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Mis à jour : il y a 7 heures 25 min

Yeiwene Yeiwene, Construction et Révolution de Kanaky

9. janvier 2018 - 18:30

La Médiathèque Boris Vian propose le mardi 9 janvier à 18H30 à Port de Bouc une rencontre-dédicace avec Hamid MOKADDEM, auteur de "Yeiwene Yeiwene. Construction et Révolution de Kanaky" (Nouvelle-Calédonie), qui sera suivie à 20H au Cinéma Le Mélies (12 rue Papin, Port-de-Bouc) de la projection du film « NIDOISH NAISSELINE, UNE PAROLE QUI NE MEURT PAS » de Nunë LUEPACK, puis d'un débat en présence de Hamid MOKADDEM.
Trois hommes, trois militants, Jean-MarieTjibaou, Éloi Machoro et Yeiwene Yeiwene ont marqué dans les années 80 l'irruption du peuple kanak sur la scène internationale. Tous les trois ont été assassinés et ont donné leur vie pour l'émancipation de leur peuple. À l'extérieur de Kanaky, Yeiwene Yeiwene est relativement peu connu et souvent présenté comme le "lieutenant" de Jean-Marie Tjibaou. Par cet ouvrage, Hamid Mokaddem entend démontrer l'importance de ce leader, de par sa personnalité indépendante et sa contribution politique décisive.
Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) rappelle que trente ans après les accords de Matignon et vingt ans après ceux de Nouméa (accords survenus après une période dramatique qui a commencé en 1984 pour se terminer par un bain de sang entre le 24 avril et le 8 mai 1988 dans l'ile d' Ouvéa où des militants Kanaks furent achevés par le corps expéditionnaire français venu à la rescousse pour libérer des gendarmes pris en « otage » par des prétendus « terroristes ») trente ans après donc, une partie des habitants de la Nouvelle Calédonie est appelée aux urnes avant le mois de novembre 2018 pour s'exprimer par voie référendaire sur le statut de l'Ile.
Le peuple Kanak recouvrera – t –il sa souveraineté après plus de 165 ans de colonisation ?

La Médiathèque Boris Vian, , Rue de Turenne, 13110 Port-de-Bouc
Le Cinéma Mélies, 12 rue Papin, 13110 Port-de-Bouc
LE FUIQP - Front Uni des immigrations et des quartiers populaires
fuiqp.org/le-fuiqp/

Réunion Stop Linky

9. janvier 2018 - 18:30

Réunion d'organisation des particuliers de Forcalquier et ses alentours qui ne souhaitent pas qu'ENEDIS change leur compteur actuel par un compteur dit communicants…

Rappel : la prochaine campagne d'installation est programmée pour Forcalquier et alentours pour le printemps 2018.

Contact : stopcompteurscommunicantsforca chez netc.fr

https://04.demosphere.eu/files/import-images/resized-273e0391f3d2bf56f3f9f6bf6c6db464.jpg

https://04.demosphere.eu/rv/1967

Mardi 9 janvier 2018 à 18h30 à FORCALQUIER

L'émergence d'un système économique mondialisé

9. janvier 2018 - 18:30

accueil 18 h 30 - début des cours 19 h

Migrants en littérature

8. janvier 2018 - 19:00

L'Université Populaire du Pays d'Aix (UPPA) propose le lundi 8 Janvier 2018 à 19H une conférence sur les
MIGRANTS EN LITTÉRATURE, autour de deux ouvrages : "LES SAMOTHRACE" (Mercure de France, 2000 ; 2016) de NICOLE CALIGARIS et "FRÈRES MIGRANTS" (Gallimard,2017) de PATRICK CHAMOISEAU, dans le cadre du cycle LA LITTÉRATURE FACE AUX ENJEUX DU MONDE CONTEMPORAIN.
Il s'agit d'un roman et un essai/poème qui expriment la résistance de la littérature aujourd'hui aux idées reçues, clichés et représentations médiatiques du phénomène des migrants, avec Marcel DITCHE, Professeur en classes préparatoires littéraires et FRANCIS BARONNET-FRUGÈS : LECTURES

Université Populaire du Pays d'Aix (UPPA)
Cité du livre, Salle Bouvaist, 8-10 rue des Allumettes, 13100
universite-populaire-aix chez orange.fr
www.universitepopulairedupaysdaix.com …/…

L'Assemblée de la Plaine de janvier

8. janvier 2018 - 18:00

La prochaine réunion mensuelle de l'Assemblée de la plaine se tiendra lundi 8 janvier à 18H au café associatif El Ache de Cuba à Marseille. L'assemblée d'habitants, de commerçants et d'usagers de la Plaine et de son marché centenaire se concertera sur l'état des projets de "requalification" de la place Jean Jaurès par la Ville de Marseille représentée par la Soleam.

Assemblée de La Plaine chez gmail.com>

Solidarité avec Martine, poursuivie pour « délit de solidarité »

8. janvier 2018 - 13:30

Martine (membre d'Amnesty International – Anafé – RESF) est injustement poursuivie pour « délit de solidarité ».

Résumé des faits :
Le 28 juillet 2017, la police italienne a renvoyé, à pied, deux mineurs étrangers isolés vers la France. Martine Landry les a récupérés au poste frontière Menton/Vintimille du côté français pour les accompagner à la police aux frontières (PAF), munie des documents attestant de leur demande de prise en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE). Les deux mineurs, tous deux âgés de 15 ans et d'origine guinéenne, ont par la suite été pris en charge par l'ASE.

Le 31 juillet, Martine Landry s'est rendue à la PAF de Menton suite à l'interpellation et au transfert de onze migrants. Ce jour-là, elle se voit remettre une convocation pour une audition le 2 août. Le lendemain, Martine Landry reçoit une convocation du Tribunal correctionnel de Nice. Elle doit être jugée le 8 janvier 2018 pour « avoir facilité l'entrée de deux mineurs étrangers en situation irrégulière […], en ayant pris en charge et convoyé pédestrement ces deux mineurs du poste frontière côté Italie au poste frontière côté France ».

Signez la pétition :
https://www.change.org/p/solidarit%C3%A9-avec-les-solidaires/u/22199754
https://www.change.org/p/solidarit%C3%A9-avec-les-solidaires

Repas de soutien à l'association LOUNAPO

8. janvier 2018 - 12:00

Lundi 8 janvier à midi, les copains de LouNaPo proposent un repas de soutien à leur association dont les comptes sont de nouveau dans le rouge.
Avec son bateau l'ALBATROS II, un voilier de plus de 12 mètres, s'invente une autre forme de vivre ensemble, imaginant des actions militantes et culturelles grâce à des sorties en mer notamment pour tous ceux qui ne peuvent y avoir accès : les publics en grande précarité, les jeunes en décrochage institutionnel, etc.. , et en organisant des actions collectives autour de la mer et de la voile.pour se sensibiliser et se former à la navigation. Bref un engagement basé sur des principes égalitaires, des valeurs d'émancipation et le refus de toute forme de discrimination et de domination.
En ce début d'année l'association doit 6 mois de port et les frais du dernier chantier de réparation. Il reste 990 euros sur le compte… et ça ne suffit vraiment pas, même avec le renouvellement attendu des adhésions pour combler un peu le trou…
Alors, venez donc vous régaler et passer un bon moment lundi !

