Ecouter le live sur Galère  Discutez avec les autres auditeurs de radio galère : 

 

Infos Mille babords

Syndiquer le contenu Mille Babords
Mis à jour : il y a 7 heures 6 min

Rassemblement de soutien aux salarié.e.s des McDonald's devant le Tribunal

il y a 0 s

Le franchisé de plusieurs Mac Do de Marseille a les mêmes méthodes que son enseigne : terreur, licenciements abusifs et vigiles pour casser la grève... Ketchup avarié sur le burger : du fric mis sur la table pour faire dégager les militants syndicaux !

Mac Do, c'est une longue histoire d'exploitation.

En 2017, une grève à Villefranche de Rouergue a duré six mois suite au licenciement d'un salarié. Là aussi un franchisé est à la manœuvre. Mais la patte managériale Mac Do est dans l'ombre.

Aujourd'hui aux États-Unis, de nombreux cadres de Mac Do sont accusés de pratiquer le harcèlement sexuel comme méthode de management.

À Marseille, le conflit a démarré avec la vente de six enseignes de la région à un repreneur, Mohammed Abassi, qui en possède déjà huit. Ses méthodes : intimidation et vigiles avec pour objectif la liquidation du Mac Do de St Barthélémy, considéré comme un véritable bastion.

Un patron ça licencie énormément ! Ça cogne aussi !

Grèves, occupations et manifestations sont le quotidien des salarié.e.s de Mac Do depuis cinq mois. Leur combat tenace a permis de gagner aussi au tribunal. La cession du Mac Do de St Barthélémy a été annulée en septembre.

Cependant, jamais à Marseille chez Mac Do le niveau de violence n'a été aussi haut. Au Mac Do Chave une représentante syndicale est harcelée par sa hiérarchie qui enchaine les mesures vexatoires à son encontre, elle a même été victime d'une agression ayant entrainée une ITT de 3 jours ! Et ce n'est pas un cas isolé ! du Mac Do de Félix Barret à celui de Grand Littoral, les représentants syndicaux sont harcelés, intimidés et poussés vers la porte. Placardisation, agressions verbales, agressions physiques, arme braquée sur la tête sont les méthodes utilisées contre les salarié.e.s.

Face à l'escroquerie patronale et à sa violence, l'action solidaire s'est exprimée le 9 octobre, lors de la manif intersyndicale, par l'intervention devant (et dans) 3 Mac Do, salarié.e.s Mac Do et manifestant.e.s solidaires de leur lutte côte à côte. Cette action solidaire doit se poursuivre, s'amplifier et devenir notre arme.

Rendez vous 16 octobre au Mac Do Chave à 18 heures 30

Prochain rendez-vous jeudi 18 octobre devant le TGI de Marseille à 10 heuresrassemblement de soutienpour gagner l'annulation de la vente des 5 autres restaurants

Pour suivre la lutte des Mac Do, une page Facebook : « Christian Buisson ».
Caisse de grève en ligne : https://www.leetchi.com/c/tous-ensemble-du-13014

Premiers signataires : ATTAC Marseille, CNT-SO, CNT-STICS, LDH Marseille, NPA, Mouvement de la paix, PG, UNEF Aix-Marseille, UNL, Union syndicale Solidaires 13

Tract + Lutte des MacDo Marseille : un peu d'historique :

Syndicalisme international : Penser et agir concrètement par-delà les frontières

17. octobre 2018 - 20:35

Le mois dernier, nous avons fait un état des lieux du syndicalisme international. Il n'a d'intérêt que s'il est couplé à une activité militante. Alors que faire, en matière internationale, dans nos organisations syndicales ?

L'internationalisme est une des valeurs traditionnellement mises en avant dans les congrès du mouvement ouvrier, et notamment des organisations syndicales. Mais qu'en est-il réellement ?

Au siècle passé, on connaît le catastrophique exemple de la guerre en 1914 avec le ralliement massif – mais non unanime, fort heureusement – à l'Union sacrée [1]. Les luttes anticoloniales trouvèrent aussi un mouvement syndical aux attitudes diverses ; la majorité n'apporta pas un soutien franc et massif aux peuples en lutte. On le voit encore aujourd'hui, vis-à-vis de la situation en Kanaky, en Guadeloupe ou en Corse, par exemple.

Si le capitalisme s'est largement mondialisé depuis des décennies, les résistances et offensives syndicales n'ont pas suivi le même chemin : trop peu de grèves et manifestations internationales, car de trop faibles coordinations à cette échelle ; et cela, tant au plan professionnel qu'interprofessionnel. Pourtant, bien des choses peuvent être faites.

Pour cela, l'international ne doit pas concerner que les collectifs militants les plus éloignés du terrain, (fédérations, union, confédérations). Chacun et chacune, au sein de sa section syndicale, a la possibilité d'y ­contribuer et d'insuffler une dynamique qui pourra ensuite s'élargir à toute l'organisation.

Tracts communs et tournées à l'étranger

Des contacts peuvent être pris avec des syndicats étrangers du même secteur professionnel, à travers les réseaux internationaux évoqués le mois dernier.

Il est à la portée de tous et toutes de réaliser des tracts communs à des syndicats de plusieurs pays, parlant des problèmes concrets des salarié.es en les resituant dans la logique patronale internationale. Même chose pour des affiches ou pour des tournées à l'étranger, comme celle organisée par les syndicats états-uniens en 2002 avec les grévistes victorieux de McDo France, afin d'apprendre de leur lutte. Contacts et mises en œuvre sont plus aisés lorsqu'on travaille dans une entreprise multinationale et/ou de réseau, ou un service public, car les correspondants et correspondantes sont facilement identifiables.

Autour de syndicats se situant clairement sur le terrain de la lutte des classes, il existe des coordinations de ce genre, aux contours divers, dans le rail, l'éducation, les centres d'appel, l'automobile, la santé, la logistique… Cela peut déboucher sur des « eurogrèves », telles celles organisées dans les chemins de fer européens, en octobre 1992, par la Fédération européenne des transports (liée à la Confédération européenne des syndicats), ou en mars 2003 via ce qui deviendra ensuite le Réseau rail sans frontières [2]. Mais on peut également citer la tentative d'eurogrève chez Renault contre la fermeture du site de Vilvorde, en 1997, ou, plus récemment, l'eurogrève des salarié.es de Ryanair. Marins et dockers ont également une longue habitude de solidarité sans frontières, ponctuée par quelques grèves actives où l'action directe prend toute sa place.

