manifestés par des passants au long de la route et ainsi, en arrivant au Refuge Solidaire, le convoi avait augmenté jusqu'à être composé de 250 personnes.

Le cortège est arrivé 17h30-18h dans l'effervescence et la joie et les camarades exilé·es ont pu être mis·es à l'abri au Refuge. Tout le monde est resté rassemblé sur le parking de la MJC, pour délibérer, discuter, se reposer de la marche.

Vers 18h30 la décision a été prise de se rendre à la police nationale pour demander la libération de nos camarades arrêté-es plus tôt dans l'après-midi. Dans ce mouvement, deux ou trois militant·es italien·nes ont été arrêtées alors que le cortège passait devant la gendarmerie. Actuellement personne n'a de leurs nouvelles. Illes sont sans doute encore en garde-à-vue.

Une fois arrivé à la police nationale, dans l'incertitude de savoir si les camarades étaient détenu·es dans ces locaux, le cortège est retourné devant le Refuge Solidaire.

Vers 19h - Un militant briançonnais a été interpellé alors qu'il buvait tranquillement une bière à la gare. Les gendarmes ont contrôlé son identité sans raison, et il a manifesté une résistance. Ils se sont jetés à 6 sur lui, pour le mettre au sol, il a été menotté. Alors qu'il se débattait il a reçu des coups de genoux dans le dos, des coups de pied sur la tête. Pour les militant·es briançonnais·es, il s'agit d'une tentative de vengeance par interpellation, ciblée contre un individu connu par les autorités locales et qui relève d'un odieux règlement de compte couvert par la force de l'État.

Alors que tout le monde se trouvait devant le Refuge Solidaire, un groupe est allé à son secours. Ces militant·es ont été violemment gazé·es au poivre ; illes ont réussi à extraire le camarade des coups des gendarmes et à s'abriter au Refuge solidaire, les visages brûlés par les gaz. Le camarade, défiguré, aurait dû se rendre immédiatement à l'hôpital, mais il a préféré rester caché pendant la nuit par peur d'être arrêté. La police détient ses papiers et son téléphone.

Pendant ce temps, un groupe de gens (une petite dizaine) identifiés comme des militants d'extrême droite regardaient la scène, debout sur le trottoir de la gare, aux côtés des policiers.

20h00 – Une dame du Refuge Solidaire a fait une annonce : La police aurait prévenu une voisine qu'un groupe de gens armés de cocktails Molotov étaient amassés au coin de la rue, prêts à attaquer d'ici quelques minutes. Elle voulait demander à la police d'intervenir pour protéger le Refuge, mais la police aurait refusé d'agir (s'agissait-il d'une supposition de sa part ou d'une vraie déclaration de la police ?) tandis que les « antifascites » étaient présents sur les lieux.

Dans la précipitation et face au risque d'une mise en danger du Refuge, un groupe est parti protéger le squat de Briançon et les camarades italien·nes ont organisé un départ expéditif en convoi de voitures, par l'arrière du Refuge.

Le soir :

* Une soixantaine de personnes sont remontées à Clavière pour tenir le lieu ; une veille a été assurée à l'autre lieu de Briançon. Dans ces deux lieux, rien à signaler.

* Pendant ce temps, seul·es trois bénévoles sont resté·es au Refuge toute la nuit pour s'assurer de la sécurité des sans-papiers sur le lieu. Les rondes des voitures de gendarmerie montraient que la police jetait un œil régulier mais elle n'était pas présente devant le Refuge pour protéger ses habitant·es.

Dimanche après-midi, dans la presse, les membres de Génération Identitaire ont annoncé qu'ils s'en allaient mais qu'un groupe resterait toute la semaine dans le Briançonnais pour patrouiller sur « les différentes routes qu'utilisent les migrant·es pour venir en France ». Satisfaits de la « phase 1 » de leur « mission », ils annoncent une « phase 2 » à venir dont on n'a aucune idée de ce à quoi elle ressemblera.

Le soir, notre ami Collomb a annoncé dans un communiqué qu'il "condamne avec la plus grande fermeté l'ensemble des provocations, gesticulations et incidents qui ont marqué ce week-end dans les Hautes-Alpes et dont des groupes d'activistes d'ultra droite et d'ultra gauche sont respectivement à l'origine" . Il « rappelle la volonté de l'Etat de combattre ceux qui souhaitent faire échec aux contrôles des frontières comme ceux qui prétendent se substituer aux forces de l'ordre ds ces missions ».

Il profite donc de cette occasion pour nous faire la faveur de décréter immédiatement le renforcement intensif des contrôles à la frontière, avec des arrivées massives de toute la région.

Ce lundi matin, partout dans Briançon, la gendarmerie mobile et des CRS patrouillaient, ce qui empêche les exilé·es vivant à Briançon de se déplacer en sécurité dans la ville. Un barrage a été installé à la Vachette.