Pour la poursuite du blocage du chantier d'éoliennes

8. janvier 2018 - 9:00

Les opposants au projet d'éoliennes industrielles à Sainte Affrique se sont réunis samedi 6 janvier suite à l'envoi de convocations en gendarmerie à 11 militants, après le blocage du chantier des éoliennes industrielles de Crassous le 12 décembre dernier. Leurs convocations s'étalent sur une semaine à partir du lundi 8 janvier dans diverses gendarmeries du sud Aveyron.
Ils ont donc décidé d'appeler à un rassemblement sur le chantier, lundi 8 janvier à 9H au Dolmen de Crassous (12400 Saint Affrique) pour continuer le blocage. Ils ont également convoqué une conférence de presse à 10H30 le même jour pour annoncer qu'ils ne se rendront pas aux convocations et que les tentatives d'intimidation échoueront à les faire renoncer à défendre les terres sur lesquelles ils vivent. "Nous continuerons à nous opposer aux travaux de toutes les manières qui nous sembleront utiles. Nous avons la légitimité, ils ont la force, faisons preuve d'une intelligence déterminée et bravons leur imbécile autorité", affirme leur communiqué.
"Pas res nos arresta !" : c'est le mot d'ordre des opposants et le titre d'un film du groupe citoyen Amassada, en lutte depuis plusieurs années contre le méga transfo de Saint-Victor, ses 1000 éoliennes industrielles et le monde qui l'accompagne.
Les opposants relayent aussi l'appel à manifester devant la mairie de Ceilhes et Rocozels (34) le vendredi 19 janvier à 14h pour la fin de l'enquête publique du parc éolien sur le Canari.

amassada chez riseup.net

1900-2017, artistes et diversités en France

7. janvier 2018 - 18:00

L'équipe d'Ancrages vous invite au vernissage de l'exposition "1900-2017, artistes et diversités en France" le vendredi 12 janvier à 18H à la médiathèque La Passerelle à Vitrolles 13127.
Cette exposition itinérante est proposée dans le cadre du plan de lutte contre les discriminations de la Ville de Vitrolles. Elle présente une Histoire de la création musicale des deux rives au XXème siècle et sera suivie à 20H par un karaoké autour de chansons populaires de ces régions au cours de cette période.

médiathèque La Passerelle, 1 place de la Liberté, avenue des Salyens, 13127 Vitrolles
tel 0442779040 - mediatheques chez ville-vitrolles13.fr
http://ancrages.org/event/vernissage-exposition-artistes-diversites-france

Le règlement intérieur

7. janvier 2018 - 13:22

Ce règlement intérieur est un complément aux statuts.
Il est à la disposition de tous comme les statuts de l'association.

Il n'a pas pour objectif d'interdire mais aux contraire de permettre un bon fonctionnement. Il ne serait pas judicieux de prendre la loi à la lettre, mais il est préférable de considérer l'esprit de la loi.

Membres, Cotisations, Utilisation du local, Prêt de salle, Médiathèque, Café d'actualité, Conférences, Consommations

MEMBRE

Actif : Les personnes physiques qui participent régulièrement aux activités et contribuent activement à la réalisation des objectifs. Ils paient une cotisation…fixée annuellement par l'A.G.
L'admission du membre actif est prononcée par le C.A.

Seuls les membres actifs depuis trois mois sont éligibles au C.A.

Seuls les membres actifs ont droit de vote à l'Assemblée Générale ;

Adhérents de soutien : Les personnes physiques qui cotisent dans les mêmes conditions, mais ne souhaitent pas participer activement au travail de l'association. Ils sont convoqués à l'Assemblée Générale, participent aux débats, mais n'ont pas droit de vote, sauf consultatif.

Usagers : Les personnes physiques qui payent une cotisation annuelle d'un montant modique, leur donnant accès aux services de la médiathèque. Cette cotisation est décidée annuellement par l'Assemblée Générale sur proposition du Conseil d'Administration.

Adhérent à la médiathèque, à la bibliothèque.

Utilisateurs : Utilise ponctuellement les services sur place (journauxthèque, bibliothèque) sans payer de cotisations. Utilise ponctuellement les services gratuits de Mille Bâbords. (Conférences, Café de l'actualité…)

Ils peuvent être invités à l'AG en membre consultatif.

COTISATIONS

Membres actifs et de soutien :

Suivant les possibilités de chacun :

Tarif de base : 16 € par mois

Tarif réduit : 8 € par mois

Tarif solidaire : 3 € par mois

Usagers :

Cotisation annuelle. Bibliothèque, médiathèque.

Tarif de base : 16 €

Tarif réduit : 8 €

Tarif exceptionnel : 3 €

Utilisateurs :

Consommation : tarif unique : 1 € par an. Inscription obligatoire pour les consommations.

Activités sur place : entrée libre : il n'y a pas d'adhésion obligatoire pour les activités ouvertes à tous publics (lecture sur place, café de l'actualité, conférences…)

UTILISATION DU LOCAL

Le local ne peut être utilisé que pour des activités entrant dans l'objet de l'association Mille Bâbords.

Conférences, repas militants, bibliothèque, permanence, lieu d'information, consultations sur place, rencontres, échanges, débats…

PRET DE SALLE

Mille Bâbords ne peut être le support d'activité commerciale, hormis ce qui est justifié par les statuts et décidé par le C.A.

Lors de prêt de salles pour des conférences, la buvette éventuelle est organisée par Mille Bâbords.

Un membre actif est présent. Les horaires doivent être respectés sauf accord préalable exceptionnel.

Le prêt de salle est exclusivement réservé à des associations militantes et qui rentrent dans l'éthique de Mille Bâbords (cf. Charte).

L'association Mille Bâbords est assuré en responsabilité civile pour ses locaux et uniquement pour ses propres activités. L'association utilisatrice s'engage à couvrir en responsabilité civile l'activité qu'elle mène dans les locaux.

Participation aux frais :

Réunions : la demi soirée, sans installation 18 - 20 h 25 ou 20 h 30 - 23 h.

Un créneau : 16 €

Réunion sur deux créneaux : 24 €

Abonnement 10 réunions : 80 €

Abonnement 10 réunions sur deux créneaux : 120 €

Réunion publique : utilisation micro + disposition des chaises type conférence de 18 h 30 à 23 h : 32 €

Le samedi exceptionnellement : même participation qu'en semaine.

Les associations doivent être adhérentes à Mille Bâbords pour prendre un abonnement à la salle.

Le tarif des adhésions associatives sont de :

Tarif minimum : 50 euros

Tarif normal de : 100 euros

Tarif de soutien : 200 euros

MEDIATHEQUE

Lecture sur place : Libre, gratuite.

Emprunt :

Prêt maximum de deux documents pour 3 semaines.

Carte d'usager annuelle à jour. Les cartes de membres actifs et de soutien font office de carte d'usager.

Chèque de caution de 24 € pour les non adhérents. (hors membres actifs et de soutien)

Justificatif de domicile pour les membres usagers.

Carte d'identité photocopiée pour ceux qui n'ont pas de chéquier.

CAFE D'ACTUALITE

Ouvert à tous public.

Adhésion utilisateur pour consommer. Sirop et café offert.

(SUSPENDU ACTUELLEMENT !!!!)

1er et 3ème jeudi de chaque mois de 18 h 15 à 20 h.

Les règles du jeu sont fixées par l'animateur.

Mille Bâbords se réserve le droit de ne plus recevoir une personne qui ne permettrait pas une démocratie du débat.

CONFERENCES

Ouvert à tous public.

Elles sont gratuites par principes.

Toutefois les frais engagés pour certaines conférences peuvent amener Mille Bâbords à demander une Participation aux frais d'un montant fixe ou suivant la bonne volonté de chacun. Celle-ci ne sera pas demandée aux membres actifs.

CONSOMMATIONS

Le café éventuel est gratuit pour tous.

Pour toute consommation payante, il sera demandé aux non adhérents de prendre une carte d'utilisateur à 1 €.

Les consommations sont à 1 €.

Lors de prêt de salle, l'association utilisatrice étant partenaire, il n'est pas demandé de carte d'adhésion individuelle aux participants. Ceux-ci ne payent que leur consommations.

Validé par le Conseil d'Administration.

Justice et hommage aux 3 militantes kurdes assassinées à Paris en 2013

6. janvier 2018 - 14:00

Mercredi 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez étaient froidement exécutées d'une balle dans la tête, dans les locaux du Centre d'Information du Kurdistan, situés au 147 rue La Fayette, à Paris.

L'enquête menée en France a révélé nombre d'indices faisant apparaître que le meurtrier présumé, Ömer Güney, arrêté quelques jours après le crime, avait agi pour le compte des services secrets turcs (MIT), comme le confirme le réquisitoire du Procureur de la République dans cette affaire : « De nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l'implication du MIT dans l'instigation et la préparation des assassinats. »

Cependant, La mort d'Ömer Güney, le 17 décembre 2016, à un mois de son procès qui devait commencer à Paris, le 23 janvier 2017, nous prive d'un procès public qui aurait permis de juger non seulement l'exécutant, mais aussi, et surtout, le commanditaire, l'État turc !

En écho à la manifestation nationale du 6 janvier, la Coordination de la Marche Mondiale des Femmes 13 PACA organise un rassemblement à Marseille sous l'Ombrière le 6 janvier à 14 h.