Se connaître en amont pour agir au bon moment

Un peu comme l'interprofessionnel, la dimension internationale n'est souvent redécouverte qu'au moment d'un conflit : « Contre la fermeture de notre usine ou les suppressions d'emplois, prenons contact avec les collègues d'autres pays ». Mais, comme pour l'interprofessionnel, c'est souvent trop tard. Les liens doivent être tissés avant, le travail commun permet d'anticiper, de créer la confiance.

Lorsque des sections syndicales, syndicats ou unions locales se jumellent avec des structures similaires d'autres pays, il s'agit de ne pas en rester au symbole, mais d'échanger les publications, d'organiser des échanges militants, de soutenir réciproquement les luttes. Sur ce dernier point, de nombreux témoignages de camarades en attestent : dans beaucoup de pays, les messages de protestation auprès des institutions et du patronat pèsent dans la résolution de certaines grèves et contre la répression. C'est loin d'être négligeable !

Au-delà des réactions ponctuelles, plusieurs organisations syndicales françaises mènent des campagnes unitaires dans la durée : soutien aux syndicalistes d'Iran (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires, FSU) ; libération de Koltckenko et Sentsov en Russie (Solidaires, CNT-SO, CNT) ; Boycott Désinvestissement Sanctions à l'égard de l'État israélien (Solidaires, CNT, quelques structures CGT) ; etc. Il y a eu des choses du même type lors de la Coupe du monde de football au Brésil, d'autres démarrent (collectif Nicaragua).

Du soutien aux syndicats indépendants persécutés dans les pays du bloc soviétique ou dans les dictatures sud-américaines à l'aide apportée aux syndicalistes du Maghreb en butte à la répression de leurs États, le courant syndical dans lequel nous nous retrouvons a une longue tradition derrière lui. A nous de la perpétuer et de la renouveler. C'est ce qui se fait à travers l'assemblée européenne des livreurs à vélo (qui se réunit fin octobre à Bruxelles), la coor­dination des travail­leurs et travailleuses d'Amazon (une rencontre avec des délégations ­d'Allemagne, Pologne, France, Espagne, États-Unis… s'est tenue fin septembre). On peut ainsi donner du retentissement à certaines luttes pour lesquels des collectifs agissent avec abnégation, persistance et… trop peu d'écho.

L'action syndicale internationale permet d'agir sur des sujets aussi importants que les droits des femmes, qui ne sauraient se traiter dans le seul cadre national ; de même pour le respect des migrants et migrantes. C'est aussi la possibilité d'échanger et d'apprendre en matière de contrôle ouvrier, d'autogestion… L'information joue un rôle important pour la formation syndicale internationale. La CGT publie un bulletin ; Solidaires de même avec aussi une revue dont chaque numéro est consacré à pays (les dernières sur la Tunisie, le Mexique, l'Algérie, le Brésil, le Kurdistan ; la prochaine sur la Chine) ; la CNT-SO dispose aussi d'un bulletin international plus irrégulier ; la CNT, d'un site dédié. On peut reprendre des extraits de ces publications dans les bulletins de sections ou de syndicats.

Christian (AL Banlieue sud-est)

[1] Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L'Insomniaque/Libertalia, 2014.

[2] Le réseau Rail sans frontières associe des syndicats britannique (RMT), français (SUD-Rail, Solidaires-RATP, Solidaires-Transports), espagnol (CGT, Intersyndical), marocain, sénégalais, malien, tunisien, états-unien, canadien, brésilien et suisse...

Alternative Libertaire n°287, octobre 2018

Sur La Plaine, le marché des derniers jours

17. octobre 2018 - 20:16

Bien décidée à « requalifier » la plus grande place de Marseille, la mairie a pour abcès de fixation le marché qui y campe trois fois par semaine et attire une population qu'on ne veut plus voir en ville. C'est que le souk, le bazar et toute la smala des vendeurs de rue incarnent aux yeux des élites un commerce honteux qu'il faut éradiquer à tout prix. Mais plus que la fin d'un marché populaire, c'est l'essence même d'une ville portuaire que l'on condamne à mort. Chronique sur le vif.

Jusqu'au bout, on n'arrive pas à y croire. Samedi 29 septembre 2018, dernier jour officiel du marché de La Plaine, place Jean-Jaurès. Chez les clients, les marchands, les mamies qui viennent y chercher de la chaleur humaine autant qu'une livre de haricots écheleurs, l'émotion est palpable. Comme disent Monique et sa compagne, vendeuses de prêt-à-porter féminin : « C'est la fin d'un monde. Ils ne veulent plus de nous. »

De crainte que les forains ne se cabrent (des panneaux « stationnement gênant » annoncent l'entrée en action type Blitzkrieg d'une armée de poseurs de palissades pour fermer l'esplanade dès 13 h), le pacha de l'Hôtel de ville a fait un geste. Alors que, la veille encore, il sommait le préfet de « faire respecter l'ordre républicain » en lançant les CRS contre les « quelques individus » qui paralysaient les autoroutes d'accès à Marseille, Jean-Claude Gaudin a accepté de les recevoir lundi 1er octobre. « Si, évidemment, ces derniers ont levé toute forme de blocus d'ici là. » Il promet, en échange, que le chantier de La Plaine ne démarrera pas avant qu'un accord soit trouvé. Il était temps. Si les journaux parisiens (nationaux ?) ignorent ce conflit qui menace de mettre le feu à la deuxième ville de France, La Provence titre « Blocus » en grosse manchette. Des travailleurs du port saluent pour leur part ceux de la place Jean-Jaurès : « La prochaine fois, on bloque ensemble, on a un ennemi commun. » Oui, il était temps.

