la révolution sera féministe

Résistance 10-12-2018

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  1. Une année placée sous le signe de la résistance de femmes : En 2018, dans le monde entier, des femmes ont été en première ligne du combat pour les droits humains, En Inde et en Afrique du Sud, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre les violences sexuelles endémiques. En Arabie saoudite et en Iran, des militantes ont bravé le risque d’une arrestation en résistant, respectivement, à l’interdiction de conduire et à l’obligation de porter le hijab (voile islamique). En Argentine, en Irlande et en Pologne, de très nombreuses personnes se sont rassemblées pour réclamer la suppression de lois répressives sur l’avortement. Aux États-Unis, en Europe et au Japon, des millions des personnes ont participé à la deuxième marche des femmes organisée dans le cadre du mouvement #MeToo, demandant la fin de la misogynie et des atteintes aux droits des femmes. Dans le nord-est du Nigeria, plusieurs milliers de femmes déplacées se sont mobilisées afin de réclamer justice pour les violences qui leur ont été infligées par des combattants de Boko Haram et par les forces de sécurité nigérianes.En 2018 encore, de nombreux gouvernements soutiennent ouvertement des politiques et des lois qui assujettissent et répriment les femmes. À l’échelle de la planète, 40 % des femmes en âge de procréer vivent dans des pays où l’avortement reste soumis à de fortes restrictions. Quelque 225 millions de femmes n’ont pas accès à des moyens de contraception modernes. Même si un nombre record de femmes ont brigué une charge publique en 2018, les progrès réalisés restent malheureusement très lents. Actuellement, seulement 17 % des chefs d’État ou de gouvernement, et 23 % des parlementaires à travers le monde, sont des femmes.
  2. Seulement un tiers des pays de l’Union européenne reconnaissent que les actes sexuels non consentis constituent un viol: Sur les 31 pays seuls l’Irlande, le Royaume-Uni, la Belgique, Chypre, l’Allemagne, l’Islande, le Luxembourg et la Suède définissent les actes sexuels non consentis comme un viol. La Suède a modifié la définition il y a seulement quelques mois, après des années de campagne d’Amnesty et d’autres organisations. Dans tous ces pays, la définition juridique du viol est fondée sur l'usage de la force, la menace de l'usage de la force, la contrainte ou l’incapacité de la victime de se défendre. Il est également préoccupant que certains pays considèrent les actes sexuels non consentis comme une infraction spécifique d’une gravité moindre, laissant entendre que des faits ne correspondent à un « vrai viol » qu’en cas de recours à la violence physique. Par exemple, en Croatie, les « relations sexuelles non consenties » sont passibles d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement, contre dix ans pour le viol. Dans certains pays, le viol et les violences sexuelles sont toujours soumis aux notions de crimes liés à l’« honneur » ou à la « morale », ce qui encourage l’idée que la société a le droit de contrôler le corps des femmes. À Malte par exemple, les infractions à caractère sexuel relèvent du chapitre « Crimes contre le bon ordre dans la famille ».
  3. Le fiasco d’une loi censée renforcer la protection des mineur.es contre les violences sexuelles – Murielle Salmona Après l'adoption du texte de loi par l'Assemblée nationale, Muriel Salmona psychiatre spécialisée en traumatologie et victimologie association qui prend en charge victimes violences conjugales et sexuelles estime que les députés sont passés à côté de sa mesure principale : "Le seuil en-dessous duquel tout acte sexuel commis sur un enfant par un adulte est considérée comme une agression sexuelle". Selon elle, "on reste dans une situation où l'on va pouvoir encore rechercher le consentement de l'enfant. Ce que nous voulions, c'est que soit reconnu qu'une pénétration sexuelle sur un enfant de moins de 15 ans est une violence en soi”. Ce texte ne répond en outre pas aux inquiétudes de diverses organisations internationales dont l’ONU qui ont reproché à la France de ne pas juger les viols d’enfants en tant que crimes.
 
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