Elle élargira son hommage aux militantes féministes et défenseuses des droits humains assassinées partout dans le monde en exposant leur portrait, leurs actions et dans quelles conditions elles ont été tuées.

Avec cette exposition, nous voulons démontrer que les défenseuses des droits humains subissent une violence et une discrimination systématique du fait de leur identité, mais aussi à cause de la lutte indéfectible qu'elles mènent en faveur des droits, de l'égalité et de la justice. Toutes ces femmes ont contribué à l'avancement des droits humains.

Yeiwene Yeiwene. Construction et Révolution de Kanaky (Nouvelle-Calédonie)

5. janvier 2018 - 19:00

Trois hommes, trois militants, Jean-MarieTjibaou, Éloi Machoro et Yeiwene Yeiwene ont marqué dans les années 80 l'irruption du peuple kanak sur la scène internationale. Tous les trois ont été assassinés et ont donné leur vie pour l'émancipation de leur peuple. À l'extérieur de Kanaky (Nouvelle-Calédoni ), Yeiwene Yeiwene est relativement peu connu et souvent présenté comme le "lieutenant" de Jean-Marie Tjibaou. Par cet ouvrage, Hamid Mokaddem entend démontrer l'importance de ce leader, de par sa personnalité indépendante et sa contribution politique décisive. Il voudrait inciter les jeunes Kanak à s'emparer de leur histoire trop souvent écrite par d'autres.

En s'appuyant tout autant sur les documents et archives que sur les récits des acteurs, témoins et familiers de Yeiwene Yeiwene, il retrace ainsi les évènements qui ont vu la naissance du mouvement national kanak jusqu'à la séquence révolutionnaire des années 80 aux accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa. Un outil précieux pour 2018 année du référendum sur l'avenir de ce territoire colonisé depuis 1853.

Hamid Mokaddem est professeur agrége de philosophie à l'Institut de formation des maïtres de Nouméa. Il vit et travaille en Nouvelle-Calédonie depuis 1989. Auteur de plusieurs ouvrages dont L'œuvre politique de Jean-Marie Tjibaou. Ce souffle venu des ancêtres… aux éditions Expressions et de nombreux articles scientifiques sur l'Océanie.

Ce livre est une co-édition des éditions Expressions de Nouméa et la courte échelle / transit de Marseille qui ont créé la collection Kanaky / Calédonie.

Le règlement intérieur de l'association « Mille Bâbords »

4. janvier 2018 - 14:33

Ce règlement intérieur est un complément aux statuts.
Il est à la disposition de tous comme les statuts de l'association.
Il a pour objectif de permettre un bon fonctionnement de l'association. Il ne serait pas judicieux de prendre le règlement à la lettre. Il vaut mieux considérer l'esprit de la loi.

Adhésions, Cotisations, Utilisation du local, Prêt de salle, Médiathèque, Conférences

ADHÉRENTS

Droit de vote

Tout adhérent : membre actif ou simple adhérent, personne physique, à jour de sa cotisation, est convoqué aux Assemblées générales et bénéficie du droit de vote dans la mesure où il est adhérent depuis trois mois révolus au jour de l'assemblée. Dans le cas contraire, il aura une voix consultative. Tout adhérent paye une cotisation dont le montant est fixé annuellement par l'Assemblée générale sur proposition du Conseil d'administration.

Membre actif : L'adhérent personne physique participe régulièrement aux activités et contribue activement à la réalisation des objectifs.
L'admission de l'adhérent à titre de membre actif est prononcée par le Conseil d'administration. Seuls les membres actifs depuis trois mois révolus sont éligibles au Conseil d'administration.

Simple adhérent : L'adhérent personne physique cotise annuellement sans s'engager à participer régulièrement aux activités de l'association.

COTISATIONS

Membre actif et simple adhérent :
Suivant les possibilités de chacun :
Cotisation de solidarité : 16 € par mois ou 182 € par an
Cotisation normale : 8 € par mois ou 96 € par an
Cotisation réduite minimale : 3 € par mois ou 36 € par an

Des cotisations intermédiaires peuvent être acceptées si elles sont d'un montant supérieur à la cotisation réduite minimale de 36 € par an.

Pour les associations adhérentes, le montant annuel des cotisations est de :
60 € cotisation minimale ;
120 € cotisation normale ;
200 € cotisation de soutien
Les associations adhérentes, personnes morales, n'ont pas le droit de vote en Assemblée générale. Chaque association adhérente se doit d'avoir au moins un adhérent qui adhère personnellement à Mille Bâbords.

UTILISATION DU LOCAL

Conférences – repas militants – bibliothèque – permanences – lieu d'information – consultations sur place – rencontres – échanges – débats – réunions publiques ou privées…

PRÊT DE SALLE

Le local ne peut en aucun cas être le support d'une activité commerciale.
Il ne peut être utilisé que pour des activités entrant dans l'objet de l'association Mille Bâbords.

Modalités du prêt de salle

Lors du prêt de la salle pour des conférences, une buvette peut être éventuellement organisée par Mille Bâbords et une participation aux frais demandée pour les consommations.
Un membre actif doit être systématiquement présent. Les horaires doivent être respectés sauf accord préalable exceptionnel.
Le prêt de la salle est exclusivement réservé à des associations militantes qui entrent dans l'éthique de Mille Bâbords (cf la Charte).
L'association Mille Bâbords est assurée en responsabilité civile pour ses locaux mais uniquement pour ses propres activités. L'association utilisatrice s'engage à couvrir en responsabilité civile l'activité qu'elle mène dans les locaux prêtés.

Participation aux frais (PAF)

Les réunions peuvent être publiques ou privées.

Le créneau du matin commence à 8 heures et finit à 13 heures ; celui de l'après-midi commence à 13 heures et finit à 19 heures ; celui de la soirée commence à 19 heures et finit à 24 heures.

Pendant la semaine, pour le créneau du matin ou de l'après-midi ou de la soirée, la PAF est de 20 € pour les associations non-adhérentes et de 10 € pour les associations adhérentes.
Les samedi et dimanche, pour le créneau du matin ou de l'après-midi ou de la soirée la PAF est de 30 € pour les associations non-adhérentes et de 15 € pour les associations adhérentes.
Les samedi et dimanche, la journée compte deux créneaux : la PAF est de 50 € pour les associations non-adhérentes et de 25€ pour les associations adhérentes.

Les associations doivent être adhérentes à Mille Bâbords pour pouvoir prendre un abonnement donnant droit à la mise à disposition de la salle pour plusieurs réunions sur un ou deux créneaux. L'abonnement pour 10 créneaux est de 80 €.

Pour une réunion avec utilisation du vidéoprojecteur fixe en salle, la PAF est majorée de 10 € pour les associations non-adhérentes et de 5 € pour les associations adhérentes.

Les permanences des associations adhérentes, ouvertes au public, sont gratuites pendant les créneaux du matin ou de l'après-midi.

MÉDIATHEQUE

Usager : personne physique qui paye un abonnement annuel d'un montant modique lui donnant accès aux services de la médiathèque. Cette cotisation est décidée annuellement par l'Assemblée générale sur proposition du Conseil d'administration mais ne constituera en aucun cas une adhésion à l'association.

Utilisateur : l'entrée est libre pour les activités sur place ouvertes à tous publics (accès à la journauthèque, la bibliothèque, aux conférences et réunions publiques, …) et l'adhésion n'est pas obligatoire.
Les usagers et les utilisateurs peuvent être invités à l'AG à titre consultatif.
Un poste informatique connecté à Internet est en accès libre.

Modalités : la lecture ou consultation sur place est libre et gratuite.
L'emprunt, conditionné à un abonnement annuel, est limité à deux documents à la fois pour une durée de 3 semaines maximum.

Abonnement annuel à la médiathèque

Pour les usagers : le montant de l'abonnement annuel est de 8 €.
Le montant du chèque de caution renouvelé chaque année est de 24 €.

Les adhérents de Mille Bâbords (membres actifs et simples adhérents) sont exonérés du paiement de la cotisation mais pas de l'obligation de laisser un chèque de caution.

CONFÉRENCES

Ouvertes à tout public. L'entrée est gratuite par principe.
Toutefois les frais engagés pour certaines conférences peuvent amener Mille Bâbords à demander une participation aux frais d'un montant fixe ou suivant la bonne volonté de chacun. Celle-ci ne sera pas demandée aux membres actifs.