Zad de La Plaine

Outre les blocages d'autoroutes, préfecture et mairie ont beaucoup fantasmé sur le spectre d'une Zad urbaine. Les RG évoquent un noyau de 200 énervés prêts à construire des cabanes dans les tilleuls et à s'opposer à l'avancée des tractopelles. Mais là, un tour d'écrou de plus vient pincer le muscle dans la poitrine des élus : et si les forains refusaient de remballer ? Et si une Zad à Marseille, c'était un souk permanent ? Doc Youcef le vélomane le préconisait entre deux réparations : « Il faut arrêter le chantier en plantant des tentes et en déclarant le marché ouvert 7 jours/7 et 24 h/24 ! »

Plaisanterie à part, la fraternisation des habitants avec les gens du marché préoccupe ceux qui dénigraient les opposants – « une bande de punks à chien qui aime casser des canettes et faire caca par terre » (dixit le poète Chenoz [1] )…

Le marché tri-hebdomadaire de La Plaine n'est pas qu'un marché de quartier. L'espèce de plan social à la hussarde qu'impose le service des emplacements publics à 300 marchands forains en prétendant les disperser aux quatre vents, qui sous une bretelle d'autoroute, qui sur le port de l'Estaque, n'est que l'aspect le plus criant d'une guerre de position. Il s'agit de casser une dynamique qui lie encore le centre-ville aux quartiers populaires, pour le faire basculer du côté des quartiers Sud, plus huppés.

« Sans La Plaine, on est morts »

« C'est pas que pour défendre mon gagne-pain ! », lance Manu par-dessus son étalage. Avec sa dégaine de hipster tout-terrain et sa gouaille nordiste, il martèle : « Du boulot je peux m'en réinventer ailleurs. C'est ma dignité d'homme que je défends, là. » Vendredi 14 septembre, lors de la venue de Macron et Merkel à Marseille, Hichem a sorti le barbecue, deux ou trois transats, un parasol, qu'il a posés au milieu de la Canebière bloquée par des dizaines de forains, en face de la chambre de commerce. Deux collègues gitans s'y sont installés avec une guitare et ont balancé une rumba. La scène voulait dire beaucoup : le collectif forain, divisé et méprisé, a retrouvé sa fierté. Et la joie de faire front, même si c'est le dos au mur.

Milou, forain journalier depuis dix ans, raconte : « Un jour, j'ai fait remarquer à un placier qu'il y en a qui sont titulaires [d'un emplacement au marché] alors qu'ils sont arrivés après moi. Il me répond que je suis bien con… Ça veut dire quoi, d'après toi ? » On les a bien baladés, les forains de La Plaine. Persuadée qu'elle les tient par l'entrejambe, l'élue chargée des marchés, Marie-Louise Lota, leur parle avec dédain : « Vous vendez trop du bas de gamme. » Son âme damnée passait la main dans le dos des uns et des autres : « On compte sur vous pour le futur marché, ce qu'on ne veut plus, c'est des barbus. » Ou : « Vous les Gitans, on vous mettra sur la place de La Joliette, vous verrez, vous serez bien. » Ce à quoi les intéressés ont répondu : « Non, nous on reste avec les Noirs et les Arabes. »

Les gens savent bien que ce marché est un tout. Les soldeurs et les fripiers font locomotive. Ils attirent le public et tout le monde en profite. Les commerçants sédentaires de la rue Saint-Michel aussi : les jours de marché, leurs ventes augmentent, et pas qu'un peu. C'est une alchimie à la fois rugueuse et fragile, un marché. On n'y touche pas impunément. « On veut rester là. À la limite, on pourrait accepter de bouger à côté pendant les travaux, mais ensemble. Et on s'appellera “ marché de La Plaine en exil ”, lâche Dalila dans un sourire. Sans La Plaine, on est morts. »

Sur son stand, le Nigérian Dolapo taille un cliché en pièces : « Les gens croient que si on vend si peu cher, c'est qu'on deale des trucs tombés du camion. Hé non, c'est pas volé ! Regarde les Manouches, c'est les rois du déstockage. Ils font la tournée des boutiques avec des liasses de billets et ils proposent de débarrasser le commerçant de la collection qui lui reste sur les bras. Il y en a qui sont même branchés avec des directeurs de vente d'hypermarchés ! » Et ces mêmes directeurs espionnent le commerce de rue pour voir ce qui marche et à quel prix…

Diviser pour mieux régner

La promesse initiale du cahier des charges de la Soleam – deux tiers du marché maintenu et le tiers restant relogé à proximité – s'est réduite comme peau de chagrin. Dans un deuxième temps, seuls 80 forains allaient rester sur la place pendant les travaux. Soi-disant choisis selon des critères d'ancienneté et d'assiduité… Mais chassez le clientélisme, il revient au petit trot. À la sortie d'une réunion en mairie, le forain Bakouche lâche à une journaliste : « La discussion ? C'est pas une discussion, Madame, c'est une requalification. Ils requalifient les forains. […] Tu veux que je te dise comment les 80 qui resteront ont été choisis ? Par catégorie d'origine. Ils ont pris 20 de telle origine, 20 de telle autre, et ils ont nettoyé le problème comme ça. »

« La place sera totalement fermée pendant les travaux pour des raisons de sécurité et de salubrité », a finalement tranché une lettre adressée aux forains le 1er août 2018. Pompier pyromane, Mme Lota a eu le culot de rejeter la faute de l'annulation du phasage des travaux sur les forains : selon elle, ils allaient s'étriper pour une place, mettant la clientèle en danger. Elle les somme de choisir un « site de repli » parmi huit proposés. Des sites inhospitaliers, où rien n'a été préparé pour leur arrivée. Et puis, « la dame qui m'achète du tissu, si elle cherche aussi des chaussures, je vais lui dire de prendre le bus et d'aller à l'Estaque ?,interroge Raphaël. Avec quoi ils pensent, à la mairie, avec le cul ? »

Sciemment divisés par communautés, par statuts (journaliers, titulaires, pistonnés…), les gens du marché ont réagi à l'annulation du phasage des travaux. Tout le monde s'est retrouvé nivelé par le bas, partageant la même précarité quant à leur avenir. Résultat, les rangs se sont resserrés. Les journaliers, qui ne participaient pas aux mobilisations parce qu'ils allaient de toute façon « gicler », se sont joints à la protestation. En masse, plus de la moitié des marchands se sont affiliés à un même syndicat, celui des marchés de France, qui « défend une éthique des marchés populaires ».