Des dizaines d'autres cars de CRS ont été vus en train de monter depuis la vallée. On peut aller jusqu'à estimer le nombre de policiers et gendarmes actuellement présents à 200.

La situation est critique. La plupart des soutiens militant·es extérieurs, dont la présence a été indispensable pour réaliser une forte action de solidarité ce week-end, vont partir dans les jours qui viennent.

Besoin de soutiens pour faire des pieds-de-nez aux militaires et piétiner à nouveau, tou·te·s ensemble, cette frontière !

Des copines de Briançon —
Collectif Chez Marcel

Lettre à nos voisin.e.s.

24. avril 2018 - 11:17

Nous habitons la zad et sommes conscient.e.s des tensions et incompréhensions qu'ont pu faire naître les événements des dernières semaines dans notre voisinage. Nous avons noué des liens et cotoyons beaucoup d'entre vous depuis des années. Nous sommes a minima voisin.e.s. Si nous vous écrivons c'est pour tenter d'expliciter notre point de vue sur la situation, et parce que nous nous soucions aussi de la manière dont elle vous a impacté.e.s. Les opérations menées par les forces de l'ordre la semaine dernière se sont traduites par la destruction d'un grand nombre de nos maisons, fermes, ateliers.
Du jour au lendemain, beaucoup d'entre nous ont tout perdu des espaces dans
lesquels ils habitaient. Tout cela a été extrêmement brutal. Une bonne partie de notre univers quotidien a été tout simplement rasé. Nous avons tenté de multiples manières de l'empêcher et de préserver ce que nous pouvions. Les attaques violentes de la gendarmerie ont fait plusieurs centaines de blessé.e.s.

Nous avons conscience que notre voisinage a aussi subi les conséquences de ces opérations, avec le blocage des axes routiers et les contrôles incessants autour de la zad. Certaines maisons de la zad qui n'étaient pas visées par cette vague d'expulsions ont été l'objet de coupures d'électricité longues de plusieurs jours malgré le fait qu'elles
bénéficient d'abonnements réguliers. Ces coupures étaient un autre acte de pression digne d'une occupation militaire. Elles ont touché différents voisins avec des conséquences lourdes. La situation qui nous impacte tous et toutes ces derniers jours n'est vivable pour personne.
Il était difficile pour nous de nous opposer à ces expulsions et de réduire les conséquences de ces opérations sur notre voisinage.
L'arrivée de nombreuses personnes venues en soutien a pu vous impacter.
Leur accueil, au vu du contexte, n'a pas toujours pu se faire dans de bonnes conditions. Hors des réponses spécifiques à une tentative d'expulsion, nous avons communiqué à l'ensemble de nos soutiens la volonté de garder la D281, la D81 et la D42 ouvertes et circulantes. Les forces de l'ordre continuent néanmoins de bloquer régulièrement l'accès à ses routes. Nous comprenons votre éventuelle colère quant aux perturbations causées par la situation. Nous vous appelons aussi à comprendre la colère et la douleur qui nous animent face à la destruction de ce nous avons construit depuis des années, et ce alors que nous cherchions activement d'autres issues. Nous n'avons pas choisi de déclencher ce déferlement policier.

La lutte contre le projet d'aéroport nous a amené.e.s ici, initialement à l'appel d'habitant.e.s historiques menacé.e.s par le projet. Nous avons réussi avec tant d'autres à prendre soin de ce bocage et à le préserver de la destruction. L'abandon tant attendu devait permettre enfin pour les un.e.s et les autres, habitant.e.s de toujours ou installé.e.s dans les dix dernières années, de sortir de la menace constante. Nous sommes désormais ancré.e.s ici, y avons nos vies, nos logements, nos activités. Nous voulons nous inscrire dans le long terme dans l'avenir de ce territoire. Nous avons construit un projet avec les paysan.ne.s, associations, voisin.e.s, naturalistes et comités avec qui nous nous sommes lié.e.s dans la lutte contre le projet d'aéroport. Dans le contexte d'une amorce de dialogue avec la préfecture, des propositions de cadres légaux permettant de préserver les habitats et les activités de la zad ont été proposés. Le gouvernement, après avoir rompu unilatéralement le dialogue, s'est engagé dans cette grande opération policière. Par ce geste, il a fait preuve du plus grand mépris pour nos tentatives d'éviter le conflit. Ce qu'il a cherché à écraser c'est notre volonté de donner à nos existences et à nos pratiques un sens plus largement collectif et solidaire.

Cette fin de semaine, malgré les destructions d'une partie de nos maisons, nous avons repris le dialogue avec la Préfecture. Il fallait sortir de ce cycle infernal, et tenter de prévenir de nouvelles opérations policières dans les jours à venir. Certain.e.s d'entre nous avons fourni ce vendredi un dossier détaillant les activités agricoles et autres développées sur la zad. Nous avons rendu pour ce faire des fiches nominatives tout en défendant notre aspiration à continuer de lier nos activités et de les défendre collectivement. La Préfecture a reconnu ce geste, et annonce pour le moment un statu quo fragile jusqu'à mardi.