« Dans l'asile de nuit » Rosa Luxemburg - 1er janvier 1912

2. janvier 2018 - 13:38

source Entre les lignes entre les mots

L'atmosphère de fête dans laquelle baignait la capitale du Reich vient d'être cruellement troublée. A peine des âmes pieuses avaient-elles entonné le vieux et beau cantique « O gai Noël, jours pleins de grâce et de félicité » qu'une nouvelle se répandait : les pensionnaires de l'asile de nuit municipal avaient été victimes d'une intoxication massive. Les vieux tout autant que les jeunes : l'employé de commerce Joseph Geihe, vingt et un ans ; l'ouvrier Karl Melchior, quarante-sept ans ; Lucian Szczyptierowski, soixante-cinq ans. Chaque jour s'allongeait la liste des sans-abri victimes de cet empoisonnement. La mort les a frappés partout : à l'asile de nuit, dans la prison, dans le chauffoir public, tout simplement dans la rue ou recroquevillés dans quelque grange. Juste avant que le carillon des cloches n'annonçât le commencement de l'an nouveau, cent cinquante sans-abri se tordaient dans les affres de la mort, soixante-dix avaient quitté ce monde.

Pendant plusieurs jours l'austère bâtiment de la Fröbel-strasse, qu'on préfère d'ordinaire éviter, se trouva au centre de l'intérêt général. Ces intoxications massives, quelle en était donc l'origine ? S'agissait-il d'une épidémie, d'un empoisonnement provoqué par l'ingestion de mets avariés ? La police se hâta de rassurer les bons citoyens : ce n'était pas une maladie contagieuse ; c'est-à-dire que les gens comme il faut, les gens « bien », ne couraient aucun danger. Cette hécatombe ne déborda pas le cercle des « habitués de l'asile de nuit », ne frappant que les gens qui, pour la Noël, s'étaient payé quelques harengs-saurs infects « très bon marché » ou quelque tord-boyaux frelaté. Mais ces harengs infects, où ces gens les avaient-ils pris ? Les avaient-ils achetés à quelque marchand « à la sauvette » ou ramassés aux halles, parmi les détritus ? Cette hypothèse fut écartée pour une raison péremptoire : les déchets, aux Halles municipales, ne constituent nullement, comme se l'imaginent des esprits superficiels et dénués de culture économique, un bien tombé en déshérence, que le premier sans-abri venu puisse s'approprier. Ces déchets sont ramassés et vendus à de grosses entreprises d'engraissage de porcs : désinfectés avec soin et broyés, ils servent à nourrir les cochons. Les vigilants services de la police des Halles s'emploient à éviter que quelque vagabond ne vienne illégalement subtiliser aux cochons leur nourriture, pour l'avaler, telle quelle, non désinfectée et non broyée. Impossible par conséquent que les sans-abri, contrairement à ce que d'aucuns s'imaginaient un peu légèrement, soient allés pêcher leur réveillon dans les poubelles des Halles. Du coup, la police recherche le « vendeur de poisson à la sauvette » ou le mastroquet qui aurait vendu aux sans-abri le tord-boyaux empoisonné.

De leur vie, ni Joseph Geihe, Karl Melchior ou Lucian Szczyptierowski, ni leurs modestes existences n'avaient été l'objet d'une telle attention. Quel honneur tout d'un coup ! Des sommités médicales – des Conseillers secrets en titre – fouillaient leurs entrailles de leur propre main. Le contenu de leur estomac – dont le monde s'était jusqu'alors éperdument moqué –, voilà qu'on l'examine minutieusement et qu'on en discute dans la presse. Dix messieurs – les journaux l'ont dit – sont occupés à isoler des cultures du bacille responsable de la mort des pensionnaires de l'asile. Et le monde veut savoir avec précision où chacun des sans-abri a contracté son mal dans la grange où la police l'a trouvé mort ou bien à l'asile où il avait passé la nuit d'avant ? Lucian Szczyptierowski est brusquement devenu une importante personnalité : sûr qu'il enflerait de vanité s'il ne gisait, cadavre nauséabond, sur la table de dissection.

Jusqu'à l'Empereur – qui, grâce aux trois millions de marks ajoutés, pour cause de vie chère, à la liste civile qu'il perçoit en sa qualité de roi de Prusse, est Dieu merci à l'abri du pire – jusqu'à l'Empereur qui au passage s'est informé de l'état des intoxiqués de l'asile municipal. Et par un mouvement bien féminin, sa noble épouse a fait exprimer ses condoléances au premier bourgmestre, M. Kirschner, par le truchement de M. le Chambellan von Winterfeldt. Le premier bourgmestre, M. Kirschner n'a pas, il est vrai, mangé de hareng pourri, malgré son prix très avantageux, et lui-même, ainsi que toute sa famille, se trouve en excellente santé. Il n'est pas parent non plus, que nous sachions, fût-ce par alliance, de Joseph Geihe ni de Lucian Szczyptierowski. Mais enfin à qui vouliez-vous donc que le Chambellan von Winterfeldt exprimât les condoléances de l'Impératrice ? Il ne pouvait guère présenter les salutations de Sa Majesté aux fragments de corps épars sur la table de dissection. Et « la famille éplorée » ?... Qui la connaît ? Comment la retrouver dans les gargotes, les hospices pour enfants trouvés, les quartiers de prostituées ou dans les usines et au fond des mines ? Or donc le premier bourgmestre accepta, au nom de la famille, les condoléances de l'Impératrice et cela lui donna la force de supporter stoïquement la douleur des Szczyptierowski. A l'Hôtel de ville également, devant la catastrophe qui frappait l'asile, on fit preuve d'un sang-froid tout à fait viril. On identifia, vérifia, établit des procès-verbaux ; on noircit feuille sur feuille tout en gardant la tête haute. En assistant à l'agonie de ces étrangers, on fit preuve d'un courage et d'une force d'âme qu'on ne voit qu'aux héros antiques quand ils risquent leur propre vie.

Et pourtant toute l'affaire a produit dans la vie publique une dissonance criarde. D'habitude, notre société, en gros, à l'air de respecter les convenances : elle prône l'honorabilité, l'ordre et les bonnes moeurs. Certes il y a des lacunes dans l'édifice de l'État, et tout n'est pas parfait dans son fonctionnement. Mais quoi, le soleil lui aussi a ses taches ! Et la perfection n'est pas de ce monde. Les ouvriers eux-mêmes – ceux surtout qui perçoivent les plus hauts salaires, qui font partie d'une organisation – croient volontiers que, tout compte fait, l'existence et la lutte du prolétariat se déroulent dans le respect des règles d'honnêteté et de correction. La paupérisation n'est-elle pas une grise théorie [1] depuis longtemps réfutée ? Personne n'ignore qu'il existe des asiles de nuit, des mendiants, des prostituées, une police secrète, des criminels et des personnes préférant l'ombre à la lumière. Mais d'ordinaire on a le sentiment qu'il s'agit là d'un monde lointain et étranger, situé quelque part en dehors de la société proprement dite. Entre les ouvriers honnêtes et ces exclus, un mur se dresse et l'on ne pense que rarement à la misère qui se traîne dans la fange de l'autre côté de ce mur. Et brusquement survient un événement qui remet tout en cause : c'est comme si dans un cercle de gens bien élevés, cultivés et gentils, au milieu d'un mobilier précieux, quelqu'un découvrait, par hasard, les indices révélateurs de crimes effroyables, de débordements honteux. Brusquement le spectre horrible de la misère arrache à notre société son masque de correction et révèle que cette pseudo-honorabilité n'est que le fard d'une putain. Brusquement sous les apparences frivoles et enivrantes de notre civilisation on découvre l'abîme béant de la barbarie et de la bestialité. On en voit surgir des tableaux dignes de l'enfer : des créatures humaines fouillent les poubelles à la recherche de détritus, d'autres se tordent dans les affres de l'agonie ou exhalent en mourant un souffle pestilentiel.

Et le mur qui nous sépare de ce lugubre royaume d'ombres s'avère brusquement n'être qu'un décor de papier peint.

Ces pensionnaires de l'asile, victimes des harengs infects ou du tord-boyaux frelaté, qui sont-ils ? Un employé de commerce, un ouvrier du bâtiment, un tourneur, un mécanicien : des ouvriers, des ouvriers, rien que des ouvriers. Et qui sont ces êtres sans nom que la police n'a pu identifier ? Des ouvriers, rien que des ouvriers ou des hommes qui l'étaient, hier encore.