Disperser les indésirables

Après les premières manifs, la mairie a gagné une semaine de répit avec la promesse d'une réunion sous les auspices de la préfecture. Jeudi 13 septembre à 22 h 30, après trois heures de palabres, Mme Lota fait mine de céder sur un point. Alors qu'elle affirmait que les forains devraient se réinscrire individuellement une fois la place rénovée (ce qui est illégal), voilà qu'elle jure, par écrit, que tous les titulaires seront réadmis. Tous ? Sauf ceux qui auront changé de métier, asphyxiés par trois ans de disette… Et les journaliers, sacrifiés sans considération. Si un des délégués est sorti les bras levés en signe de victoire, un camarade l'a prestement ramené à la réalité : « Oh, tu es entré forain et tu ressors syndicaliste ? »

Car la question est de savoir comment survivre pendant le chantier. Pour la relocalisation provisoire, Mme Lota consent à donner une semaine au syndicat pour « modéliser » sur plan une éventuelle installation sur le boulevard Chave, à côté de la place. Mais dès le lendemain, la maire de secteur s'offusque à l'idée de voir débouler la smala dans son quartier. Deux jours plus tard, le directeur du service des emplacements passe en coup de vent pour distiller ce qu'on savait déjà : malgré ce qu'avait annoncé La ProvenceCe sera Chave »), la promesse n'engageait personne. Retour à la case « dispersion ». À une semaine du début présumé des travaux, l'incertitude règne.

L'ombre du chantier avance comme un monstre titubant, à la fois chapacan [2] et prêt à piétiner tout ce qui permet ici la présence des indésirables. Il est là pour durer, jusqu'à ce que les gens oublient l'usage qu'ils avaient des lieux. Jusqu'à provoquer suffisamment de faillites et de fuites d'habitants pour faire table rase avant que des investisseurs bien rencardés raflent la mise. Mais cette seconde étape dans des opérations spéculatives fait souvent pschitt à Marseille. Les paysages urbains dernièrement requalifiés ressemblent à des déserts.

Qu'importe, Gérard Chenoz a toujours le mot pour rire : « Les touristes, ils ne demandent pas qu'on enlève les Arabes, blague-t-il à la fin d'une réunion avec des commerçants du quartier inquiets des effets dévastateurs du chantier. Ils veulent juste qu'on balaye un peu plus les rues. Alors je piétonnise et ça va devenir un quartier branché. » Et Hichem de traduire : « Chenoz ne parle pas comme un élu, mais comme un gouverneur colonial. »

« Ils ont voulu la guerre »

Il y a, parmi ces marchands ambulants qu'on regarde de haut, de vrais philosophes de combat. Dolapo a étudié au South Bank Polytechnics de Londres avant que les aléas de la vie l'amènent à vendre des parfums et des sous-vêtements féminins sur les marchés du sud-est de la France : « Shakespeare disait que le bien que font les hommes est souvent oublié après leur mort, mais le mal, lui, persiste. C'est peut-être ce petit goût d'immortalité que recherche Mme Lota en nous maltraitant ! » Avant de partir d'un grand rire : « Mais c'est lui faire trop d'honneur. Cette dame n'a pas la carrure d'un personnage shakespearien ! »

Samedi 29 septembre, à la fin du dernier marché, s'est déroulée une scène encore inimaginable quelques jours auparavant. Une réunion commune, où des forains et des foraines, les représentants de leur syndicat, des riveraines, des membres de l'assemblée de La Plaine, des jeunes décidés à ne pas laisser couper les arbres et quelques Insoumis ont partagé un micro ouvert pour parler stratégie. Tristesse et colère étaient étroitement mêlées. Mais aussi le sentiment qu'une situation inédite autorisait quelques espoirs. Tout n'est pas encore perdu. Que le vieux maire se sente obligé de recevoir des gens qu'il a ignorés, puis traités – la veille encore – d'illégitimes fauteurs de trouble, révèle l'instabilité de sa fin de règne. Et prouve aussi que la cause de La Plaine est maintenant reconnue dans toute la ville.

En verve, Hichem entreprenait ainsi un automobiliste coincé lors d'un blocage, le 7 septembre dernier : « Où vous allez, avec votre petite famille, quand vous voulez vous promener dans un endroit sympa, où les gens se mélangent paisiblement ? Y a pas 36 solutions : sur les plages, au stade ou au marché de La Plaine. Il faut défendre La Plaine, Monsieur, c'est le cœur de Marseille ! » Ayant grandi dans le quartier, le jeune homme à la barbe en pétard a été bercé par les chansons de Bob Marley dans l'épicerie de son père. Lui aussi utilise les armes de l'esprit : « Ils ont voulu la guerre et ils vont la perdre, parce qu'ils ne nous laissent aucune issue. Comment il s'appelait déjà, le philosophe chinois des champs de bataille ? Il disait “ Si tu veux prendre une ville, encercle-la, mais laisse une porte de sortie pour que les faibles puissent s'enfuir. Sinon, s'il est acculé, un gentil berger est capable de te tuer six ou sept soldats ”. Cette mairie, si elle voulait mettre le feu aux poudres, elle ne s'y prendrait pas autrement. »

Bruno Le Dantec

[1] Gérard Chenoz, adjoint au maire chargé des Grands projets d'attractivité et président de la Soleam, établissement public à la manœuvre dans les opérations de rénovation urbaine.

[2] « Chapacan » : « bras cassé », en marseillais.

[3] Claude Valette, ex-adjoint au maire délégué à l'urbanisme, dans Le Figaro du 18/11/2003.

