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Les paysans en France : résistances, luttes et conscience sociale du Xe au XIXe sièclearticle

14. novembre 2017 - 19:00

Les paysans ne sont longtemps apparus qu'au moment de leurs révoltes - ce qui pourrait laisser croire que leur quotidien n'est que conflictuel - dans les archives judiciaires, policières, dans les rapports des officiers royaux, avant qu'ils ne prennent eux-mêmes la parole, lors de la rédaction des cahiers de doléances.

Appréhender les paysans par leurs révoltes, c'est s'interroger sur le sens de leur mobilisation et de sa cohérence. Celles-ci s'inscrivent, entre autres, dans la résistance au long processus de remise en cause théorique et pratique des droits collectifs et plus généralement des communs, et à travers eux des communautés paysannes ; processus par lequel s'est finalement imposée une conception exclusive et absolue de la propriété.

Appréhender les paysans par leurs révoltes, c'est aussi s'interroger sur leur politisation, qui ne saurait donc se résumer à une inévitable intégration à l'espace politique national dans le cadre de la démocratie libérale et d'un système représentatif. Cette étude sur les paysans s'arrête au XIXe siècle, dans la France de la troisième République, période où les paysans constituent toujours la majorité de la population française : moment paradoxal, à la fois apogée de la France rurale -"la République en sabots"- et prélude à la "fin des paysans" et à "la fin des terroirs", à la transformation du paysan en agriculteur.

Le cycle se poursuivra les mardis 26 septembre ; 3,10 et 17 octobre ; 7, 14 novembre 2017, de 19 à 21 heures.

Conformément à l'esprit de l'Université populaire, les cours sont gratuits, sans inscription, et laissent une large place à la discussion après l'exposé.

P.-S. : Les séances précédentes sont en ligne sur YouTube, en tapant "Université populaire de Marseille".

Cantine de soutien à la CASOCO

14. novembre 2017 - 12:30

La CAntine de SOlidarité des COpains Copines (CASOCO) fait chauffer les fourneaux de la Dar Lamifa tous les 2ème mardi du mois à partir de 12H15.
L'idée de la CASOCO est assez simple, on met les grands plats dans les petits et on cuisine un chouette repas à prix libre avec les légumes des jardins des potes et de la récup' d'içi et là !
Grâce au prix libre, on nourrit la caisse de solidarité des copains et copines et on reverse chaque mois la thune vers des collectifs de soutien, des projets amis, des caisses de grève ou pour aider des amies.s en galère.
Ça permet de soutenir collectivement les appels à besoins d'argent et de mettre en place des formes d'entraide concrètes pour répondre aux besoins.

Adresse : 127 rue d'Aubagne Marseille, Bouches-du-Rhône 13006 France
Téléphone : +33 9 81 88 04 05

Ptit-Dèj entre usagères et proches d'usagers de drogues

14. novembre 2017 - 10:30

La Quinzaine féministe organise mardi 14 novembre dans le cadre de sa 3e édition (9-18 nov), un "Ptit-Dèj entre usagères de drogues" à l'Equitable Café, de 10H30 à 14H00. Prix libre
Il s'agit d'un accueil spécifique aux femmes, usagères ou ex-usagères de drogues, et/ou proches d'usagers dans leur entourage familial.
Ce rendez vous sera hebdomadaire, tous les mardi matin, pour un petit-déjeuner collectif destiné à partager un moment convivial, de permettre un espace de parole et ainsi de rompre l'isolement.

En Visages/ Equitable Café : 54 Cours Julien, 13006 Marseille
Téléphone : 06 67 83 44 22
https://www.facebook.com/equitablecafe/

Vierge indienne et Christ noir - I à X

13. novembre 2017 - 22:02

I. La Morena
Nous avons pu avoir le sentiment que, pendant les trois siècles de la colonie, les créoles avaient gardé le contrôle de la pensée et, par là même, du contenu donné à la Vierge de Guadalupe, faisant en sorte que le contenu apporté par les peuples indiens restât confiné dans la clandestinité, dans l'intimité d'une pensée opprimée. En 1810, ce contenu leur échappe brusquement, l'initiative appartient au petit peuple des campagnes du Michoacán, ou plutôt aux Purépecha qui se soulèvent pour rejoindre, sous l'étendard de la Vierge, Miguel Hidalgo, le curé messie et le général en chef de « l'armée de la liberté ». Ce peuple en armes donne, dès le départ, un contenu messianique à l'image de la Vierge : elle est comme l'image d'une liberté recouvrée, annonciatrice d'un nouveau soleil ou Âge cosmique, et elle va les soutenir dans leur lutte contre l'oppresseur. Pour ces paysans indigènes armés, l'oppresseur n'est pas uniquement le bureaucrate espagnol (« mort aux gachupines ! »), il a un visage beaucoup plus proche d'eux : celui du riche colon, du propriétaire des mines ou du grand propriétaire terrien...
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II. La Vierge indienne et le Christ noir
Avec la Morena, la Vierge à la fois indienne et métisse, nous touchons à une subtile continuité derrière la différence plus ou moins affichée des croyances. Au XVIe, XVIIe et même au XVIIIe siècle, les pèlerins qui visitaient le sanctuaire du Tepeyac rendaient un culte à deux divinités bien différentes ; ils suivaient des chemins parallèles qui ne pouvaient pas se rencontrer. Les uns faisaient dévotion à la Vierge chrétienne, dont la figure s'est enrichie de contenus différents au cours de l'histoire de la colonie ; les autres continuaient à rendre un culte à Tonantzin, la déesse Mère des Mexica. Les métis de luxe devaient tirer leur foi du côté créole ; quant aux métis pauvres, leur penchant devait les tirer du côté indien. Peu à peu cette population métisse va prendre de plus en plus d'importance aux dépens de la population créole proprement dite et de la population indienne...
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III. La Guadalupe des barricadas
En 2006, au cours de l'insurrection de la population de l'État d'Oaxaca, la Vierge de Guadalupe était représentée sur les barricades portant un masque à gaz, c'était la Vierge métisse des insurgés dans les quartiers populaires de la ville, la virgen de la barricada. De 1994 à nos jours, les insurgés indiens et zapatistes du Chiapas représentent la Vierge de Guadalupe le visage en partie dissimulé par un paliacate, le foulard rouge des zapatistes. C'est la Vierge indienne des peuples insurgés. La Vierge au masque à gaz et la Vierge au foulard rouge ne se sont pas encore vraiment rencontrées, et pourtant…
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IV. La liturgie du sacrifice
La conquête du Mexique a consisté à mettre fin à une organisation sociale complexe en étroite relation avec un système de pensée tout aussi complexe pour lui substituer l'ordre du vainqueur, lui-même intimement lié à tout un système de pensée, le christianisme. Hernán Cortés s'est avéré un diplomate redoutable, sachant conclure des alliances circonstancielles tout en poursuivant une fin terrible : la soumission absolue ou l'anéantissement. Les conquistadores étaient des prédateurs, le bras armé et impitoyable de l'Empire chrétien d'Occident. Quand il ne leur était pas possible de soumettre entièrement les peuples, ce qui a pu se passer avec les tribus nomades du Nord ou les tribus caraïbes du Sud, les conquérants ne voyaient pas d'autres alternatives que l'élimination physique pure et simple ; c'est ce qu'écrivait un conquistador de la côte caraïbe qui, jugeant les peuples de cette région trop « sauvages » et indisciplinés pour se plier au travail, prit la décision de les tuer tous. Partout ailleurs, le macehual ou paysan indigène fut réduit à travailler pour le vainqueur après avoir travaillé pour l'aristocratie aztèque ou maya. Dans ce passage d'une domination à l'autre, la condition du macehual a pourtant changé de façon draconienne, la civilisation chrétienne étant par « nature » et par conviction fondamentalement esclavagiste...
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V. Je suis celui qui vient accomplir vos propres prophéties
Le tun, pour les Mayas, est une année de 18 mois de 20 jours chacun (360 jours), le haab correspond à notre année solaire (365 jours) ; vingt tunes forment un katún ; treize retours d'un katún correspondent à 256 années. Ce calendrier solaire est complété par un calendrier rituel, le tzolkin de 260 jours, chaque jour possède un numéro de 1 à 13 et un nom d'une liste de vingt noms. Le travail de prédiction joue sur la correspondance entre ces calendriers et sur le retour cyclique des mêmes occurrences. Au calendrier lunaire et au calendrier solaire s'ajoute un troisième calendrier, qui est le calendrier vénusien, ce qui reporte les chances du retour d'une même occurrence tous les treize katunes ou 256 ans, c'est le cycle le plus long. Cette roue des temps où s'emboîtent et s'imbriquent dans un système d'une grande complexité les dents des différents cycles détermine et écrit le destin des êtres, des civilisations et des dieux. Les Mayas croient à la réitération constante de l'histoire. Dans ce poème tiré du livre prophétique du Chilam Balam de Chumayel, à la date du 8 Ahau du grand cycle de treize katunes, correspond une période de dévastation, la ville est détruite et occupée et ainsi de suite tous les 256 ans...
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VI. L'aigle et la pucelle
Nous pouvons nous interroger sur la disproportion qui existe entre la relation que donnent les Espagnols de cette bataille, qui ne mérite que quelques lignes dans le compte rendu qu'en fit Alvarado, et l'épopée indienne. Ce qui n'est pour les conquistadores qu'une péripétie prend pour les Indiens la dimension d'une tragédie comparable à l'exode des Juifs au VIe siècle avant J.-C. Nous pouvons supposer que cette déportation, qui a pris une dimension apocalyptique pour le peuple juif, marquant un tournant décisif dans son histoire, impressionnant d'une manière indélébile la mémoire collective, n'aura donné lieu qu'à quelques commentaires du côté de Babylone, où cette affaire a dû se présenter pour Nabuchodonosor comme une banale décision entrant dans la logique de la conquête. Du côté hébreux comme du côté quiché, il s'agit de prendre date pour ne pas entrer dans un fatal processus de décomposition.
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VII. L'être et ses autres
Pour le chrétien, l'individu est séparé entre l'esprit (l'âme) et le corps (le physique), entre une entité immortelle, l'âme, ou l'être ; et une part mortelle, perçue comme naturelle, c'est-à-dire comme une réalité non spirituelle. Et l'âme, ou l'esprit, commande et domine le corps comme l'homme domine la nature. La mort libère l'âme prisonnière ou enfermée dans le corps. Pour la pensée mésoaméricaine, le corps-physique tel que nous l'entendons n'existe tout simplement pas, seul existe un corps métaphysique, un corps qui se présente comme une actualisation de l'être, comme une modalité de l'être. El ch'ulel está en nuestros brazos, en nuestras piernas, en todo nuestro cuerpo (le ch'ulel est dans nos bras, dans nos jambes, dans tout le corps) disent les Indiens chols du Chiapas ou encore : El ch'ulel puede residir al mismo tiempo en el cuerpo humano y en un lugar mítico, o al cielo o una montaña sagrada denominaba Ch'ubal (le ch'ulel peut résider en même temps dans le corps humain et dans un lieu mythique, au ciel ou dans une montagne sacrée appelée Ch'ubal) précisent les Indiens tzeltals et tzotzils du Chiapas. El ch'ulel est un concept difficilement traduisible, dans la mesure même où c'est un concept maya, lié à un mode de vie, à une civilisation et à son histoire, et qui ne reçoit donc pas tout à fait le même contenu que celui que nous donnons au mot âme ou au mot être...
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VIII. Des miracles à gogo
Au tout début du XVIIIe siècle, entre 1708 et 1713, les hautes montagnes du Chiapas dominant la vallée du Jovel, où s'élevait la ville coloniale de Ciudad Real, furent le théâtre d'une série de miracles. Les saints catholiques semblaient montrer un intérêt grandissant pour le monde indigène au point de s'adresser directement aux Indiens sans passer par la médiation de l'Église. La hiérarchie catholique s'est vite inquiétée de cette surprenante et rapide dévotion des indigènes envers la Vierge ou de l'intérêt manifestée par la Vierge pour les peuples indiens. Toute cette passion religieuse pour les saints catholiques, et en particulier pour la Sainte Vierge, devait culminer en 1712 dans la ville indienne de Cancuc pour déboucher, suite à l'opiniâtre hostilité de l'Église, sur une insurrection armée. Cette insurrection allait vite s'étendre pour couvrir une vaste région et tenir en échec, pendant presque un an, les troupes espagnoles de la Province du Guatemala...
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IX. Le soulèvement des Zendales