Et pas un ouvrier qui soit assuré contre l'asile, le hareng et l'alcool frelatés. Aujourd'hui il est solide encore, considéré, travailleur ; qu'adviendra-t-il de lui, si demain il est renvoyé parce qu'il aura atteint le seuil fatal des quarante ans, au-delà duquel le patron le déclare « inutilisable » ? Ou s'il est victime demain d'un accident qui fasse de lui un infirme, un mendiant pensionné ?

On dit : échouent à la Maison des pauvres ou en prison uniquement des éléments faibles ou dépravés : vieillards débiles, jeunes délinquants, anormaux à responsabilité diminuée. Cela se peut. Seulement les natures faibles ou dépravées issues des classes supérieures ne finissent pas à l'asile, mais sont envoyées dans des maisons de repos ou prennent du service aux colonies : là elles peuvent assouvir leurs instincts sur des nègres et des négresses. D'ex-reines ou d'ex-duchesses, devenues idiotes, passent le reste de leur vie dans des palais enclos de murs, entourées de luxe et d'une domesticité à leur dévotion. Au sultan Abd-ul-Hamid [2], ce vieux monstre devenu fou, qui a sur la conscience des milliers de vies humaines et dont les crimes et les débordements sexuels ont émoussé la sensibilité, la société a donné pour retraite, au milieu de jardins d'agrément, une villa luxueuse qui abrite des cuisiniers excellents et un harem de filles dans la fleur de l'âge dont la plus jeune a douze ans. Pour le jeune criminel Prosper Arenberg [3] : une prison avec huîtres et champagne et de gais compagnons. Pour des princes anormaux : l'indulgence des tribunaux, les soins prodigués par des épouses héroïques et la consolation muette d'une bonne cave remplie de vieilles bouteilles. Pour la femme de l'officier d'Allenstein, cette folle, coupable d'un crime et d'un suicide une existence confortable, des toilettes de soie et la sympathie discrète de la société. Tandis que les prolétaires vieux, faibles, irresponsables, crèvent dans la rue comme les chiens dans les venelles de Constantinople, le long d'une palissade, dans des asiles de nuit ou des caniveaux, et le seul bien qu'ils laissent, c'est la queue d'un hareng pourri que l'on trouve près d'eux. La cruelle et brutale barrière qui sépare les classes ne s'arrête pas devant la folie, le crime et même la mort. Pour la racaille fortunée : indulgence et plaisir de vivre jusqu'à leur dernier souffle, pour les Lazare du prolétariat : les tenaillements de la faim et les bacilles de mort qui grouillent dans les tas d'immondices.

Ainsi est bouclée la boucle de l'existence du prolétaire dans la société capitaliste. Le prolétaire est d'abord l'ouvrier capable et consciencieux qui, dès son enfance, trime patiemment pour verser son tribut quotidien au capital. La moisson dorée des millions s'ajoutant aux millions s'entasse dans les granges des capitalistes ; un flot de richesses de plus en plus imposant roule dans les banques et les bourses tandis que les ouvriers – masse grise, silencieuse, obscure – sortent chaque soir des usines et des ateliers tels qu'ils y sont entrés le matin, éternels pauvres hères, éternels vendeurs apportant au marché le seul bien qu'ils possèdent : leur peau.

De loin en loin un accident, un coup de grisou les fauche par douzaines ou par centaines dans les profondeurs de la mine – un entrefilet dans les journaux, un chiffre signale la catastrophe ; au bout de quelques jours, on les a oubliés, leur dernier soupir est étouffé par le piétinement et le halètement des affairés avides de profit ; au bout de quelques jours, des douzaines ou des centaines d'ouvriers les remplacent sous le joug du capital.

De temps en temps survient une crise : semaines et mois de chômage, de lutte désespérée contre la faim. Et chaque fois l'ouvrier réussit à pénétrer de nouveau dans l'engrenage, heureux de pouvoir de nouveau bander ses muscles et ses nerfs pour le capital.

Mais peu à peu ses forces le trahissent. Une période de chômage plus longue, un accident, la vieillesse qui vient – et l'un d'eux, puis un second est contraint de se précipiter sur le premier emploi qui se présente : il abandonne sa profession et glisse irrésistiblement vers le bas. Les périodes de chômage s'allongent, les emplois se font plus irréguliers. L'existence du prolétaire est bientôt dominée par le hasard ; le malheur s'acharne sur lui, la vie chère le touche plus durement que d'autres. La tension perpétuelle des énergies, dans cette lutte pour un morceau de pain, finit par se relâcher, son respect de soi s'amenuise – et le voici debout devant la porte de l'asile de nuit à moins que ce ne soit celle de la prison.

Ainsi chaque année, chez les prolétaires, des milliers d'existences s'écartent des conditions de vie normales de la classe ouvrière pour tomber dans la nuit de la misère. Ils tombent silencieusement, comme un sédiment qui se dépose, sur le fond de la société : éléments usés, inutiles, dont le capital ne peut plus tirer une goutte de plus, détritus humains, qu'un balai de fer éjecte. Contre eux se relaient le bras de la loi, la faim et le froid. Et pour finir la société bourgeoise tend à ses proscrits la coupe du poison.

« Le système public d'assistance aux pauvres », dit Karl Marx, dans Le Capital, « est l'Hôtel des Invalides des ouvriers qui travaillent, à quoi s'ajoute le poids mort des chômeurs. La naissance du paupérisme public est liée indissolublement à la naissance d'un volant de travailleurs sans emploi ; travailleurs actifs et chômeurs sont également nécessaires, ces deux catégories conditionnent l'existence de la production capitaliste et le développement de la richesse. La masse des chômeurs est d'autant plus nombreuse que la richesse sociale, le capital en fonction, l'étendue et l'énergie de son accumulation, partant aussi le nombre absolu de la classe ouvrière et la puissance productive de son travail, sont plus considérables. Mais plus cette réserve de chômeurs grossit comparativement à l'armée active du travail, plus grossit la surpopulation des pauvres. Voilà la loi générale absolue de l'accumulation capitaliste. »

Lucian Szczyptierowski, qui finit sa vie dans la rue, empoisonné par un hareng pourri, fait partie du prolétariat au même titre que n'importe quel ouvrier qualifié et bien rémunéré qui se paie des cartes de nouvel an imprimées et une chaîne de montre plaqué or. L'asile de nuit pour sans-abri et les contrôles de police sont les piliers de la société actuelle au même titre que le Palais du Chancelier du Reich et la Deutsche Bank [4]. Et le banquet aux harengs et au tord-boyaux empoisonné de l'asile de nuit municipal constitue le soubassement invisible du caviar et du champagne qu'on voit sur la table des millionnaires. Messieurs les Conseillers médicaux peuvent toujours rechercher au microscope le germe mortel dans les intestins des intoxiqués et isoler leurs « cultures pures » : le véritable bacille, celui qui a causé la mort des pensionnaires de l'asile berlinois, c'est l'ordre social capitaliste à l'état pur.

Chaque jour des sans-abri s'écroulent, terrassés par la faim et le froid. Personne ne s'en émeut, seul les mentionne le rapport de police. Ce qui a fait sensation cette fois à Berlin, c'est le caractère massif du phénomène. Le prolétaire ne peut attirer sur lui l'attention de la société qu'en tant que masse qui porte à bout de bras le poids de sa misère. Même le dernier d'entre eux, le vagabond, devient une force publique quand il forme masse, et ne formerait-il qu'un monceau de cadavres.

D'ordinaire un cadavre est quelque chose de muet et de peu remarquable. Mais il en est qui crient plus fort que des trompettes et éclairent plus que des flambeaux. Au lendemain des barricades du 18 mars 1848, les ouvriers berlinois relevèrent les corps des insurgés tués et les portèrent devant le Château royal, forçant le despotisme à découvrir son front devant ces victimes. A présent il s'agit de hisser les corps empoisonnés des sans-abri de Berlin, qui sont la chair de notre chair et le sang de notre sang, sur des milliers de mains de prolétaires et de les porter dans cette nouvelle année de lutte en criant : A bas l'infâme régime social qui engendre de pareilles horreurs !

Rosa Luxemburg
https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1912/rl19120101.htm


[1] Expression empruntée au Faust de Goethe.