CQFD n°169, octobre 2018

Stan et Ulysse, l'esprit inventif de Benjamin Hennot

17. octobre 2018 - 20:00

Bruxelles, 1940. Deux gamins se lancent dans la résistance, puis fondent un maquis, où ils multiplient les coups-d'éclat contre l'occupant nazi. Voilà le point de départ du long-métrage documentaire qu'a consacré Benjamin Hennot (auteur du très recommandé La Bataille de l'eau noire) à l'histoire de ces maquisards goût wallon : « Stan et ulysse, l'esprit inventif ». Un film aux allures de western belge, diffusé en présence du réalisateur.

Chrétiens de Gaza

17. octobre 2018 - 18:30

À l'initiative du CRI (coordination contre le racisme et l'islamophobie) et avec le soutien du Collectif 13, Palestine en Résistance.

PALESTINE 13 - Groupe marseillais de l'AFPS
Association France Palestine Solidarité
c/o La Cimade, 8 rue Jean-Marc Cathala, 13002 Marseille
asso.palestine13 chez gmail.com
www.assopalestine13.org

Réunion RESF 13

17. octobre 2018 - 17:30

de 17h30 à 19h30

resf13 chez no-log.org / 06 31 32 48 65
www.educationsansfrontieres.org

Mercredi 17 octobre Assemblée à 18h sur la Plaine

17. octobre 2018 - 17:00

Site et suivi de la lutte La Plaine, on est là - tou.te.s ensemble défendons notre quartier :
https://laplaine.noblogs.org/

Lundi 15 octobre au matin : les palissades sont en train d'être posées.
Selon un ouvrier, ils envisagent de finir l'installation des palissades dans la journée.
voir les infos de l'Assemblée. Besoin de monde.
Assemblée sur la Plaine à 18 heures

Samedi 13 octobre : appel à manifestation. Rendez-vous 14h au Cours Julien
piège et affrontement au retour des participant.e.s
16h45 : à l'issue de la manif, affrontement avec la police autour de et sur la plaine

Vendredi 12 octobre : blocs de béton pour boucher les entrées. La plaine va être grillagée pour en empêcher l'accès. Rien n'a pu être empêché ce matin. Venez à 13 h. AG à 18 h.

Jeudi 11 octobre
Sur la plaine : après l'intervention des flics anti-émeute cet après-midi avec usage de lacrymo, appel à une AG

5 arrestations ! Plus d'infos demain.

Ce matin, dernier marché sur la plaine

• 14h30 : plusieurs militant.e.s qui veulent empêcher le bouclage de la plaine.
Face à eux, des cars de crs et la police antiémeute, gazage.
• 17h : 24 camions de flics • blocage • entre 200 et 300 militant.e.s
• 18 h : les flics partent de la place
• 18 h 30 : AG

facebook de l'Assemblée :
https://www.facebook.com/assembleedelaplaine/

et le fil d'infos de mars info :
https://mars-infos.org/la-plaine-en-lutte-fil-d-infos-et-3388

Au cœur du camp d'Idomeni, en Grèce

16. octobre 2018 - 18:30

Les mouvements d'exils qui entraînent femmes, enfants et hommes sur les routes et mers du Monde, fuyant guerres ou extrême misère du quotidien, sont devenus, depuis quelques années, au cœur des débats, en l'occurrence sur le continent européen. Le miroir déformant médiatique nous empêche bien souvent de comprendre avec justesse la réalité de ces drames humains. Le cinéma se substitue ainsi, mais il n'est pas le seul, aux faux reflets renvoyés par les mass média, et nous permet de développer nos regards, évitant ainsi la caricature, aux effets dévastateurs dans le contexte européen actuel.
Ce sera le cas ce MARDI 16 OCTOBRE à partir de 18h30, à la médiathèque Boris Vian et au cinéma le Méliès de Port-de-Bouc : nous avons le grand plaisir de recevoir les deux réalisatrices, MARIA KOURKOUTA et NIKI GIANNARI, du très beau documentaire DES SPECTRES HANTENT L'EUROPE, qui nous plonge dans le camp d'Idomeni, en Grèce, situé sur la fameuse « route des Balkans ».
Avant la séance, Niki Giannari, écrivaine et poète grecque, viendra à la médiathèque échanger autour de son ouvrage Passer, quoi qu'il en coûte, co-écrit avec le grand philosophe Georges Didi-Huberman !

DÉROULÉ DE LA SOIRÉE

18h30 à la médiathèque Boris Vian - entrée libre
Rencontre littéraire avec l'écrivaine et poète grecque
NIKI GIANNARI
autour de son livre
PASSER, QUOI QU'IL EN COÛTE (Les éditions de Minuit, 2017)
Passer, quoi qu'il en coûte se compose d'une part d'un poème, en version bilingue, de Niki Giannari intitulé Des spectres hantent l'Europe (pages 11 à 21) et d'un texte de Georges Didi-Huberman intitulé « Eux qui traversent les murs » (pages 25 à 88).
Les migrants venus de Syrie, d'Afghanistan, stationnent dans un camp à la frontière gréco-macédonienne. L'incertitude des lendemains les oblige à vivre ou survivre, dans le présent perpétuel de l'attente

20h : buffet au cinéma le Méliès • 21h : projection du film
DES SPECTRES HANTENT L'EUROPE
de Maria Kourkouta & Niki Giannari
(FR/GR, 2018, 1h39, VOST)
La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakistanais, Afghans et autres) dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, pour boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l'Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les "habitants" de Idomeni décident, à leur tour, de bloquer les rails qui traversent la frontière.

SUIVI D'UN ÉCHANGE AVEC LES DEUX RÉALISATRICES


Cinéma le Méliès • 12 rue Denis Papin • 13110 Port-de-Bouc
04 42 06 29 77
cinemelies chez wanadoo.fr

Médiathèque Boris Vian • Rue de Turenne • 13110 Port-de-Bouc
04 42 06 65 54

Entrée libre à la médiathèque • Tarifs habituels pour le film au cinéma
Buffet : 7€ • Réservations conseillées au 04.42.06.29.77

Solidarité avec les salarié.e.s de McDonald's

16. octobre 2018 - 18:30

Violence patronale, répression anti-syndicale : Ça se passe comme ça chez Mac Donald !