« Une jeune Indienne de Cancuc appelée María de la Candelaria âgée de treize ou de quatorze ans, mariée à Sebastián Sánchez, Indien de cette ville, a dit à une femme indigène appelée Magdalena, aujourd'hui décédée, que la très sainte Vierge lui a parlé près de sa maison, qui se trouve hors de la ville ; elle lui a dit qu'elle devait ériger une croix avec une bougie dans le hameau et que tous devaient l'encenser, ensuite ils devaient lui construire une chapelle. Leur ayant fait cette révélation et ceux-ci l'ayant crue, Sebastián Sánchez, Agustín López, le père de María et Nicolasa Gómez, son épouse, ont élevé la croix et tout le monde venait pour l'encenser. »
(Déclaration de Juan García le 12 décembre 1712.)


Quand le curé de la paroisse, frère Simón de Lara, apprit cette nouvelle, il fit fouetter la mère, le père et la fille, et transporter la croix dans l'église du village. Pourtant devant la sourde hostilité des gens du village, le curé s'est vite trouvé isolé et les indigènes, passant outre à l'opposition de frère Simón de Lara entreprirent d'élever une petite chapelle sur le lieu de l'apparition de la Vierge...
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X. Le catholicisme indien ou les revers de la colonisation
En choisissant d'apparaître à une Indienne dans le voisinage du village de Cancuc ce mois de juin de l'année 1712, la Vierge place d'emblée les Indiens sur le même pied d'égalité que les Espagnols quant à leur relation au sacré. Elle choisit son camp, qui est celui de l'universalité : tous les humains sont égaux devant elle, les Indiens comme les Espagnols. Au départ, il ne s'agit pas tant de se rebeller que de mettre les Espagnols et l'Église face à leur contradiction entre enseignement et réalité. D'un côté l'Église espagnole enseigne que tous les hommes sont égaux en Jésus-Christ, de l'autre elle cherche à garder le monopole du divin (ou le monopole de la relation au divin, ce qui revient au même), qui consacre l'inégalité entre Espagnols et Indiens. C'est donc en toute bonne foi qu'une délégation des autorités indiennes de Cancuc se rend le 23 juin à Ciudad Real auprès de l'évêque pour lui demander l'autorisation d'élever, sur les lieux de l'apparition, une petite chapelle dédiée à la Vierge. Les membres de la délégation sont aussitôt emprisonnés. La réaction espagnole et en particulier celle de l'Église ne se font pas attendre : il s'agit pour l'Église de préserver l'ordre colonial dont elle est partie prenante et le garant jusque dans les hameaux les plus reculés : les Indiens n'ont plus la pensée de leur activité sociale, ils travaillent désormais sous le joug de la civilisation occidentale et chrétienne, sous le joug de l'Empire chrétien d'Occident, point final. Le pouvoir de la pensée est confisqué par l'autorité coloniale qui, à travers le tribut et le travail forcé, maîtrise l'ensemble de l'activité sociale au Mexique. Les Indiens voient leur vie sociale réduite à la communauté villageoise dans les terres de mission et leur vie politique limitée à ce que l'on a appelé « la République des Indiens », espaces bien circonscrits et sous tutelle des autorités ecclésiastiques et laïques...
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Craintes et tremblements...

13. novembre 2017 - 22:00

Le 7 septembre 2017, un séisme d'une magnitude de 8,2 a frappé le Sud du Mexique, principalement les États de Oaxaca et du Chiapas. L'épicentre se situait dans l'Isthme de Tehuantepec où 78 morts furent recensés dont 37 dans la seule ville de Juchitán. Près de 60 000 maisons furent partiellement ou totalement endommagées. Dans cet article, Alèssi Dell'Umbria nous explique la manière dont les gouvernants utilisent la catastrophe pour assoir un peu plus leur pouvoir sur des populations rétives. Notons qu'une soirée de soutien est organisée à Marseille le 15 novembre prochain.

Tout le monde sait, depuis la destruction de New Orleans en 2005, que la catastrophe naturelle est devenue un élément décisif dans les schémas de gouvernance.

Le 7 septembre 2017, un séisme d'une magnitude de 8,2 a frappé le Sud du Mexique, principalement les États de Oaxaca et du Chiapas. L'épicentre se situait dans l'Isthme de Tehuantepec où 78 morts furent recensés dont 37 dans la seule ville de Juchitán. Près de 60 000 maisons furent partiellement ou totalement endommagées. Le 14 septembre, des pluies torrentielles vinrent aggraver le sort des sinistrés sans toit.

La solidarité assurée par des organisations indigènes ou des réseaux mis en place pour l'occasion a heureusement permis dans un premier temps de ravitailler les gens de l'Isthme et parer au plus pressé.

Parallèlement, le gouvernement fédéral dépêchait mille huit cent militaires dans l'Isthme. Ils y sont toujours, officiellement chargés de distribuer les dons provenant de diverses instances gouvernementales et d'organisations civiles type Croix Rouge. Le gouverneur de l'État, Alejandro Murat, a annoncé que toute opération d'aide aux sinistrés devrait passer par les forces armées, sous l'argument d'éviter que celle-ci puisse être utilisée comme butin politique -–et la soldatesque s'est empressée de remettre les vivres et fournitures aux élus du PRI et de la COCEI qui les ont redistribué à leurs seuls affiliés… Inversement, à plusieurs reprises des convois apportant l'aide d'organisations autonomes ont été bloqués par les militaires, et n'ont pu passer qu'après de laborieuses tractations.

Le 19 un tremblement de terre d'une magnitude de 7,1 a frappé cette fois la capitale, Mexico, et l'État voisin du Morelos, tuant 331 personnes. Les jours suivants, les camarades de Mexico dénonçaient la même stratégie que celle appliquée dans l'Isthme : « Sur les lieux du désastre, l'Etat s'interpose entre ceux qui travaillent pour éviter même qu'ils puissent communiquer et se coordonner entre eux (…) De ce que nous pouvons en apprécier, l'armée arrive sur les lieux de désastre, là où le peuple participe avec succès depuis des heures et des jours au sauvetage de vies en danger, et de manière autoritaire, met de côté les secouristes pour prendre le contrôle des lieux afin d'opérer de manière complètement inutile, en augmentant le risque de décès de ceux qui sont restés coincés sous les décombres. » [1] Les mêmes soldats qui se font filmer par les médias après une opération de secours menée en réalité par de simples civils, décrètent que tels ou tels décombres doivent être déblayés au bulldozer et bloquent tout accès – et tout espoir de dégager d'autres survivants. Les habitants des quartiers sinistrés, non contents d'avoir perdu leur maison et parfois un proche, perdent aussi le contrôle des opérations de sauvetage. Il s'agit bien pour l'État de court-circuiter la communauté en train de se constituer à partir d'un territoire sinistré.