[2] Abd-ul-Hamid II (1842-1918), 34ème sultan ottoman. Fit massacrer les Arméniens. Détrôné en 1909 par Mehmet V.

[3] Les Arenberg étaient une très vieille famille princière d'Allemagne.

[4] Le plus important établissement bancaire dans l'Allemagne de Guillaume II. Il avait financé en particulier la construction du chemin de fer de Bagdad.

La position du syndicaliste couché

1. janvier 2018 - 18:26

Via ses grandes centrales, le syndicalisme contemporain s'est institutionnalisé. Élément-clé de l'ordre établi, c'est un partenariat avec l'État et le patronat, une cogestion loyale qui parle et décide en place et au nom des salarié.e.s. Ses élu.e.s font la promo de leurs enseignes qui servent désormais de sinécure à des pros du syndicalisme, experts en « juridisme » qui font illusion, ou pas, face à la direction lors des négos […]


Privilèges couverts

Qui bénéficie le plus de la conclusion aveugle d'accords donnant/donnant ? La paix sociale doit beaucoup à cette entente entre « partenaires sociaux » : avantages particuliers et arbitraires octroyés aux élu·es « de terrain » contre l'apathie des instances représentatives du personnel ? Ce syndicalisme réformiste et institutionnel sert aussi d'ultime protection perso de ces élu·es contre un hypothétique licenciement, voire d'exutoire de salarié·es insatisfait·es. Sommet de la collusion : l'usage discrétionnaire d'heures de délégation cumulatives, sans rapport avec la moindre activité syndicale. Privilège mesquin scellant un silence complice.

Marché de DUP

Obsolète le syndicalisme en entreprise ? Les gouvernements successifs ne s'y sont pas trompés. À partir de 1994, la DUP (délégation unique du personnel) permet aux entreprises de moins de 200 salariés de fusionner CE et DP.
Jusque là, les représentant·es du personnel, salarié·es avant tout, n'osaient pas toujours utiliser toutes leurs heures de délégation. Pour pas faire défaut au boulot, ou pour que le temps en réunions ad hoc ne « retardent » leurs tâches professionnelles. Pour d'autres raisons, les employeurs renâclent à ces multiples réunions. La DUP tombe à pic pour les « partenaires sociaux » sans grandes convictions syndicales !

Valeurs refuge

Le climat d'insécurité sociale profite au patronat. Crise économique, délocalisations, chômage, conventions collectives revues à la baisse, contrats de travail précarisés. Les plus audacieux des plus dociles des salarié·es se réfugient dans les IRP, sans engouement politique ou syndical, juste la peur au ventre, illusoirement soulagée en devenant « salariés protégés » [...]
Et pas question de former à la lutte des classes ces nouveaux venus. Terminées, les grèves sauvages reconductibles de 1995, récupérées in extremis par les centrales syndicales « partenaires ». Il faut préserver le « partenariat » entre gens de bonne compagnie.

Mobilisation en 2x8

Les manifs nationales n'égaient plus le paysage social que par quinzaine. Ça tombe bien : 2 fois 8 h, c'est en moyenne le quota d'heures de délégation mensuelles des élu·es CE, DP et DS.
En 2008, les critères de représentativité passent de 5 à 7, ajoutant le respect des valeurs républicaines, au nom duquel la CNT du commerce RP est contestée. Raté. L'idée de « valeurs républicaines » est si abstraite que la justice bourgeoise préfère retenir que « prôner l'abolition de l'État n'est pas contraire aux valeurs de la République » pas plus que « l'action directe » (Cour de cassation, 13 oct. 2010). Mais le mal est fait. Chaque syndicat est de fait représentatif dès qu'il désigne un représentant de section syndicale.
Déçu·es ou exclu·es de leur syndicat d'appartenance originel sont « invité·es » à louvoyer d'un syndicat à l'autre, jusqu'à adhérer au plus obscur. Ainsi le SCIAL RP CNT agrège dès 2009 d'ex-adhérent·es de FO et la CGT. Certain·es réputé·es les plus séditieux dans leur entreprise se révèlent sans consistance politique ou militante, dépourvu·es de toute culture ou pratique syndicalistes. Plus rebelles revanchards que révolutionnaires, ils en exploitent le discours pour se faire accepter, mais n'utilisent le syndicat que pour un usage de service !

Arrivent les arrivistes

Avec l'enchaînement précipité des mandats, une déléguée syndicale Monoprix (ex syndiquée FO, et bien avant CGT), fraîchement désignée DS centrale par la CFDT, signe un accord d'intéressement au nom de la CFTC ! Aussi arrivistes soient ces pseudos défenseurs des salarié·es, arrêts maladie, accidents du travail, CP et heures de délégation servent allègrement, marquant leur rejet du travail salarié pour un exutoire dans un syndicalisme sans tradition, sans pratique et sans transmission ultérieure... Quand un tel DS quitte la boîte, sa section disparaît aussitôt [...]

Précarité destructrice

Dès 2015, l'Uberisation rampante de la société commence à galoper. L'avenir tient dans l'auto-exploitation au profit des grandes entreprises et de l'État, déjà bien entamé par l'escroquerie du statut d'auto-entrepreneur, exonéré de contributions sociales, dépourvus de la protection qui découlerait d'une cotisation participative, si ce n'est à se faire siphonner par le RSI.
Ces types de « jobs » accréditent le démantèlement des garanties sociales, assurance chômage, sucé, aides au logement, caisses de retraites, etc. La société « drivée » par des contrôleurs de gestion à la botte du profit des actionnaires et leurs valets (dirigeants, cadres sup., jeunes et moins jeunes en mal de jeunisme) est de plus en plus individualisée et individualiste.

Bergers du troupeau

Dans ce contexte d'intérêt particulier ou d'intérêt de groupe, les syndicats « d'intérêt général » tentent au mieux de contenir la contestation sociale. Loi Travail passée à coups de 49.3 ou ordonnances Macron, ces lois conçues pour favoriser les dérégulations salariales passent et passeront au forceps, sans grande implication efficace des centrales syndicales « partenaires », et surtout pas la grève générale unitaire et reconductible, arme efficace des syndicalistes !
Dans les rues de 2015, la répression policière des opposants à ces mesures aussi antisociales qu'anti-salariales est en phase avec la violence politique antidémocratique, et trouve son pendant dans les boîtes. De plus en plus cyniques, méprisants, irrespectueux, les dirigeants se croient tout permis. Les « partenaires sociaux représentatifs », syndicats de collaboration de classe ou « d'intérêt général » ont un rôle d'antalgiques sociaux, de courroies de transmission, signant des accords complaisants, mortifères.

La fin du syndicalisme de stylo

Mais les patrons auront-ils dans un avenir proche encore besoin d'eux pour négocier ? Les syndicats de combat en sont réduits à se réfugier derrière le rempart du Code du travail, tant qu'il existe.
La collusion entre centrales syndicales et gouvernement est entérinée par l'ordonnance « Macron 2 » du 23 septembre 2017 qui fusionne les IRP en un CSE Comité social et économique avant fin 2019, supprimant les CHSCT dans les boîtes de moins de 300 salariés [...].
Peut-on imaginer une sorte de réduction pré-industrielle de notre société ? Peut-être, mais sans le lien social, culturel et la conscience politique, sans les utopies qui furent le ferment de l'émergence des syndicats révolutionnaires et libertaires !

Le conseil syndical du SCIAL RP CNT


Voir le sommaire du CS n° 429

On peut lire aussi la version téléchargeable du CS de novembre ici

10 février 2018 - Tous et toutes sur la zad de NDDL

31. décembre 2017 - 18:10

# Pourquoi converger massivement sur la zad le 10 février ?

Depuis des décennies, les 1650 ha de la zad sont menacés par un projet d'aéroport climaticide, destructeur de terres nourricières, de zone humides et de liens sociaux. En lieu et place de ce projet, des paysan.ne.s résistant.e.s ont continué de vivre sur leurs terres et de nouveaux.elles habitant.e.s sont arrivé.e.s dans les 10 dernières années. Il s'invente sur la zad des formes de vie, d'habitats et d'agriculture fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs.