Le franchisé de plusieurs Mac Do de Marseille a les mêmes méthodes que son enseigne : terreur, licenciements abusifs et vigiles pour casser la grève... Ketchup avarié sur le burger : du fric mis sur la table pour faire dégager les militants syndicaux !

Mac Do, c'est une longue histoire d'exploitation.

En 2017, une grève à Villefranche de Rouergue a duré six mois suite au licenciement d'un salarié. Là aussi un franchisé est à la manœuvre. Mais la patte managériale Mac Do est dans l'ombre.

Aujourd'hui aux États-Unis, de nombreux cadres de Mac Do sont accusés de pratiquer le harcèlement sexuel comme méthode de management.

À Marseille, le conflit a démarré avec la vente de six enseignes de la région à un repreneur, Mohammed Abassi, qui en possède déjà huit. Ses méthodes : intimidation et vigiles avec pour objectif la liquidation du Mac Do de St Barthélémy, considéré comme un véritable bastion.

Un patron ça licencie énormément ! Ça cogne aussi !

Grèves, occupations et manifestations sont le quotidien des salarié.e.s de Mac Do depuis cinq mois. Leur combat tenace a permis de gagner aussi au tribunal. La cession du Mac Do de St Barthélémy a été annulée en septembre.

Cependant, jamais à Marseille chez Mac Do le niveau de violence n'a été aussi haut. Au Mac Do Chave une représentante syndicale est harcelée par sa hiérarchie qui enchaine les mesures vexatoires à son encontre, elle a même été victime d'une agression ayant entrainée une ITT de 3 jours ! Et ce n'est pas un cas isolé ! du Mac Do de Félix Barret à celui de Grand Littoral, les représentants syndicaux sont harcelés, intimidés et poussés vers la porte. Placardisation, agressions verbales, agressions physiques, arme braquée sur la tête sont les méthodes utilisées contre les salarié.e.s.

Face à l'escroquerie patronale et à sa violence, l'action solidaire s'est exprimée le 9 octobre, lors de la manif intersyndicale, par l'intervention devant (et dans) 3 Mac Do, salarié.e.s Mac Do et manifestant.e.s solidaires de leur lutte côte à côte. Cette action solidaire doit se poursuivre, s'amplifier et devenir notre arme.

Rendez vous 16 octobre au Mac do Chave à 18 heures 30



Prochain rendez-vous jeudi 18 octobre devant le TGI de Marseille à 10h rassemblement de soutien
pour gagner l'annulation de la vente des 5 autres restaurants

Pour suivre la lutte des Mac Do, une page Facebook : « Christian Buisson ».
Caisse de grève en ligne : https://www.leetchi.com/c/tous-ensemble-du-13014

Premiers signataires : ATTAC Marseille, CNT-SO, CNT-STICS, LDH Marseille, NPA, Mouvement de la paix, PG, UNEF Aix-Marseille, UNL, Union syndicale Solidaires 13

Tract + Lutte des MacDo Marseille : un peu d'historique :


« 8, avenue Lénine », film de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

16. octobre 2018 - 18:30

L'association "Les roses des Aciéries", Architectes sans frontières, CCFD-Terre solidaire, LDH-Marseille, Médecins du Monde-Marseille, Rencontres tsiganes

vous invitent le 16 octobre à 18h30 à la projection de
8, avenue Lénine
un film de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

Salcuta est une jeune femme rom de Roumanie arrivée en France en 2002. Ayant perdu son mari, elle fait le choix de l'exil pour élever ses deux enfants, alors âgés de 8 et 10 ans. Dépourvue de titre de séjour, ne parlant pas français, elle a connu la vie en caravane dans un bidonville, la mendicité, la grande pauvreté, les expulsions et les reconduites à la frontière. Quinze ans plus tard, Salcuta se considère comme une citoyenne française. Logée en appartement en banlieue parisienne, travaillant pour une école de la ville, parlant parfaitement le français, mère et désormais grand-mère de petits-enfants nés en France, Salcuta a rencontré sur son chemin des Français qui ont fait le choix de la solidarité. Une histoire de lutte et d'amitié, "8, avenue Lénine", un film à ne pas manquer !

Le marché de la démocratie participative

16. octobre 2018 - 18:00

Présentation : Aujourd'hui la démocratie participative ne s'affiche plus seulement dans les discours, elle s'incarne dans des règles juridiques, des dispositifs participatifs, des services administratifs, des échanges marchands, etc. Les militants d'hier sont pour l'essentiel concurrencés par des professionnels (agents publics, consultants, salariés de grandes entreprises d'aménagement) qui vivent de l'offre de participation et ont, à ce titre, intérêt à l'entretenir. La demande de participation tend ainsi désormais à devenir la finalité et l'alibi de ce que les auteures qualifient de marché de la démocratie participative.

En s'intéressant à la construction savante de l'impératif participatif, aux luttes d'expertises professionnelles qui l'ont accompagnée tout comme à la sociologie et aux pratiques concrètes de ces acteurs auxquels les autorités publiques ont confié la charge d'animer, d'organiser ou encore d'évaluer des dispositifs participatifs, cet ouvrage rappelle combien la qualité démocratique ne peut à elle seule expliquer le développement des politiques participatives en France. Les dynamiques de professionnalisation y ont joué un rôle majeur. C'est ce que montre cet ouvrage qui éclaire également les logiques sociales et politiques de la sophistication croissante des technologies de gouvernement et plus largement l'ambivalence politique du tournant participatif contemporain. Remise en cause sur le plan symbolique par la promotion du citoyen-expert et des formes participatives de légitimation politique, la division du travail politique entre le professionnel et le profane semble en pratique plus solide que jamais.

*Magali Nonjon est maître de conférences en science politique à Sciences Po Aix et chercheuse au laboratoire Croyance, Histoire, Espace et Régulation (CHERPA). Elle est également chercheuse associée au Laboratoire Biens Normes et Contrat (LBNC).