Migrants d'Amérique centrale de passage dans l'Isthme qui se sont déroutés pour aider les gens à déblayer les décombres.
C'est dans le cadre du Plan DNA-III, qui définit les attributions de l'armée en cas de catastrophe naturelle, que les soldats ont été déployés [2]. De façon générale, dans les pays d'Amérique latine, l'État intègre de plus en plus systématiquement la gestion des catastrophes naturelles dans ses projections, lesquelles octroient un rôle prépondérant aux forces armées. Le fait d'intervenir pour « aider les gens » justifie une présence militaire destinée à durer dans des zones à problèmes, tout en esquivant les critiques. L'assistance humanitaire ainsi pensée et organisée fonctionne en dernière issue comme une technique de contre-insurrection préventive. Il se trouve que l'Isthme constitue une zone géostratégique convoitée par de nombreux investisseurs et différents plans se sont succédés dans le but d'en faire un corridor industrialo-portuaire reliant le Golfe au Pacifique. Depuis plusieurs années, les communautés indigènes y sont mobilisées contre les mégaprojets éoliens et à présent contre des projets miniers [3]. La présence militaire pourrait donc se prolonger, et cet état d'urgence durer…

Tous les pueblos de l'Isthme impliqués dans la lutte contre les mégaprojets éoliens ont été gravement touchés : San Dionisio del Mar, San Mateo del Mar, Unión Hidalgo, Juchitán. [4] A San Dionisio ainsi qu'à la colonia Alvaro Obregón de Juchitán, où l'assemblée communautaire ne reconnaît plus les autorités officielles à la suite du conflit éolien, la majorité des familles s'est trouvée exclue des secours officiels.

***
La catastrophe n'est pas seulement le tremblement de terre, elle est aussi ce qui advient à sa suite. Car il s'agit de reconstruire radicalement l'espace des villes et villages sinistrés en faisant table rase. La catastrophe a l'avantage de couper court à toute contestation. Ainsi les bombardements aériens de la Seconde Guerre mondiale ayant habitué les gens des villes, en Europe, à subir des démolitions radicales, les autorités purent ensuite en opérer d'autres, cette fois à ras du sol et en temps de paix : sans cette résignation au désastre, les politiques urbaines fonctionnalistes de la seconde moitié du XX° siècle n'auraient pu balayer si facilement des siècles de culture urbaine, sédimentées dans ces quartiers détruits. Plus récemment les habitants de L'Aquila, en Italie, frappés par un tremblement de terre meurtrier en 2009, ont payé pour savoir que la gestion de la catastrophe et la catastrophe de la gestion ne font plus qu'un.

Qu'elle soit d'origine naturelle ou industrielle, qu'elle prenne la forme d'un tremblement de terre, d'un tsunami, d'une fuite toxique ou d'un bombardement aérien, la catastrophe réduit ses victimes à la vie nue, condition politiquement insignifiante et rêvée pour les gouvernants. Dans l'Isthme, il s'agit de précipiter l'occidentalisation des indigènes, condition d'une colonisation industrielle de la région qui pour l'heure se heurte à des résistances. Une reconstruction aux normes, confiée à des entreprises du BTP liées aux partis politiques, permettra d'effacer les modes d'habitat traditionnels. Une fois rasées les maisons traditionnelles d'adobe, de brique, de tuiles et de bois, les relogés devront se caser dans les cubes de béton de 50 m2 type Infonavit. Et tant pis s'ils n'auront plus de patio où suspendre leurs hamacs : il leur suffira de contracter un crédit pour s'acheter des sofas et faire salon… Et tant pis si le béton accumule la chaleur, il leur suffira de s'acheter des ventilateurs ou des climatiseurs...

« Comment pourrions-nous vivre sans nos patios traditionnels ? » s'interrogent les Istmeños sinistrés. Leurs formes de vie, inscrites dans la construction même des maisons, sont directement menacées et si beaucoup se sont laissés abuser, acceptant de laisser démolir des maisons qui auraient pu être réparées, d'autres s'organisent : 'Nous qui sommes du Conseil Citoyen pour la Reconstitution de Unión Hidalgo et des Pueblos de l'Isthme sommes opposés aux démolitions, à moins que la maison soit complètement affaissée, il s'agit d'un attentat contre notre patrimoine historique et culturel...'

C'est clair que dans leur hâte à démolir, et les gens s'en sont rendus compte, ils se font un business bien juteux : la location de machines est facturée à chacun à plus de 500 pesos l'heure et les transports de décombres qui sont déposés dans des lieux inadéquats comme le terrain de sport ou sur les chemin charretiers ou sur le bord de la route, sont facturés aux environs de 300 pesos, tout un business de la démolition… et il n'est pas surprenant que les entreprises éoliennes soient impliquées là-dedans, en tout cas certaines des machines et camions portent une bâche avec le nom de Éolica del Sur, Demex ou Acciona. Le pire est qu'ils abusent des gens en leur disant que s'ils n'acceptent pas la démolition ils ne recevront pas la carte...' déclare un camarade de Unión [5]. En effet, chaque famille sinistrée est censée recevoir du gouvernement fédéral une carte ouvrant un crédit de 120 000 pesos maximum, la moitié en matériel de construction. Une somme insuffisante pour bâtir une maison digne de ce nom, et qui les obligera à s'en remettre à des entreprises travaillant à bas prix…

« Nous attirons aussi l'attention sur la tentative de spoliation et de déplacement forcé des victimes…Tant dans les communautés rurales que dans les villes affectées, les désastres servent de prétexte pour nettoyer de leurs habitants les zones ayant de l'intérêt pour le grand capital. Dans les villes, principalement à Mexico, le séisme sert à accélérer le processus de gentrification et à distribuer de nouveaux terrains aux mafias immobilières associées aux politiciens de toutes les couleurs politiques… » déclarent en écho les camarades de Mexico.

En ce moment nos amis et camarades de l'Isthme mettent en commun leurs efforts et leurs savoir-faire afin de reconstruire leurs maisons, comme un tequio de longue haleine [6]. Nous invitons à les aider. Des soirées de soutien seront organisées, la prochaine aura lieu à Marseille le 15 novembre, au Molotov, 3 place Paul Cézanne à partir de 18 h. Il s'agit juste de soutenir des gens qui, ces dernières années, ont courageusement résisté et défendu leurs terres et leur territoire. L'argent récolté sera remis aux assemblées communautaires en lutte, contre un reçu attestant qu'il ne s'est pas perdu en chemin, dans les faux frais d'une quelconque ONG…

Alèssi DELL'UMBRIA

[1] Déclaration de brigadistes et solidaires adhérents et sympathisants de la Sexta, réunis au Café Zapata Vive, Mexico DF, le 21 septembre 2017.

[2] Alejandro FRENKEL, Lucas MAGLIOLA, Defensa, Fuerzas Armadas y desastres naturales : ¿cooperación o militarización ?

[3] L'un de ces projets éoliens, auquel s'opposent les habitants de San Blas Atempa, est d'ailleurs destiné à fournir en électricité la base aérienne militaire de Ixtepec…

[4] Pueblos que l'on voit dans le film 'Istmeño, le vent de la révolte'.

[5] Déclaration de Carlos Manzo, 7 octobre 2017.

[6] Le tequio est un travail collectif et bénévole au service de la communauté, pour des taches d'entretien ou de construction le plus souvent. Se dérober à l'obligation morale du tequio est considéré comme une honte.

Vide-grenier musical au profit de l'espace BRICABRACS

12. novembre 2017 - 9:00

Les espaces éducatifs Bricabracs, la Cantine de Midi et Résilience13 appellent à une journée festive autour d'une grande braderie solidaire au profit de Bricabracs qui connaît quelques difficultés financières en cette rentrée 2017.

Ce sera le dimanche 12 novembre à partir de 9H jusqu'à 18H avec au programme, outre le Vide-grenier, une buvette-snack et des animations musicales : à 11H la chorale La Lutte enchantée, à 13H le groupe Blues Anarseillais et à 14H le karaoké "Sing or die karaoké. Des projections vidéos sont également prévues au cours de la journée.

D'autres associations apportent également leur soutien à cette manifestation, comme Hors gabarit, Primitivi, la paroisse de Terre nouvelle, 1,2,3, Tralalère, En chantier, Artup13, Graine de son et l'Armée du salut.

Renseignements et réservation des places pour le vide-grenier : tel 0781418209
Parc de Terre nouvelle, 68 chemin des Baumillons, 13015 Marseille. Bus 97 (centre Bourse - Hôpital Nord)

Apéro allemand de CQFD

11. novembre 2017 - 20:00

Le journal CQFD invite le collectif de chômeurs Basta de Berlin avec l'illustre Olivier Cyran, journaliste au Diplo et CQFD et néanmoins auteur de Boulots de merde.

Avec une bouffe à prix libre.
En soutien aux 1000 prochains abonnés du journal.

Will Kommen !