Le 9 février 2018, la Déclaration d'Utilité Publique du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes aura 10 ans. Si le gouvernement, à l'issue de la médiation nommée il y a 6 mois, décide enfin d'abandonner ce projet mortifère, le 9 février marquera la fin officielle de la Déclaration d'Utilité Publique. Nous serons alors heureux de célébrer la préservation de ce bocage, avec toutes celles et ceux qui ont accompagné cette longue histoire de lutte au cours des dernières décennies. Nous convergerons pour poser ensemble les prochains jalons de l'avenir de la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Si le gouvernement décidait envers et contre tout de s'entêter, il nous faudrait alors être aussi fort nombreux.ses à réaffirmer notre volonté d'empêcher le démarrage des travaux et de toute expulsion sur la zad.

Quelle que soit la position du gouvernement suite au rapport de la médiation, et en espérant le meilleur pour la suite, nous vous appelons donc à vous organiser dès aujourd'hui pour se retrouver sur la zad le 10 février et enraciner son avenir.

Nous rappelons ci-dessous les bases communes que s'est donné le mouvement dans la perspective d'un avenir sans aéroport au-delà de l'abandon du projet.

— Pour plus d'infos : acipa-ndl.fr - zad.nadir.org
— Pour des demandes de renseignements spécifiques sur le 10 février : 10fevndlzad chez riseup.net

# Parce qu'il n'y aura pas d'aéroport (Texte des 6 points sur l'avenir de la ZAD)

Ce texte en 6 points a pour but de poser les bases communes nécessaires pour se projeter sur la ZAD une fois le projet d'aéroport définitivement enterré.

Il a été réfléchi au sein d'une assemblée régulière ayant pour objet de penser à l'avenir des terres une fois le projet d'aéroport abandonné. Assemblée qui regroupe des personnes issues des différentes composantes du mouvement de lutte. Ce texte a été longuement débattu, à plusieurs reprises, dans de multiples composantes et espaces
d'organisation du mouvement.

Nous défendons ce territoire et y vivons ensemble de diverses manières dans un riche brassage. Nous comptons y vivre encore longtemps et il nous importe de prendre soin de ce bocage, de ses habitant-e-s, de sa diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s'y partage.

Une fois le projet d'aéroport abandonné, nous voulons :

1. Que les habitant-e-s, propriétaires ou locataires faisant l'objet d'une procédure d'expropriation ou d'expulsion puissent rester sur la zone et retrouver leur droits.

2. Que les agriculteurs-ices impacté-e-s, en lutte, ayant refusé de plier face à AGO-VINCI, puissent continuer de cultiver librement les terres dont il-elles ont l'usage, recouvrir leurs droits et poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions.

3. Que les nouveaux habitant-e-s venu-e-s occuper la ZAD pour prendre part à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s'est construit depuis 2007 dans le mouvement d'occupation en terme d'expérimentations agricoles hors cadres, d'habitat auto-construit ou d'habitat léger (cabanes, caravanes, yourtes, etc), de formes de vies et de luttes, puisse se maintenir et se poursuivre.

4. Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d'agriculture pour le compte d'AGO-VINCI sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine
l'usage de ces terres.

5. Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l'agrandissement.

6. Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les éventuels conflits liés à leurs mise en oeuvre.

Nous semons et construisons déjà un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion. C'est à nous tout-e-s, dès aujourd'hui, de le faire fleurir et de le défendre.

Lettre d'information du site "la voie du jaguar"

29. décembre 2017 - 21:27

Source : https://lavoiedujaguar.net.

Nouveaux articles

** Unión Hidalgo, isthme de Tehuantepec
Des visages et des murs **

par Traba
25 décembre 2017

À Unión Hidalgo, les murs ont une histoire. Et même si le tremblement
de terre de septembre a défiguré le village, le collectif Binni Cubi
y a laissé son empreinte. Sur les murs, le visage de ces femmes et
de ces hommes qui sont l'âme et la force de la culture zapotèque.
Des œuvres qui sont tellement imprégnées dans le paysage qu'il suffit
de mentionner un mural à un moto-taxi pour indiquer la direction où
l'on veut se rendre.

Aujourd'hui, il ne reste plus que deux muraux sur les onze que comptait
le village, mais il suffit de discuter avec José ou Alfonso Arenas pour
faire revivre les noms et visages des murs disparus sous les décombres.
Et au milieu des ruines, par la simple force des mots, révéler la
couleur d'une mémoire qui se dessine au présent. (...)

Lire la suite->https://lavoiedujaguar.net/Union-Hidalgo-isthme-de-Tehuantepec-Des-visages-et-des-murs

** Tapis dans le bocage :
la vérité sur les armes secrètes des "zadistes" **

par ZAD
23 décembre 2017

Alors que l'hypothèse d'un abandon officiel du projet d'aéroport
se dessine enfin, on assiste en parallèle à une campagne politique
et médiatique de diabolisation des "zadistes". À partir de quelques
photos et informations diffusées par des services de gendarmerie, nous
voyons, depuis quinze jours, enfler des fables reprises sans aucune
gêne d'articles en plateau télé par une cohorte d'"analystes",
élu·e·s et journalistes. Cela sans que les un·e·s ou les autres
semblent souvent se préoccuper de vérifier quoi que ce soit avant
publication.

Dans une atmosphère digne d'une mauvaise Cendrillon, un puits se
transforme alors en tunnel vietcong, des bâtons plantés dans un talus en
une herse sanguinaire, des zadistes kamikazes attendent du haut des
arbres pour mourir en se jetant sur la police et les sentiers empruntés
quotidiennement par tout un chacun sur la ZAD sont piégés de toute part.
(...)

Lire la suite->https://lavoiedujaguar.net/Tapis-dans-le-bocage-la-verite-sur-les-armes-secretes-des-zadistes

** Athènes, 22 décembre 2017, pour mémoire **

par Dimitris Alexakis
22 décembre 2017

Aujourd'hui, un par un, les députés de l'ancienne "gauche radicale"
grecque, au pouvoir depuis bientôt trois ans, votent en faveur de
l'incarcération des militants du mouvement social qui se seront opposés
à la saisie (pour dettes) d'une résidence principale et à
l'expulsion locative qu'elle entraîne.

(Se seront opposés "de leurs corps" ; se seront interposés entre ménages
ou individus endettés et agents chargés d'appliquer la sentence, de les
virer de chez eux, de les mettre à la rue ; auront donc dans le langage
néolibéral fait "violence" à des dépositaires de la force publique.
Existe-t-il aujourd'hui, dans la solidarité avec les réfugiés, dans la
défense des droits sociaux les plus élémentaires, d'autre forme
d'opposition que celle qui engage le corps et se trouve ainsi
automatiquement dénoncée comme "violence" par les gouvernements
européens ?) (...)

Lire la suite-> https://lavoiedujaguar.net/Athenes-22-decembre-2017-pour-memoire

** Territoires en lutte
Bure à Saint-Affrique :
RTE dégage ! **

par Bure résistance
17 décembre 2017

Que faisaient des masques de hibou dans un article du "Midi libre", ce
3 décembre ? Vol migratoire inattendu depuis les cimes du bois Lejuc,
ou attrait soudain des Aveyronnais pour l'assiette en carton et la bombe
de peinture (secret de fabrication jalousement gardé) ?

C'est que, dans la foulée de l'appel commun à un hiver ardent, nous
étions quelques-un·e·s bien décidé·e·s à venir prendre l'air du
Sud à l'occasion de la manifestation contre RTE (Réseau de transport
d'électricité), appelée par les copains et copines de l'Amassada en
lutte contre l'implantation du "transformateur aux mille éoliennes".

C'est qu'il y a là-bas quelque chose qui nous touche, et
profondément. Au-delà de la sincérité des échanges et des camaraderies
qui se tissent entre Saint-Victor et Bure, au-delà des joyeuses soirées
où coulent bière de Morlaix-sur-Saulx et vin de Gaillac, au-delà des
farandoles endiablées (boulègue, boulègue !) et des concerts de
mathcore, force est d'avouer que la lutte qui depuis trois ans prend
son envol depuis l'Amassada est à bien des égards exemplaire. (...)

Lire la suite->https://lavoiedujaguar.net/Territoires-en-lutte-Bure-a-Saint-Affrique-RTE-degage


LA VOIE DU JAGUAR
informations et correspondance pour l'autonomie individuelle et
collective • lavoiedujaguar chez riseup.net • http://lavoiedujaguar.net

« Stonewall »

29. décembre 2017 - 19:30

19h30 : auberge espagnole
21h : projection

Vendredi 29 Décembre, Ciné-club : Stonewall
Film de Roland Emmerich, 2015, 129 min.