Nous n'avons cependant aucune confiance dans la volonté de dialogue réel du gouvernement et aucune assurance sur le fait qu'ils ne s'engagent pas dans de nouvelles expulsions après mardi. Nous allons tout faire pour qu'ils y renoncent. Mais si des événements venaient à vous mettre particulièrement en difficulté et que vous estimez pertinent de nous le signaler, vous pouvez nous appeler au 06 43 92 07 01. Si cette guerre qui nous est faite cesse et que nous retrouvons un semblant de sérénité, nous désirons poursuivre des échanges avec vous dans des espaces ouverts, entretenir et enrichir nos liens de voisinage, partager les infrastructures collectives que nous avons mis en place : boulangerie, non-marché, conserverie, bibliothèque, ateliers d'écritures, ateliers de menuiserie, sentiers, chantiers-école, espaces de formations, fêtes...

Notre aspiration passionnée à un avenir commun dans ce bocage ne peut se
faire sans vous.

Des habitant.e.s de la Z.A.D.

Parcours et voix de femmes. Rencontre avec Marie Redonnet, écrivaine

23. avril 2018 - 19:00

Cycle La littérature face aux enjeux du monde contemporain

Parcours et voix de femmes. Rencontre avec Marie Redonnet, écrivaine : La femme au colt 45 et Trio pour un monde égaré (Le Tripode, 2016 et 2017)

« Héritières d'un monde en ruines, victimes d'une histoire violente, étrangères à une société qui ne fait pas sens, mes héroïnes portent en elles l'obstiné désir d'inventer leur identité et leur existence. » (M.R)

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Après le marché, quel avenir ? Et si on en parlait après le marché de Forcalquier ?

23. avril 2018 - 11:00

Rassemblement devant la mairie de Forcalquier le lundi 23 avril à 11h, distribution de tracts, échange des dernières nouvelles, suivi d'un grand pique-nique très partagé, musique, chansons, prise de parole, foot, tennis, grand débat, discussion, poésie, coup de gueule…

« Avant, même l'avenir était meilleur »

Les mouvements sociaux et la ZAD, la convergence des colères :
Après le marché, quel avenir ?

Et si on en parlait après le marché de Forcalquier ?

A Notre-Dame-des-Landes, contre les propositions très concrètes des occupant.e.s (auxquel.les, il faut le rappeler, nous devons l'abandon du projet délirant de l'aéroport), l'Etat ne connaît que les vieilles réponses : « et ouste, tout le monde chez soi, circulez, il n'y a rien à voir, métro, boulot, dodo, connectivité, croissance, progrès, développement, youpi ! » Et tout ça à coup de matraque, de gaz lacrymo, de grenades de désencerclement et de centaines de blessés.
Et aujourd'hui, s'il y a une chance de stopper la violence et de laisser du temps aux choses, c'est encore une fois grâce à l'intelligence de ces mêmes zadistes !
Les cheminot.e.s, les étudiant.e.s, les avocat.e.s, les pilotes, les paysan.ne.s, les exilé.e.s… tout le monde sait très bien que « réforme » est désormais synonyme de bulldozer défonçant la vie des gens, déjà difficile ; et coups de matraque distribués à celles et ceux qui s'y opposent.
Réformer veut dire se recroqueviller à l'intérieur des frontières, s'accrochant aux restes de la richesse mortifère des « pays développés », terrifié.e.s par celles et ceux qui arrivent d'ailleurs et pourtant du même monde.
Cependant nous savons très bien que l'avenir ne se fera pas sans elleux !
Force est de constater que de partout, les gens commencent à s'exprimer, à se mettre en grève, à bloquer la machine.
Plus personne ne peut croire décemment à l'avenir de ce monde, même les experts pourtant payés pour ça.
Nous avons besoin de nous parler, nous rencontrer, nous engueuler, imaginer, critiquer et nous marrer. Tout ça en débat, bien sûr, en musique, théâtre, pique-nique.

Le programme que nous proposons pour ce lundi, 23 avril à Forcalquier :

11h : rassemblement devant la mairie, distribution de tracts, échange des dernières nouvelles.

A la fin du marché : grand pique-nique très partagé, musique, chansons, prise de parole, foot, tennis, etc.

A la fin du pique-nique : grand débat, discussion, poésie, coup de gueule…

Ramenez : vos mangeailles, vos colères, vos chansons et vos instruments, vos ânes, vos analyses, vos témoignages, vos moutons, vos ras-le-bol, vos ballots de paille, votre pièce de théâtre, vos tracteurs, votre beauté et votre insouciance, vos projets et tout le reste !

Comité ZAD04, collectif idées fixes, et autres

P.S. : on fera une cagnotte pour les ami-e-s de la ZAD. Filons-leur les sous, avant que ça ne vaille plus rien !

 
 
 
 
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