L'accouchement est politique : fécondité, femmes en travail et institutions

11. novembre 2017 - 17:30

Laëtitia Négrié et Béatrice Cascales, deux militantes féministes, présenteront le 11 novembre à l'Equitable Café, de 17H30 à 19H30 (prix libre), leur livre intitulé "L'accouchement est politique : fécondité, femmes en travail et institutions". Elles souhaitent à travers cet ouvrage rendre visible ce qui ne l'est plus aujourd'hui : "la division et l'isolement des femmes, ainsi que l'oppression matérielle, corporelle, psychique, qu'elles subissent en raison de leur potentiel de fécondité."
La Quinzaine féministe revient pour sa 3ème édition, du 9 au 18 novembre 2017 dans plusieurs lieux à Marseille. Il s'agira pendant cette 3ème édition de poursuivre nos interrogations sur les constructions sociales dans lesquelles nous sommes pris-es, de continuer les échanges précédents et de creuser nos réflexions sur le sexisme qui imprègne l'ensemble du monde social que ce soit l'espace public, l'école, le monde du travail, nos pratiques militantes, et sans conteste notre intimité ! Les représentations sexistes sont martelées au quotidien dans la pub, les médias, les livres, le cinéma, les jouets, les jeux vidéo, etc. !

Le programme de la Quinzaine féministe est sur le site du Planning familial : http://www.leplanning13.org/Une-Quinzaine-des-Feminismes-3.html
Équitable Café/Asso En Visages - www.equitablecafe.org -

FSM-AN 2017 : Vers un réseau européen et mondial antinucléaire pour libérer la planète du crime atomique

10. novembre 2017 - 23:40

Plusieurs centaines de personnes venues de tous les continents ont participé au 3ème Forum Social Mondial Antinucléaire qui se déroulait à Paris du 2 au 4 novembre dernier. Echanges et débats, réflexions et analyses, sens de l'action pour libérer la planète de la dictature nucléaire ont nourrit la quarantaine d'ateliers thématiques et les trois séances plénières d'une rencontre internationale hors du commun...

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http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/11/09/Vers-un-r%C3%A9seau-europ%C3%A9en-et-mondial-antinucl%C3%A9aire-pour-lib%C3%A9rer-la-plan%C3%A8te-du-crime-atomique

Projection : "Sur la route d'Exarchia" + buffet et échanges

10. novembre 2017 - 19:30

Nous avons un immense plaisir de recevoir pour la quatrième fois au cinéma le Méliès, le VENDREDI 10 NOVEMBRE à partir de 19h30, MAUD ET YANNIS YOULOUNTAS, ainsi que la réalisatrice ËLOISE LEBOURG, pour une projection exceptionnelle, en avant-première, du film SUR LA ROUTE D'EXARCHEIA !!

Yannis Youlountas est un activiste militant, dont le travail, les films et les écrits, toujours ouverts à plus de justice sociale, rencontrent un écho croissant. Également poète, philosophe, Yannis a fait siens, avec Maud, les nombreux combats qui secouent nos sociétés. Ils se sont particulièrement investis, ces derniers mois, sur les convois solidaires, l'acheminement d'urgence de produits de première nécessité dans une Grèce où la misère galopante menace, et où la situation devient toujours plus critique. Cette action remarquable s'est mise en place avec tous les bénévoles d'EXARCHEIA, à Athènes, quartier autogéré, libertaire et solidaire, où l'on repense concrètement la lutte collective.

La réalisatrice Éloïse Lebourg a suivi cette aventure humaine extraordinaire, et a réalisé, avec le soutien de Maxime Gatineau et Matthias Simonet, le film SUR LA ROUTE D'EXARCHEIA, récit d'un convoi solidaire en utopie.

Après un buffet grec à 19h30, la projection au Méliès, à 20h30, en avant-première, du film, en présence de nos invité(e)s, promet d'être un moment formidable d'échanges, d'expériences de luttes, et d'actes concrets pour plus de justice sociale, ce vendredi 10 novembre !

Nous espérons vous retrouver nombreuses et nombreux lors de cette soirée !
(il est fortement conseillé de réserver vos places à l'avance).

LE FILM :
SUR LA ROUTE D'EXARCHEIA
un film réalisé par Éloïse Lebourg
(FR/GR, 2017, 1h30)
Le 28 mars 2017, un mystérieux convoi de 26 fourgons venus de France, Belgique, Suisse et Espagne arrive au centre d'Athènes, dans le quartier rebelle d'Exarcheia. Les chaînes de télé grecques évoquent une grave menace.
Le ministre de l'intérieur annonce qu'une enquête est ouverte. La fabrique de la peur tourne à plein régime. En réalité, il s'agit d'un convoi solidaire qui vient apporter un soutien matériel, politique et financier au mouvement social grec et aux réfugiés bloqués aux frontières de l'Europe. Parmi les 62 visiteurs, 4 enfants participent à cette aventure humaine : Achille, Nino, Capucine et Constance. Ce film raconte cette odyssée fraternelle et rend hommage aux solidarités par-delà les frontières.

"Celles des 14" avec Hélène Hernandez

10. novembre 2017 - 18:30

« La Libre Pensée de Port de Bouc-Martigues, Avec le soutien de Vie au Féminin et du Mouvement de la Paix, organise une conférence –Débat avec Hélène Hernandez auteur du livre « CELLES de 14 », Vendredi 10 novembre à 18 H 30 au Centre Elsa Triolet de Port de Bouc. pour une soirée pacifiste en hommage à tous ceux qui ont osé s'opposer à la guerre de 1914-1918 et pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple. Madame Hélène Hernandez, abordera la situation économique et sociale pendant la guerre de 14-18 et un volet de l'histoire peu développé, celui du combat des femmes pendant la 1ère guerre mondiale qui, bien plus que de remplacer les hommes à certains postes, ont pris le relais, y compris sur le terrain de la lutte des classes, se permettant même d'organiser des grèves victorieuses en pleine guerre, ont poursuivi l'engagement militant dans le mouvement féministe, de même que pacifiste, malgré la répression et la censure d'État .

A l'issu des débats, durant le pot fraternel Madame Hernandez dédicacera son livre.

L'Entrée est libre et gratuite. »

Le Banquet des Dublinés

10. novembre 2017 - 12:00

Dans la foulée de la Grande Marche STOP DUBLIN, STOP EXPULSIONS ! entre le PRAHDA de Vitrolles et la Préfecture de Marseille dimanche 29 octobre, les marcheurs.ses appellent tous les dubliné.es et leurs soutiens à un grand repas pris ensemble devant la Préfecture de région à Marseille pour continuer d'exiger un dédublinage général et le droit d'asile pour tous et toutes.

Soyons nombreu.ses !! On lâche rien !

(apportez, si vous pouvez, le plat que vous savez le mieux cuisiner ;-)

Rassemblement

10. novembre 2017 - 8:00

Pour contribuer à construire un rapport de forces face aux attaques du gouvernement et à la suppression brutale des CUI-CAE, rassemblement et Action le 10 novembre, RDV 8h au kiosque Square Léon Blum (Réformés) !

Alors que la décision brutale de suppression de 150 000 contrats aidés en 2017 constitue un drame humain pour ces salarié-es, le gouvernement s'entête dans cette logique. Non content de provoquer un plan social de grande ampleur, ce gouvernement semble planifier une accélération de la précarisation de nos conditions de travail : services civiques pour remplacer les contrats aidés et uberisation (Loi Travail XXL) généralisée.

Notre syndicat (ASSO Solidaires) regroupe des salarié-es du secteur associatif, et revendique :

Le maintien et la CDI-sation dans le privé/titularisation dans la fonction publique de tou-tes les salarié-es en contrats aidés et l'abrogation des mesures dérogatoires au droit du travail (possibilité de travailler 20 heures, absence de prime de précarité pour les salarié-es en CDD…) ;

Pour les Volontaires en Service Civique, un statut protégé par le droit du travail, ouvrant des droits au chômage et à la retraite : abrogation des SCV ;

Un financement pérenne et durable à la hauteur des besoins pour le secteur non-marchand ;

Dans l'immédiat, une visibilité sur les critères d'attribution et le renouvellement des contrats aidés restants ainsi que sur le devenir proposé aux salarié-es concerné-es.

Le CICE coûte chaque année 24 milliards d'euros avec un effet sur l'emploi très faible (200 000 emplois créés sur trois ans pour les plus optimistes). Pérenniser l'emploi de 300 000 salarié.e.s en contrats aidés coûterait seulement 9 milliards d'euros par an. C'est un choix politique !

Face à la brutalité de ces mesures, nous appelons les salarié-es et les SCV à poursuivre la mobilisation.

Nous appelons donc à un rassemblement le 10 novembre à 8h, Square Léon Blum, en vue d'une action.

Construisons le rapport de force face aux attaques du gouvernement !

Tou-tes à la journée nationale de grève et mobilisation interprofessionnelle le Jeudi 16 novembre !

P.-S.

Permanence syndicale tous les 4ème lundi de chaque mois de 18h à 20h
au local de Solidaires (29, bd Longchamp, 13001, Tram T2 National)
Pour contacter la section locale de ASSO :
syndicat-asso13 chez marslibre.net,
FB : @syndicat.asso13

Ciné-club : projection du film "317" en présence du collectif de réalisation

9. novembre 2017 - 19:30

"317" est film un documentaire auto-produit.

« Le 29 novembre 2015 fut une journée spectaculaire. Des caméras de télévision du monde entier sont braquées sur Paris : aux images-fétiches du « deuil national » et de la mascarade diplomatique de la COP 21, viennent s'ajouter celles de la répression d'une manifestation interdite. Cet exhibitionnisme d'État s'est banalisé depuis. La place de la République (désormais surnommée « Place de la REP' », sous-entendu « de la répression ») a connu depuis ce baptême d'autres étouffements et punitions collectives. On l'a vu pendant le mouvement contre la loi travail et Nuit Debout. Mais, on peut dire que l'usage du monopole de la violence d'État n'a jamais été aussi légitime, pour la dite « opinion », que ce 29 novembre 2015. Parce que les attentats du 13 novembre auraient dû nous imposer une docilité générale et exemplaire.