Après avoir fait l'expérience de la difficulté d'être gay dans une petite ville du Wisconsin des années 60, Danny est mis à la porte du domicile familial par son paternel. Il débarque alors seul et sans le sous à New-York. C'est là, dans ces bas-fonds hauts en couleurs où s'entassent homos, lesbiennes, drags, bisexuels et transgenres, qu'il découvre un monde marginal, fantasque et tragique où la joie de vivre côtoie la douleur d'un quotidien amer voire horrifiant, entre désœuvrement, misère et lynchage policier.

En s'attachant au parcours de Danny, Stonewall revient sur les évènements de juin 1969 lorsqu'éclatent une série d'émeutes après un raid de police dans un bar détenu par la mafia où se retrouve la communauté LGBT new-yorkaise. Ces événements sont souvent considérés comme le premier exemple de lutte des gays et lesbiennes contre un système soutenu par les autorités et persécutant les homosexuels et marquent le moment symbolique du début du mouvement des droits civiques pour les homosexuels, aux États-Unis et partout dans le monde.

laretive chez riseup.net

Marseille : Sauver Mille Bâbords du naufrage

27. décembre 2017 - 23:04

Dans la cité phocéenne, toutes et tous les militant.e.s connaissent ce célèbre local. La baisse des cotisations et la suppression d'une subvention départementale lui mettent aujourd'hui le couteau sous la gorge. Face à cette situation, l'association lance un appel à soutien.

Depuis sa création en 2000, Mille Bâbords est une association incontournable du mouvement social marseillais. Son local de la rue Consolat est un point d'appui pour les luttes locales, dont la liste est longue au bout de 16 ans d'existence. C'est aussi un lieu de réflexions, de confrontations et d'informations ouvert aux « 1000 gauches » à l'origine de son nom. Le local permet d'organiser débats publics, réunions de travail, apéros militants, de faire des banderoles, de tenir des permanences, etc. On y trouve également une bibliothèque de prêt et une journauthèque. Mille Bâbords est également une source d'informations très utile avec son agenda militant diffusé via une lettre d'infos hebdomadaire envoyée à 2 500 personnes, et via son site internet  [1].

L'autogestion au cœur des principes de l'association

L'adhésion à l'association est ouverte aux individus et aux organisations d'horizons politiques divers. Toutefois, afin d'éviter les divisions, les partis qui se présentent au élections ne sont pas acceptés.

À l'heure actuelle, il y a 25 organisations adhérentes, syndicales comme la CNT, SUD Éducation et Solidaires, associatives comme Attac, RESF, UJFP, politiques comme AL et la FA. L'autogestion n'est pas qu'un principe, c'est une pratique concrète, d'autant plus exemplaire qu'elle concerne des personnes et des groupes de cultures politiques différentes.

Aujourd'hui, Mille Bâbords lance un appel au secours, l'état de ses finances met son existence en danger. C'est la conséquence d'une dégradation progressive : d'une part le loyer et les frais de fonctionnement ont augmentés avec les années, par contre si le nombre d'adhérent.es est resté stable, leurs revenus ont diminué, entraînant la baisse des cotisations. Ensuite de nouveaux lieux alternatifs ont ouvert à Marseille, ce qui est une très bonne chose, mais du coup le local de Mille Bâbords est moins utilisé, ce qui signifie une baisse des recettes tirées de la location de la salle. Cette lente érosion financière a été occultée par une subvention annuelle du Conseil Départemental d'un montant d'environ 4000 euros. Cette année, le Conseil Départemental, passé à droite en 2015, n'a pas renouvelé la subvention, précipitant la crise financière actuelle.

Appel à soutien

Mille Bâbords a beaucoup contribué au mouvement social marseillais, sa disparition serait un coup dur pour les luttes locales et la liberté d'expression. Pour qu'il reste un point d'appui à la convergence des luttes et à l'expression de « 1000 gauches », pour que cette expérience autogestionnaire se poursuive, Mille Bâbords a besoin de soutien. Vous pouvez faire un don par internet via le site helloasso [2], ou en envoyant un chèque à Mille Bâbords, 61 rue Consolat 13001 Marseille.

Hervé (AL Marseille)
Le 15 décembre 2017

Source : http://alternativelibertaire.org/?Marseille-Sauver-Mille-Babords-du-naufrage


Le mouvement d'occupations contre les politiques migratoires continue

27. décembre 2017 - 15:03

A Lyon les occupants de l'amphi C, esquivant une très prochaine expulsion, se sont déportés du côté de Villeurbanne. A Grenoble et Nantes, les occupations continuent dans les batiments universitaires.

La semaine dernière nous revenions, à travers un récit envoyé par l'un de nos lecteurs, sur l'occupation de l'amphi C du campus de Bron (Université Lyon 2). En effet depuis le 15 novembre, des migrants y avaient trouvé refuge, épaulés par des étudiants. Cette action se déroulait en parallèle d'un mouvement d'occupation des écoles de la métropole lyonnaise pour les « Enfants sans toit ».

Si dans un premier temps la présidente de l'université avait renoncé à faire appel aux forces de l'ordre, elle avait finalement demandé, dans le cadre d'un jugement en référé au tribunal administratif, l'évacuation des locaux. Suivant les arguments de l'Université, le juge avait donné jeudi 14 décembre un répit de 4 jours avant d'autoriser l'usage de la force publique pour procéder à une expulsion.

En prévision de ce jugement, les occupants de l'amphi C avaient appelé à une journée de mobilisation, ce samedi 16 novembre, contre les expulsions et en écho à la manifestation internationale de Menton.

Ce rassemblement, à proximité de l'Hôtel de ville de Lyon a regroupé quelque 300 personnes, soumises à une forte pression de la police, qui avait mobilisé pour les impressionner plusieurs dizaines d'hommes ainsi qu'un canon à eau. Le même jour, en fin d'après-midi, était révélée l'occupation d'un grand bâtiment - aujourd'hui renommé l'Amphi Z, bien qu'il n'appartienne pas à l'université - à Villeurbanne.

Dans leur communiqué les occupants affirment :

"Pour mettre à l'abri celles et ceux que l'État refuse de prendre en charge, alors même que ses propres lois l'y obligent, des écoles et des universités sont aujourd'hui occupées ; ici, mais aussi à Grenoble, Nantes ou encore Paris.

Ainsi, depuis le 15 novembre l'Amphi C de la faculté de Bron est occupé par les expulsé·e·s de la Part-Dieu. Plus de cinquante sans-papiers et demandeurs/euses d'asile sont aujourd'hui menacé·e·s d'expulsion par la présidence de la fac qui s'était pourtant engagée à ne pas recourir aux forces de l'ordre.
Les parents de plus de vingt écoles organisent aujourd'hui la solidarité avec les famille laissé·e·s à la rue, occupant parfois les bâtiments. […] Le gymnase Rosset ouvert dans le cadre du plan grand froid est désormais menacé d'expulsion. Pourtant, le 5 décembre, la préfecture s'engageait auprès des collectifs reçus en délégation, à ne pas expulser les lieux occupés. Ces boniments ne nous ont pas plus dupé hier qu'aujourd'hui, ils renforcent au contraire notre détermination à lutter contre celles et ceux qui nous exploitent et nous expulsent.

Nous appelons à continuer la mobilisation et réaffirmons que c'est par la solidarité, l'entraide et la lutte collective que nous pourrons faire reculer l'Etat et ses politiques racistes et antisociales.

Nous réquisitionnerons chaque bâtiment vide pour sortir de la misère à laquelle nous accule l'État.

Tant qu'il y aura des gens à la rue, tant qu'il y aura des expulsions, il y aura occupation ! »

Les occupants appellent par ailleurs à se réunir ce lundi matin à 5h30 (non il n'y a pas d'erreur dans l'heure) pour faire face à une éventuelle tentative d'expulsion.

Le communiqué fait notamment référence à l'occupation de l'université de Grenoble, dont vous pouvez consulter la page facebook ici. Le Patio Solidaire est dans une situation de précarité similaire à celle qu'ont connue les occupants lyonnais. Ses occupants réclament actuellement de :

"Pouvoir rester au patio après le 23 décembre, bâtiment vide et chauffé, dont l'occupation autogérée demande un investissement très minime de la part de la préfecture et de l'université, si une solution acceptable pour les résident-e-s actuel-le-s n'est pas proposée."

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