Renseignements au 06 42 37 78 55
http://deconnomistes.org/v2/

La médiation communiste

15. octobre 2018 - 19:00

Brasserie Communale, 57 cours Julien, 13006

- L'agenda /

Karl MARX 1818-1883, un penseur de la totalité (I)

15. octobre 2018 - 19:00

Le 5 mai dernier a été célébré – ou pas – le bicentenaire de la naissance de Karl Marx. Mis à part quelques fondateurs de religions – comme Bouddha, Jésus ou Mahomet –, aucun homme n'a suscité autant de controverses ni exercé sur le monde une influence comparable à celle de Karl Marx.
Cette première conférence se propose de présenter l'homme et constitue une introduction à l'œuvre de ce penseur de la totalité.

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Tél : 06 37 26 91 62

Le vol noir des corbeaux sur la Plaine…

15. octobre 2018 - 17:00

À Marseille, la bataille de la Plaine est à peine commencée
paru dans lundimatin#161, le 15 octobre 2018

Les médias font souvent les choses à moitié. Quand La Provence publie un article intitulé « Marseille : la bataille de la Plaine partie pour durer », elle témoigne d'un sens de l'actualité tout à fait fait actuel : rivé au scoop et aux manifestations explicites de ladite « bataille ». Le journal fait alors les choses à moitié car la bataille de la plaine, évidemment, dure déjà depuis plusieurs années. Sans parler de la guerre contre la gentrification des centres-villes qui se déroule depuis plus d'un siècle, un peu partout dans le monde. Couper ces batailles et cette guerre de leur histoire permet de les réduire à des conflits périphériques sans grand intérêt. Depuis plusieurs années, donc, la municipalité phocéenne entend réaménager le quartier de la Plaine et en particulier la célèbre place éponyme sur laquelle a lieu un marché plusieurs jours dans la semaine et où nombre de gens se retrouvent pour jouer avec leurs enfants, manger un sandwich ou prolonger leurs soirées.

Alèssi Dell'Umbria est l'auteur (entre autres) d'une Histoire universelle de Marseille, De l'an mil à l'an deux mille, pavé de 792 pages paru aux éditions Agone en 2006. Attaché au quartier de son enfance, qu'il n'a jamais vraiment quitté, il nous raconte ici l'histoire de la Plaine ; celle qui se joue, maintenant.

C'est ici :
https://lundi.am/LE-VOL-NOIR-DES-CORBEAUX-SUR-LA-PLAINE

Cantine de la Rétive : Menu d'automne

14. octobre 2018 - 13:00

Un dimanche par mois nos cordons rouge et noir vous invitent à partager un repas à prix libre. La cantine est destinée à soutenir les finances de la Rétive.

N' ayant ni mécène, ni subvention, tant qu' il y aura de l' argent… il en faudra pour la Rétive !

(Pas d'alcool prévu. Chacun ramène sa boisson à partager).

==> Et toujours ouverture de la bibliothèque et permanence les mercredis
et samedis après-midi de 15h à 19h.

laretive chez riseup.net • https://laretive.info/

Rassemblement pour le Traité d'interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

14. octobre 2018 - 10:30

Départ en car de Marseille :
9 h 15 Fac Saint Charles

• 10h30 : Accueil terrain de sport de Istres - Stands - Buvette
• 11h : Scène musicale pour l'abolition des armes atomiques
• 12h : Table-Ronde "Les conséquences humanitaires des armes nucléaires"
• 12h45 : Table-Ronde "Le Traité d'interdiction des armes nucléaires, Obtenir l'engagement de la France"
• 13h30 : Scène musicale pour la Paix
• 14h30 : Départ de la Marche pour l'interdiction et l'abolition des armes atomiques en direction de la base militaire
• 15h : Prises de paroles, interpellation du Président de la République et lancement d'un appel à l'opinion publique
Avec des représentants du Mouvement de la Paix, de la CGT, de la Croix-Rouge, de l'AMFPGN, du Bureau international de la Paix, de la campagne ICAN,...

Mouvement de la Paix : 45 rue de Forbin - 13002 Marseille - 13 chez mvtpaix.org
Tél : 06 79 53 96 41 - 06 88 43 79 93

Evelyn Cornejo, Mano Lopez et le Duo Melissa Nefelli

13. octobre 2018 - 20:00

MELISSA NEFELI Duo :

Né au Chili, de la rencontre entre Melissa “Nefeli” (auteure compositrice interprète, chanteuse et bassiste d'origine lyonnaise) et Rodrigo Leviman (multi-instrumentiste et ingénieur du son chilien), le duo débarque en France à partir de cette année pour s'ouvrir aux scènes européennes, pour le plaisir de nos oreilles et de nos consciences !
De la virtuosité, des voix, de l'émotion, Melissa Nefeli et Rodrigo Leviman en offrent à tous les horizons, par-dessus les clichés culturels, une poésie multilingue et engagée, tantôt festive, tantôt tragique… Des mots et des sons qui viennent vous cueillir au plus profond de votre quotidien, vous envouter, vous dessiner une portée entre deux continents

En 2017, Melissa Nefeli sort au Chili son premier album studio de longue durée “Migrantes”, un métissage de langues, de cultures et d'émotions, dans l'héritage de la chanson française et de la “nueva canción” latinoaméricaine, situé au carrefour entre différents styles musicaux, de la world music au folk-rock, avec une pincée de jazz, de rythmes électroniques, du hip-hop au trip-hop, le tout fortement imprégné de leurs racines latino-américaines.
melissanefeli.com

EVELYN CORNEJO :

Auteure compositrice interprète aux textes engagés, considérée au Chili comme la nouvelle Violeta Parra, influencée par la “nueva canción” et le folklore latinoaméricain. Elle se présentera en acoustique lors de cette tournée.
https://youtu.be/M__oyzIMRfU

MANOLO PEZ :

Auteur compositeur interprète chilien. Chanson, folklore latinoaméricain, acoustique.
https://youtu.be/JPRLsUBp7BA

MANIFESTEN • contact chez manifesten.fr • 04 91 53 40 79 • https://www.facebook.com/manifesten

L'ordre contre l'harmonie : anthropologie de l'anarchie par Charles Macdonald

13. octobre 2018 - 17:00

L'ethnologie, ou l'anthropologie, en tant qu'étude de formes différentes de vie collective, peut-elle jouer un rôle de critique sociale ?
Charles Macdonald, auteur d'un ouvrage intitulé L'Ordre contre l'Harmonie (Éditions Petra, 2018, 336 pages, 25 euros. Disponible au CIRA le jour de la causerie) pense que oui. Dans cet ouvrage Charles Macdonald avance que Homo sapiens a vécu sous deux régimes fondamentalement opposés de vie collective. L'un est anarchique et grégaire (il n'y a pas de pouvoir mais une cohésion qui vient d'ailleurs), l'autre est hiérarchique et « social » (il y a du pouvoir et la cohésion en dépend principalement).