Le collectif 317 a recueilli les témoignages des réprimé-e.s, et a traduit les expériences des gardé-e.s à vue en images et en son. Contre-informer, traduire, archiver. Un an plus tard, nous concluons un documentaire portant une attention particulière aux récits des gardes-à-vue du 29 novembre 2015, et une analyse sur le dispositif punitif de la COP21, durant les deux semaines de son déroulement, du 30 novembre au 12 décembre 2015. »

La bande-annonce : https://vimeo.com/189528816

Plus d'infos sur le film 317 : https://les317.wordpress.com/

Les révolutions russes de pétrograd à Marseille

8. novembre 2017 - 18:00

Les révolutions russes de pétrograd à Marseille,
conférence-débat, mercredi 8 novembre au théâtre Toursky, à 18 h 00.
Avec Frédéric Grossetti, Gérard Leidet et Bernard Régaudiat ; historiens du mouvement ouvrier en Provence ; membres du bureau de l'association Promémo - Provence mémoire et monde ouvrier.

Il y a cent ans, l'un des deux ou trois événements mondiaux du siècle, « inscrit tout au long du court vingtième siècle » (Eric Hobsbawn) retentissait en Russie tsariste : la révolution russe d'Octobre 1917 générait une espérance planétaire…
En quelques mois, de février à octobre 1917, les révolutions russes allaient redessiner le monde du point de vue politique et géopolitique, reprenant alors le flambeau révolutionnaire brandi tout au long du XIXe siècle, afin de faire émerger sur le
devant de la scène de l'histoire sociale le peuple des ouvriers, des paysans et des soldats.

Commémorant les Révolutions russes de 1917 à l'occasion de leur centenaire, la Fédération des Bouches-du-Rhône du Parti communiste français organise, en partenariat avec l'association Promémo (Provence mémoire et monde ouvrier), une conférence - débat.

En évitant le double écueil que constituent hagiographie et dénigrement, et en articulant temps de présentation et temps de débat, cette initiative tentera de revisiter les événements de l'année 1917 en Russie et de répondre, notamment, aux questions :
Que reste-t-il de la révolution d'Octobre 1917 ?
Quels furent les échos d'Octobre 17 en France et dans l'espace marseillais ?

Permanence du RESF 13 jeunes et familles sans papiers

8. novembre 2017 - 15:00

de 15 h à 17 h tous les 1er mercredi du mois

EXCEPTIONNELLEMENT la permanence aura lieu le 8 novembre au lieu du 1er, jour férié.

resf13 chez no-log.org / 06 31 32 48 65
www.educationsansfrontieres.org

La lutte c'est la santé ! Pour une politique de la souffrance

8. novembre 2017 - 2:45

« Rappelle-toi surtout, pendant ces années de souffrances
trop dures, de quoi tu souffrais le plus. Tu ne t'en rendais
peut-être pas bien compte, mais si tu réfléchis un moment,
tu sentiras que c'est vrai. Tu souffrais surtout parce
que lorsqu'on t'infligeait une humiliation, une injustice,
tu étais seul, désarmé, il n'y avait rien pour te défendre.
»
Simone Weil, « Lettre ouverte à un syndiqué »,
La Condition ouvrière, 1951

« Car on ne peut accepter la vie qu'à la condition
d'être grand, de se sentir à l'origine des phénomènes,
tout au moins d'un certain nombre d'entre eux.
Sans puissance d'expansion, sans une certaine domination
sur les choses, la vie est indéfendable.
»
Artaud, L'Ombilic des Limbes

Dossier

Le thème de la souffrance au travail émerge dans le débat public français à la fin des années 1990. Auparavant volontiers marginalisé ou souffrant même d'un déni, il s'impose alors progressivement au point de devenir incontournable.

Dans le champ scientifique de nombreuses productions vont voir le jour et de nouvelles disciplines vont apparaître et s'affirmer en pensant à nouveaux frais une psychopathologie du travail. Dans le champ politique, le législateur va notamment consacrer la souffrance au travail comme préoccupation publique par l'inscription et la répression dans la loi du harcèlement au travail. Suivant ce mouvement les tribunaux se sont saisi du thème et ont développé une riche jurisprudence devant la multiplication des contentieux. La souffrance est désormais devenue un « risque » à part entière et l'évaluation et la prévention des risques telle que prévue par le Code du travail a intégré la santé mentale à côté des traditionnels risques physiques. À tel point qu'évaluer les dits « risques psychosociaux » est devenue une tarte à la crème de quasiment toute entreprise.

Doit-on en conclure que la souffrance au travail est désormais prise au sérieux et qu'un grand consensus national se serait imposé jusque dans les entreprises pour rechercher le bien-être des salariés ?

Rien n'est évidemment moins sûr… L'évocation, pour ne pas dire l'incantation, de la prise en charge des risques psychosociaux semble désormais relever d'une figure de style, passage obligé, supplément d'âme de la perpétuation de l'exploitation et de la domination. Car si le capitalisme a su intégrer le thème de la souffrance, il semble que ce soit précisément en en désamorçant la charge explosive qui aurait pu mettre en question les rapports de domination qui en sont constitutifs.

Ainsi, plus de 15 ans après l'émergence et l'installation du thème de la souffrance au travail, un sentiment mitigé voire de dépit semble gagner nombre d'acteurs et de professionnels amenés à rencontrer et prendre en charge la souffrance au travail. La souffrance n'a pour ainsi dire jamais disparu et ne semble même pas en voie de décrue tant l'intensification du travail et ses effets pathogènes semblent continuer envers et contre tout.

Comment comprendre et envisager cet échec au moins partiel ? La psychologie du travail a-t-elle manqué son objet ?

C'est partant de ce constat et des interrogations qu'il suscite que nous voudrions ici reprendre ce thème, non pour nier les importants apports théoriques des différents travaux en psychologie du travail dans la pensée de la souffrance ces dernières années, mais pour reposer la question de la souffrance comme question pleinement politique.

Intégrer la souffrance à la lutte

Sortir du déni

L'émergence de la souffrance au travail dans le débat public s'est initialement construite autour de deux livres en particulier ayant eu un grand retentissement à leur parution en 1998 : Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen, et Souffrance en France de Christophe Dejours.

Le premier est centré autour de la figure du pervers narcissique. Ce faisant, l'ouvrage ne parle pas spécifiquement des situations de travail et de leur éventuel caractère pathogène mais se borne à constater la possibilité de l'expression de la personnalité perverse dans la sphère professionnelle. Un chapitre est alors consacré au travail et à la dégradation des relations de travail sous l'angle des conditions favorables à l'expression de la perversité1 ». Au rang de ces « conditions favorables », Marie-France Hirigoyen évoque tour à tour la menace du chômage, la concurrence acharnée entre salariés, l'augmentation des contraintes et l'intensification du travail qui en découle.

L'ouvrage semble néanmoins souffrir de la fermeture de son objet initial tout en cherchant dans le même temps à le dépasser. Évoquant dans un premier temps « l'entreprise qui laisse faire » le pervers, il développe ensuite son propos vers « l'entreprise qui encourage les méthodes perverses » et envisage l'éventualité d'un harcèlement managérial tout en n'employant pas expressément cette expression. Mais précisément s'agit-il encore de perversion quand on constate que l'organisation du travail produit une intensification du travail, une compétition entre salariés avec leurs corollaires de stress et de peur ? De plus si « le pouvoir constitue une arme terrible lorsqu'il est détenu par un individu (ou un système) pervers », pourquoi ne pas intégrer la subordination, constitutive de la relation de travail au sein de l'entreprise capitaliste, au rang des « conditions favorables » ? Reste que cet ouvrage a en son temps constitué un puissant révélateur de la dégradation des situations et des relations de travail. Il a également contribué à sortir nombre de « victimes » du sentiment de l'isolement en se reconnaissant dans les situations décrites. Signe de ce succès le pouvoir politique finira par introduire la notion de harcèlement moral dans la loi en 2002.

Autre est le projet de Christophe Dejours qui prend comme objet explicite de son analyse la souffrance au travail et le « consentement » à cette souffrance. Il s'agit là d'un « retournement épistémologique », retournement initié dans son ouvrage Travail, usure mentale (1990), qui redéfinit l'objet de la recherche en psychopathologie du travail, la souffrance au travail, comme « souffrance compatible avec la normalité ».

Ce faisant le projet est double : partir de la souffrance au travail comme ressort du consentement à la « banalisation du mal » à travers des « stratégies de défense » ; mais également comme point de départ d'une résistance possible. Pour ce faire il s'agit de commencer par sortir du déni. Le déni c'est d'abord celui des organisations politiques et syndicales. Dejours voit dans la désyndicalisation une cause mais aussi un effet de la tolérance à la souffrance d'autrui. Dans les années 70 l'influence d'un certain marxisme, qui a tôt fait de qualifier de « petit bourgeois » tout ce qui a trait à la subjectivité, a fait négliger la thématique de la souffrance eu travail. « Supposées antimatérialistes, ces préoccupations sur la santé mentale étaient suspectes de nuire à la mobilisation collective et à la conscience de classe ».

L'ouvrage fixe donc un cadre et un objectif : ne pas nier la souffrance subjective au travail et intégrer cette dimension à la lutte collective. Il faut pour cela relégitimer la parole sur la souffrance contre ceux qui la rangeraient au rang de la sensiblerie. À cet égard Dejours écrit de très belles pages sur l'usage de la virilité comme forme dévoyée du courage dans le travail. Le courage viril passe par l'apprentissage de la soumission volontaire et la capacité à infliger la souffrance à autrui. Il faut ainsi repenser un courage qui prend le risque de désobéir et d'être exclu de la communauté des forts et des virils en s'opposant à la banalité du mal.

Le projet initié est ainsi de promouvoir une véritable clinique5 du travail qui pense la personne en situation. Il va donner lieu à l'apparition de plusieurs disciplines telle la psychodynamique du travail chez Dejours mais aussi la clinique de l'activité chez Yves Clot.

Derrière la souffrance individuelle, le travail dégradé

Dans cette clinique du travail l'attention à la souffrance individuelle n'est pas une fin, elle doit d'abord nous permettre de retrouver et de réaffirmer le travail dans sa dimension collective. Derrière cette souffrance individuelle on retrouve un travail dégradé qu'on pourrait caractériser comme une « contrainte à mal travailler ». Être contraint de mal faire son travail, de le bâcler, de tricher même pour satisfaire un mensonge institutionnel sur fond de déni du réel est une source de souffrance majeure. Celle-ci s'est notamment développée du fait de l'intensification du travail observée ces dernières années ; intensification qui touche aussi bien les services, l'industrie que les administrations. On assiste notamment au retour d'un néofordisme dont le lean management n'est que le dernier avatar. Il faut souligner à cet égard le caractère peu original du lean management malgré le flot de novlangue qui entoure sa promotion. Il s'agit là encore du vieux projet totalitaire d'endiguer l'énergie, de capturer la pensée libre, de contrôler temps et mouvements pour se tenir dans le cadre institué. Les mêmes causes produisent les mêmes effets pathogènes…

Ce retour d'un néo-taylorisme est d'autant plus remarquable qu'il s'accompagne dans le même temps d'une injonction paradoxale à l'autonomie et à la prise de responsabilité. On valorise les « compétences » individuelles (au détriment des qualifications renvoyant à un statut) avec son corollaire d'entretiens individuels d'évaluation censés les mesurer et pour l'atteinte d'objectifs prédéfinis. Chacun est sommé d'être entrepreneur de sa vie et est renvoyé vers ses ressources propres dans l'illusion d'une détermination de soi par soi… et en concurrence avec tous les autres. Et ce alors même que les travailleurs ne maîtrisent ni les moyens ni les objectifs de la production. Ainsi « à la prescription de l'activité du taylorisme et la dissociation du geste qu'il impose succèdent (s'ajoutent) aujourd'hui la prescription de la subjectivité et le déni de la contribution subjective des salariés à la vie des organisations8 ». Ce phénomène d'individualisation dans le travail détruit les collectifs, les capacités d'actions des syndicats en amenant de la désolidarisation généralisée.

De ce point de vue la prégnance de la référence au « stress » dans le monde du travail témoigne du décalage croissant entre l'augmentation des exigences et la réduction des ressources collectives mobilisables. La souffrance émerge alors d'un développement empêché, d'une amputation du pouvoir d'agir sur fond de collectif en miettes.

À cet égard on peut tenter de faire se rejoindre les travaux de Dejours en psychodynamique du travail et ceux de Clot en clinique de l'activité. Là où la psychodynamique du travail insiste sur le dysfonctionnement de la dynamique de reconnaissance par autrui comme facteur de souffrance, Clot va centrer son propos sur le pouvoir d'agir face à son éventuelle amputation. Ce dernier insiste en particulier sur la nécessité de prendre en compte l'activité empêchée comme dimension fondamentale du travail réel.

On peut néanmoins faire se rapprocher les deux perspectives à travers la question de l'identité au travail. Être reconnu c'est aussi en dernier recours et fondamentalement se reconnaître soi dans son propre travail. L'impossibilité du travail bien fait empêche cette reconnaissance. Le sujet ne peut se reconnaître dans le travail qu'on lui fait faire, l'activité perd son sens. Il est devenu comme étranger à sa propre vie. On retrouve ici la problématique classique de l'aliénation. Or le renoncement au travail bien fait, aux valeurs qui guident l'investissement dans une activité professionnelle a un coût psychique très lourd. « Quand la confrontation sur la qualité du travail est devenue impraticable, suractivité et sentiment d'insignifiance forment un mélange “psychosocial” explosif ». Des personnes qui souhaitent travailler dans les règles de l'art se heurtent à des conflits de critères qui renvoient à des conflits de valeur. Ces conflits de critères refoulés, parce que non discutés et non discutables, viennent s'enkyster dans le corps et la tête de chacun et la dégradation du travail vient dégrader la construction de sa propre identité au travail. Cette perte d'identité est personnelle mais aussi collective puisque les repères de métiers élaborés par le collectif de travail se trouvent disqualifiés. C'est sur fond de ce mélange morbide entre travail désaffecté et surinvestissement dans le travail que l'absence de reconnaissance par autrui, et au premier rang l'absence de reconnaissance managériale, devient la goûte d'eau qui fait déborder le vase.

Lutter contre ce travail pathogène ne signifie donc pas poursuivre, dans une fuite en avant, une reconnaissance hiérarchique foncièrement aléatoire et qui peut se retourner contre la qualité du travail lui-même. Il s'agit avant tout de retrouver du pouvoir d'agir sur son activité pour réenclencher une dynamique vertueuse de construction de son identité et d'accomplissement de soi. Au-delà, le travail permet au sujet de s'inscrire dans une histoire collective, celle de la réorganisation de la tâche par les collectifs professionnels, d'un travail d'organisation du collectif et de construction d'une identité professionnelle qui ne se confond pas avec le prescrit de l'organisation.

…repolitiser la souffrance au travail

Le risque persistant du psychologisme et la tarte à la crème des risques psycho-sociaux

L'apport majeur des travaux en clinique du travail est de sortir la question de la souffrance au travail du « psychologisme ». Par psychologisme j'entends une appréhension de la souffrance dans laquelle « les conflits sociaux peuvent être déplacés sur le plan des problèmes psychiques, autrement dit peuvent accabler l'individu sous la forme d'une affaire privée ».

Le développement spécifique d'une psychologie du travail est ainsi un apport indéniable d'un point de vue théorique en ce qu'elle permet d'analyser et de décrypter les ressorts d'une souffrance au travail par le travail ; elle est aussi un outil de résistance possible, notamment pour les syndicats qui se sont emparé à différents degrés du sujet. De ce point de vue la phase du déni initialement dénoncée par Dejours a été dépassée.

Reste à se pencher sur les résultats obtenus et les réactions institutionnelles. Disons le tout de suite, si l'on en croit les auteurs cités, les résultats ne sont pas reluisants. De fait dans la préface à la réédition de Souffrance en France, Christophe Dejours note que « dix ans plus tard […] la situation s'est aggravée, parce qu'aucune mesure n'a été prise en France ni à l'étranger pour favoriser, en matière d'organisation du travail, les choix qui pourraient être nettement moins délétères pour la santé mentale ». Même constat chez Yves Clot qui relève dans Le travail à coeur publié en 2010 que « selon les différentes enquêtes les Français sont très peu satisfaits, et même parmi les moins satisfaits du travail en Europe […] la situation française semble même se dégrader ».

Si l'on se situe du point de vue des mesures prises visant la répression de comportements pathogènes au travail, la thématique du harcèlement, comme nous l'avons déjà noté, a abouti au vote d'une loi le réprimant. Mais ce vote n'a pu se faire qu'à la faveur d'une double dépolitisation. D'une part au travers d'une reformulation légale des conflits professionnels en conflits interpersonnels ; d'autre part et corrélativement en éludant la question de la subordination. Tel qu'il est défini par le code du travail le harcèlement est aussi bien horizontal que vertical, descendant qu'ascendant. On trouve d'ailleurs régulièrement des employeurs ou des cadres pour nous expliquer qu'ils sont harcelés par leurs salariés ou des syndicalistes.

Certes il convient de moduler quelque peu le propos puisque le développement et l'évolution d'une jurisprudence sur le sujet a pu ponctuellement intégrer et condamner des formes de harcèlement managérial ; harcèlement managérial qui affirmait en creux la dimension collective du travail et la subordination juridique des salariés. Il n'en reste pas moins que la loi sur le harcèlement reste bornée par la problématique de départ qui l'a vue naître, à savoir une pathologisation du harcèlement dans la figure du pervers et une dichotomie pénale habituelle interpersonnelle : coupable/victime. Cette loi n'a à cet égard pas pleinement permis une sortie du psychologisme

Qu'en est-il du côté de la prévention ?

On a vu tout d'abord se développer dans la sphère du travail des dispositifs de prise en charge de la souffrance sous l'angle traumatique. Ce modèle est une importation des différents dispositifs de prise en charge de la victime de type cellule d'écoute ou soutien psychologique. Initialement conçus pour les victimes de catastrophe, ces derniers ont peu à peu été intégrés à l'entreprise en guise de supplément d'âme du traitement de la souffrance au travail. Ils demeurent alors situés au niveau du traitement du symptôme et déconnectés d'une vision de transformation des situations de travail. « La lutte contre la souffrance au travail consiste en de l'orthopédie psychologique à visée adaptative qui réduit la subjectivité à un objet de prescriptions censée restaurer le “bien être” au travail ». Prévention dite tertiaire en ce qu'elle vise à traiter le malade afin de le réadapter en vue de son retour.