C'est dans ces termes que l'auteur développe un modèle attesté par des applications historiques, ethnographiques et sociologiques concrètes (notamment Cosaques, pirates, Inuit, Palawan, communautés hippies et post-catastrophiques) dont le nombre et la variété infinis au cours de l'histoire récente et ancienne démontrent l'existence universelle dans notre espèce d'une aspiration anarchique. L'anthropologie de cette façon valide et prolonge les idées des penseurs et militants anarchistes.

On abordera aussi d'autres thématiques, celle de la violence collective et celle du rôle évolutionnaire de la coopération, thématiques qui sont au fondement d'une théorie des organisations anarchiques et sociales.

cira.marseille chez gmail.com / http://cira.marseille.free.fr

2e marche pour le climat

13. octobre 2018 - 15:00

Demain, LE SAMEDI 13 OCTOBRE 2018 auront lieu partout en France les deuxièmes marches pour le climat.

A Aix-en-Provence aussi , des citoyens se mobilisent pour dire #ilestencoretemps !
Parce qu'on est tous déterminés à faire de l'écologie notre priorité, pour préserver la biodiversité, pour agir contre le changement climatique.
Parce qu'on veut tous empêcher la catastrophe que prévoient les climatologues si l'on n'inverse pas la tendance dans les deux ans qui viennent.
Parce que c'est notre devoir de protéger notre planète. Parce qu'il faut agir fort et vite. Parce que le temps des petits pas est révolu.
Parce que les politiques ont fait des promesses qu'ils n'ont pas tenues.

Le 13 Octobre 2018 mobilisons nous ! Rendez-vous place de l'hôtel de ville à 15h.

○ 15h-15h30 Rassemblement et prise de parole.
○ 15h35 Départ de la marche avec une surprise pendant le trajet
○ 16h30 Arrivée à l'office de tourisme, prises de paroles + débriefing échanges
○ 18h30 Fin du rassemblement

La Marche se déroulera de l'Hôtel de ville jusqu'à l'Office de tourisme en passant par le Cours Mirabeau !

Consensus de mobilisation :

* Cette journée est portée par des citoyen.ne.s, réseaux, mouvements, associations ou syndicats qui partagent le contenu du manifeste d'appel ;
* Nous voulons un mouvement créatif et populaire dans lequel toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent s'impliquer ;
* Toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent participer à cette mobilisation en portant sur elles/eux leurs messages et/ou couleurs de leurs organisations (badges, autocollants, tee-shirt) ;
* Pendant le rassemblement sur le parvis de l'hôtel de ville, il est demandé à chaque organisation de respecter le caractère citoyen de l'événement en n'affichant pas de drapeaux ou banderoles avec logos ;
* Durant la marche, les organisations qui souhaitent défiler avec leurs drapeaux ou banderoles sont invités à le faire à la fin des marches en respectant l'ordre suivant : associations, syndicats, partis ;
* Des prises de paroles au nom de communautés impactées par le changement climatique et/ou au nom des organisateurs.trices peuvent avoir lieu au cours de cette mobilisation ;
* Les organisations politiques qui le souhaitent peuvent relayer la mobilisation et soutenir les événements, mais sans les organiser ;
* PAR CONTRE, nous nous opposons à toute tentative de récupération de cette mobilisation à des fins individualistes, commerciales, nationalistes, réactionnaires ou violentes.

le lien vers l'évenement facebook qui mobilise déjà plus de 300 participants et plus de 900 intéressés : https://www.facebook.com/events/1006071636220141/

Hommage à Samir Amin,le Baobab de la pensée anti-impérialiste

13. octobre 2018 - 15:00

Samir Amin est décédé le 12 août 2018 à l'âge de 87 ans. Cet économiste franco-égyptien diplômé en Sciences économiques a su très tôt articuler un travail théorique d'une immense densité avec l'action militante. Il s'engagea dès le milieu des années 1950 auprès des initiateurs d' expériences progressistes africaines (programme de nationalisation en Égypte de Gamal Abdenasser, mise en œuvre de la planification au Mali de Modibo Keïta, plans d'industrialisation de l'Algérie de Houari Boumédiène, etc..) . Il prit part ensuite aux expériences anti-impérialistes de l'Amérique Latine. On le verra enfin s'investir pleinement au début des années 1990-2000 dans l'altermondialisme en prenant des responsabilités importantes au sein du forum Tiers Monde et de celui des Alternatives, laboratoires des conceptions théoriques de ce qui est advenu par la suite le cœur des débats au sein des forums sociaux mondiaux (FSM).

Découvrir le personnage Samir Amin, retracer son parcours de chercheur-militant, échanger sur les voies et moyens de poursuivre son action, sont les raisons qui ont présidé au sein de la section marseillaise du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP-Marseille) à l'organisation en collaboration avec la librairie Transit d'un après midi hommage à ce Baobab de la pensée anti-impérialiste.

Cela se passe le

SAMEDI 13 OCTOBRE 2018 À 15 H
Au local de SOLIDAIRES
(29 Boulevard Longchamp 13001 Marseille)

Au programme

Film documentaire autour de SAMIR AMIN suivi d'une débat animé par SAID BOUAMAMA, membre de la section Nord-Pas de Calais du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP 59/62).
Mise à la disposition du public par le librairie TRANSIT des ouvrages de SAMIR AMIN.

 
 
 
 
DESIGN DARK ELEGANCE | PORTED FOR DRUPAL 6 | ADAPTE PAR: JEREMY BASTIDE 

Powered by Drupal, an open source content management system