En amont d'un tel traitement des conséquences pour les salariés déjà en rupture un traitement des causes est préconisé dans le cadre d'une prévention primaire. La souffrance au travail est ainsi devenue un risque parmi d'autres à évaluer et à prévenir. Les risques psychosociaux prennent désormais place à côté des risques physiques (risque chimique, biologique, mécanique…). C'est ainsi que s'est développé un véritable marché du diagnostic et de l'expertise en risques psychosociaux à qui l'on sous-traite bien souvent l'analyse. Une fois le diagnostic réalisé, celui-ci est censé enclencher un plan d'action. Une telle affirmation pour évidente qu'elle paraisse ne l'est pourtant pas, tant pour beaucoup d'employeurs la réalisation dudit diagnostic tient lieu de plan d'action qui se suffirait à lui-même. Un plan d'action donc, oui, mais lequel ?

Les fameux « plan d'action » tournent la plupart du temps autour de deux types de mesure.

Tout d'abord des dispositifs qu'on pourrait qualifier de renforcement de l'individu, au même titre qu'un renforcement musculaire. Au-delà et en amont du traitement des traumatismes de salariés déjà en rupture, on a vu ainsi fleurir des stages de gestion du stress ou, pour les cadres essentiellement, des accompagnements de type « coaching » visant à un développement des ressources individuelles. Effet pervers de la psychologisation, il s'agit de rendre l'individu plus fort et plus performant en dissolvant la question du travail. Il n'y a pas alors à proprement parler de psychologie du travail mais des dispositifs d'accompagnement et d'adaptation de l'individu à la situation de travail. Détecter et prendre en charge les « fragiles » pour aider leur adaptation, on peut se demander si l'on est-on vraiment sorti du psychologisme avec ce type de prévention des « risques psychosociaux ».

Une autre approche, promue par la clinique de l'activité, consiste au contraire à centrer le débat sur le travail par la discussion autour des règles de métier. Il s'agit ici précisément d'éviter une approche hygiéniste des risques psychosociaux, qui transforme la fragilité des situations en fragilité des personnes. En d'autres termes il faut soigner le travail plutôt que l'individu, reconnecter « bien faire » et « bien être ». Ainsi, quelle que soit l'analyse de la situation de départ, en clinique de l'activité le plan d'action se termine toujours peu ou prou, par la préconisation d'une analyse des pratiques professionnelles autour de l'élaboration vivante des règles de métier entre pairs. Si l'objectif affiché est de retrouver une maîtrise sur sa situation de travail en développant collectivement son pouvoir d'agir, il n'en demeure pas moins que cette hypothétique maîtrise retrouvée reste fondamentalement limitée et temporaire.

Car, quand bien même la direction de l'entreprise accepterait de laisser place à ces temps d'échange en dehors du regard hiérarchique, il ne s'agit là que d'une suspension provisoire du lien de subordination. Sitôt le temps d'échange refermé le salarié retourne à sa situation de travail et aux rapports de pouvoir qui s'y jouent et à la subordination juridique qui le dépasse. L'éventuel pouvoir d'agir retrouvé se heurte à la structure inchangée et globalement inchangeable au dehors. Ainsi dans le meilleur des cas on a souvent l'impression que la montagne de la clinique de l'activité accouche de la souris d'une intéressante discussion entre collègues… avant que tout le monde retourne bosser. Cette situation et ce décalage est d'autant plus remarquable dans les grosses structures de type administration ou des groupes nationaux ou internationaux fonctionnant selon une gestion centralisée.

Face à un tel mur, le risque est une régression du collectif dans un collectif en quelque sorte décollectivisé qui se limite à l'interrelationnel et à des micro-discussions techniques sur les « bonnes pratiques ». Les contraintes liées à la structure globale, aux rapports de domination qui l'organisent, ne pouvant être prises en compte, le social tend à se réduire à de la sociabilité avec un groupe centré… sur le groupe. Et d'un objectif initial de travailler collectivement le travail pour le changer on glisse à une vision normative où il faut évoluer dans ses pensées, dans ses actions pour passer d'un moment où on ne se comprend pas, on ne s'aime pas, à un moment où le « groupe se termine bien », les gens ont évolué et sont plus ouverts à travailler ensemble afin, censément, de mieux vivre la situation de travail. Ainsi, en l'absence de remise en cause possible des structures du travail, ou à tout le moins de lutte en ce sens, on peut se demander si la psychologie du travail ne se retourne pas, là encore, en psychologie de l'adaptation.

On trouvera peut-être que nous sommes injustes avec la clinique de l'activité qui n'est, après tout, pas responsable de l'éventuel mur opposé par la direction des entreprises à toute visée de transformation du travail. Oui et non. Car au-delà des discussions entre pairs une telle approche, telle que conçue par Yves Clot, se propose de « gérer » et prétend dépasser le conflit d'intérêt inhérent à la relation salariale par ce type de dispositif. Pour Yves Clot « l'hostilité » dans les relations salariales en France relèverait selon lui de « l'inachèvement de son système de relations professionnelles », en effort collectif pour définir – à partir de, mais au-delà même de la relation salariale – les critères d'un travail propre, défendable, décent. »C'est ici que l'on ne peut plus suivre la clinique de l'activité telle que promue par Clot. Replacer la souffrance au travail au coeur d'une discussion collective entre pairs et hors présence hiérarchique est une chose, prétendre dépasser le conflit d'intérêt inhérent à la relation salariale par une discussion sur les critères de qualité du travail en est une autre qui relève au mieux d'une naïveté et participe dans tous les cas d'une dépolitisation de la question de la souffrance.

On risque ici de retrouver ce que j'appellerais le « syndrome de l'ergonome ». Là où l'ergonome prend toujours le risque de voir ses propositions d'améliorations techniques récupérées par les détenteurs des moyens de production pour supprimer du personnel et augmenter les cadences, le diagnostic en risques psychosociaux, même avec les meilleures intentions initiales du monde, voit toujours le risque d'être détourné en recettes en vue d'une meilleure adaptation de l'individu aux conditions de production.

Que peut-on en conclure ? Que faire ? La psychologie du travail n'est-elle au final qu'une psychologie de l'adaptation à la situation de travail ou constitue-t-elle malgré tout un nouveau levier de prise de conscience et de lutte pour la santé ?

La lutte collective c'est la santé !

Entre risque d'un retour au « déni » de la souffrance au nom d'une théorie révolutionnaire surplombante et psychologie de l'adaptation à la situation de travail, il nous paraît indispensable de repolitiser la question de la souffrance au travail.

Repolitiser la question de la souffrance au travail, c'est d'abord nommer le système dans lequel elle prend place et s'intensifie. Si, comme le dit Camus, mal nommer un objet c'est ajouter au malheur de ce monde, la première chose à rappeler est que le travail dans notre société capitaliste est dans son immense majorité un travail salarié, basé sur la subordination. S'en tenir là est insuffisant, mais ne rien en dire est suspect et constitue le point aveugle de la psychologie du travail qui s'est développée ces vingt dernières années.

Le discours de Dejours à ce sujet est ambigu. S'il semble bien poser en arrière fond de la banalisation du mal ou de « l'injustice sociale » une logique systémique il paraît dans le même temps ne pas pouvoir ou vouloir l'assumer. Ainsi, évoquant le « progrès de l'injustice en régime libéral » il se refuse dans le même temps à y voir selon ses propres termes « le fait d'une logique endogène propre au système ». Ce faisant, Dejours s'embourbe dans des contradictions en faisant constamment implicitement référence au consentement à un système qu'il ne nomme ni ne définit jamais clairement tout en prenant soin de nier son existence17. L'illustration la plus flagrante de cet embarras sont les circonlocutions employées pour nommer et éviter dans le même temps ce point aveugle. On pourrait à cet égard faire une compilation des expressions utilisées pour éviter de nommer ledit système : « régime libéral », « machinerie de guerre économique », « système néolibéral », « raison économique », « libéralisme sans entrave », etc. Le même embarras pourrait aisément être relevé chez Clot.

Ce que semblent redouter Dejours ou Clot par-dessus tout est le risque de la démobilisation dans une logique du « triompher ou périr ». Il faut pourtant sortir de cet entre-deux intenable du « ni résignation, ni dénonciation ». Si on ne peut que souscrire à un refus d'un « système » conçu comme « fatalité » imposant ses « lois naturelles » dans l'idéologie libérale, la logique même d'intensification du travail est d'une part consubstantielle au système capitaliste notamment dans sa logique d'accroissement constant de la plus-value relative pour parler en termes marxistes. D'autre part, la subordination constitue l'étayage du travail capitaliste. Il n'y a de management, et conséquemment de management pathogène, que sur fond de subordination juridique des salariés, constitutive du procès d'exploitation capitaliste. Nommer ainsi le système ou les logiques qui y sont à l'oeuvre ne signifie nullement les accepter ou se résigner devant l'ampleur de la tâche mais invite à reproblématiser la souffrance et à tracer une direction pour la lutte.

Pour ce faire il faut tout d'abord sortir la question de la souffrance d'une analyse en termes de « risques psychosociaux », tel un environnement toxique, pour la replacer du point de vue de la santé. Il convient ensuite de poursuivre les perspectives ouvertes par la clinique de l'activité sur le pouvoir d'agir pour le poser dans toute sa généralité et sa radicalité, c'est-à-dire en posant la question de la démocratie au travail.

La grille de lecture en termes de risques psychosociaux situe la souffrance à partir d'un risque extérieur « comme s'il s'agissait d'un nuage toxique planant au–dessus de l'entreprise […] qui atteint certains des salariés, en premier lieu bien sûr ceux dont les caractéristiques personnelles les fragilisent19 ». Une telle approche par « l'exposition » des salariés à un « risque » se développe en général dans un projet de le mesurer, la mesure étant la garantie de la « neutralité ».

Il faut renverser cette perspective, la souffrance n'est pas l'effet de l'exposition à un risque mais l'empêchement de la santé. Il convient ici de revenir un peu en arrière et de faire un détour par la pensée de la vie telle que l'a posée le philosophe Georges Canguilhem : la vie n'est ni ajustement à des normes, adaptation à des contraintes extérieures, ni l'infinie répétition du même. Elle est du côté de l'invention des normes, de la création. Ce faisant, la santé est cette capacité à créer et recréer ses propres normes, à agir sur mon environnement : « Je me porte bien dans la mesure où je me sens capable de porter la responsabilité de mes actes, de porter des choses à l'existence et de créer entre les choses des rapports qui ne leur viendraient pas sans moi ». Ainsi selon Canguilhem la santé réside dans l'activité normative d'interaction avec le milieu, et non dans une simple conformité « normale » à un milieu donné.

Comme on l'a vu la clinique de l'activité s'inscrit dans cette filiation en envisageant la santé au travail comme développement des possibles individuels et collectifs. Y. Clot développe le concept de pouvoir d'agir dans le cadre plus spécifique de la santé au travail entendu comme pouvoir d'agir sur le monde et sur soi-même, collectivement et individuellement : « il mesure le rayon d'action effectif du sujet ou des sujets dans leur milieu professionnel habituel, ce qu'on peut aussi appeler le rayonnement de l'activité, son pouvoir de recréation ». Il s'agit au sens propre d'une démarche d'autonomie. A contrario la perte de sens de l'activité par l'hétéronomie du travail la dévitalise, la désaffecte. On est alors en activité sans se sentir actif.

Or, encore faut-il que cette activité d'élaboration collective du travail soit possible c'est-à-dire tout simplement permise. Car qu'est-ce que penser la possibilité de création et recréation des normes d'activité par le collectif et pour le collectif si ce n'est poser la question pleinement politique de la démocratie ?

Les discussions autour des règles de métier ou de l'identité professionnelle censées développer le pouvoir d'agir, comme le promeut la clinique de l'activité, s'inscrivent dans un système organisationnel déjà là. Or, l'organisation n'est pas un simple collectif horizontal : « la notion d'organisation désigne un ensemble structuré de rôles, de rapports de pouvoir, de normes, établi pour répondre à des objectifs de production de biens et de services. Elle recouvre dans cette conception, une série de contraintes et d'obligations avec lesquelles les membres de l'organisation composent pour s'y construire une place et éventuellement en tirer bénéfice » Dans ce cadre assumer le conflit pour définir le « travail bien fait », ce n'est pas seulement confronter et assumer des controverses autour des règles de métier entre pairs, c'est aussi s'affronter aux objectifs de la production définis par l'organisation.

Ainsi sortir d'une vision de la santé comme adaptation au contexte pour une entrée par la qualité du travail qui cherche à créer du contexte rejoint inévitablement la question démocratique dans un monde, celui de l'entreprise, qui en est la négation. Car discuter collectivement du travail et de ses normes c'est déjà commencer à se le réapproprier et donc déposséder ceux qui en sont les détenteurs et ont vocation à décider. Développer l'autonomie c'est développer l'autonomie contre l'hétéronomie de l'organisation. La mise en discussion collective des normes de production est en soi un travail d'institution dans et au-delà des institutions actuelles. Autant dire qu'un tel processus est une lutte et un rapport de force sauf à vouloir à tout prix euphémiser la violence des rapports de production dans le travail capitaliste. C'est ici que le silence de la clinique de l'activité est assourdissant, comme si elle n'osait pas aller au bout de ses propres intuitions.

Pourtant si l'on prend au sérieux ce processus, c'est-à-dire qu'on ne le réduit à une anodine discussion entre pairs, il s'agit bien d'un processus d'auto-institution de la société au sens où Castoriadis emploi cette expression : « la culmination de ce processus est le projet d'instauration d'une société autonome : à savoir une société capable de s'auto-instituer explicitement, donc de mettre en question ses institutions déjà données, sa représentation du monde déjà établie. Autant dire : d'une société qui, tout en vivant sous des lois et sachant qu'elle ne peut vivre sans loi, ne s'asservit pas à ses propres lois ; d'une société donc, dans laquelle la question : quelle est la loi juste ? reste toujours ouverte ».

Dire cela n'est pas se résoudre à la résignation en attendant une hypothétique socialisation des moyens de production et l'avènement d'une société entièrement démocratique par un acte héroïque. C'est au contraire fixer comme perspective de lutte contre la souffrance d'engager d'ores et déjà ce processus de réappropriation. Le travail dès lors qu'il est collectif peut impliquer un espace de subversion des ordres pour produire des règles qui peuvent être mises au service de l'émancipation. Il s'agit de créer et de multiplier les espaces de réappropriation collective du travail avec en ligne de mire la réappropriation de la totalité de l'espace collectif, donc politique, de la production. Le premier plan d'action reste donc l'action et la résistance collective qui se réapproprie le travail, autant que faire se peut, ici et maintenant. Car « une organisation peut aussi se définir comme une mise en commun de ressources individuelles pour permettre la réalisation d'une action collective ».

Là encore nous retrouvons une inspiration de Castoriadis pour qui le collectif est « à la fois un regroupement de production et de lutte. C'est parce qu'ils ont à résoudre en commun des problèmes d'organisation de leur travail, dont les divers aspects se commandent réciproquement, que les ouvriers forment obligatoirement des collectivités élémentaires qui ne sont mentionnées dans l'organigramme d'aucune entreprise. C'est parce que leur situation dans la production crée entre eux une communauté d'intérêts, d'attitudes et d'objectifs s'opposant irrémédiablement à ceux de la direction que les ouvriers s'associent spontanément, au niveau le plus élémentaire, pour résister, se défendre, lutter ».

Dans cette perspective l'expertise n'a de sens que si elle est partie intégrante d'un rapport de force. Plus, c'est dire que l'expertise doit elle-même abandonner sa « neutralité », c'est-à-dire sa position experte en surplomb, pour être co-construite avec et pour les salariés en lutte. Sans cela elle sera inévitablement rattrapée par le double écueil qui la guette en permanence entre impuissance et outil de gestion des ressources humaines. À l'inverse de la sous-traitance de l'expertise qui externalise la gestion des risques psychologiques, elle doit également être réappropriée comme savoir collectif.

Il nous paraît donc indispensable de partir de la souffrance… pour mieux la dépasser. La souffrance n'a pas sa valeur en elle-même, elle peut en revanche être principe d'action. Si le déni la concernant participe de la banalisation du mal, on ne peut s'en tenir au compassionnel sous peine de susciter une médicalisation du social par le soin apporté aux plus « fragiles ». Reconnaître sa souffrance, reconnaître celle des autres, doit amener la constitution et la prise de conscience d'un sujet collectif. Elle reste néanmoins une expérience sociale négative infra-politique si elle ne permet pas de poser à nouveaux frais la question de la santé au travail. Il s'agira d'éliminer le négatif par la chasse aux risques psychosociaux, nouvelle extension du domaine des ressources humaines, soustraitée au marché d'une psychologie du travail. Si la gestion des ressources humaines n'est pas assez diligente dans ce domaine il sera alors fait appel aux autorités publiques. Toutes interventions qui laisseront bien sûr intactes le pouvoir de direction des employeurs, l'exploitation et la domination du travail par ceux qui détiennent les moyens de production.

Dossier

Pourtant derrière, ou malgré la souffrance, les travailleurs résistent, continuent à travailler, à faire valoir d'autres critères. Or, c'est précisément ici que la plainte peut devenir savoir et se politiser. Lutter contre le travail pathogène ce n'est pas limiter l'exposition aux risques psychosociaux, c'est se réapproprier le travail et le maintenir collectivement en débat, c'est-à-dire maintenir cette réappropriation vivante. La politisation de la souffrance passe ainsi par la restauration du pouvoir d'agir des collectifs de travail, cette restauration étant elle-même condition du développement de la santé, au-delà la souffrance. C'est qu'ici la santé est plus que l'absence de trouble, elle est force vitale, capacité à agir sur son environnement et non adaptation à celui-ci. Un tel projet est en soi une promesse de subversion de l'ordre capitaliste et de l'hétéronomie qui le constitue. Le contrôle de l'ouvrier sur ses œuvres et la revendication de l'autonomie ouvrière retrouvent ici une nouvelle jeunesse.

Gilles Gourc

(article paru dans le n°38 de la revue Refractions)

CNT Travail et Affaires sociales | 5 novembre 2017

Source : https://www.cnt-tas.org/2017/11/05/lutte-cest-sante-politique-de-souffrance/

« On récolte ce que l'on sème ! », documentaire d'Alaa Ashkar

7. novembre 2017 - 19:00

Dans le cadre de résister en Palestine, Présentation du film On récolte ce que l'on sème ! nouveau documentaire d'Alaa Ashkar, réalisateur du film Route 60, en présence du réalisateur.

Le mardi 7 novembre à 19h Au cinéma Les Variétés à Marseille - 37, rue Vincent Scotto 13001 Marseille

http://www.assopalestine13.org/spip.php?evenement221

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