Un peu de dignité

2019-07-03-Amnesty

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Responsabilité des Multinationales et Justice Climatique: Intervention de Valérie Cabanes est juriste, spécialisée dans le droit international humanitaire et les droits humains a l’AG d’Amnesty France (30 min) . “Un nouveau droit pour la Terre “ On est dans la croyance que le bonheur est lié au confort matériel. Problème est que selon Oxfam, 62 personnes se partagent la même richesse que 3,5 milliards d'humains  ; en 2010 ils étaient 388. Depuis le début du 21° siècle, la moitié la plus pauvre de l'humanité a bénéficié de moins de 1% de l'augmentation totale des richesses mondiales  ; les 1% les plus riches ont pris la moitié de cette hausse. En France, les 10% les plus riches ont pris 54% de cet accroissement entre 2000 et 2015. Ces 62 personnes sont à la tête d'entreprises transnationales (ET) oeuvrant dans l'énergie, la pétrochimie, l'agroalimentaire, la biotechnologie, l'informatique, la finance et la grande distribution, c'est-à-dire les secteurs responsables de la destruction des écosystèmes et du changement climatique. Ils possèdent 1760 milliards €. Ce sont eux qui financent les campagnes électorales, poussent à de fausses solutions pour le changement climatique, refusent les règles internationales, arguant du chômage et de la croissance. De plus, ils placent dans les paradis fiscaux (7600 milliards)  ; s'ils payaient des impôts, ça rapporterait 190 milliards/ an.”  Valerie Cabanes se bat depuis de nombreuses années pour la reconnaissance du crime “d’écocide” pour sanctionner les responsables d’atteintes à la Nature. Auteur du livre paru début octobre “Un nouveau droit pour la Terre”, elle s’insurge contre ce système où les “peuples et sociétés sont dépossédés de leurs moyens d’existence à travers le monde par la destruction de leur environnement. L’écocide n’est pas un crime de plus, s’ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains. Il est désormais le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d’habitabilité de la Terre. D’ores et déjà, les dérèglements en cours attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que les saccageurs de la planète restent impunis”. Le champ libre laisse aux multinationales : Trop souvent les grandes entreprises multinationales restent impunies alors que même que des crimes graves sont commis contre l’environnement ou les droits sociaux. Retranchées derrière leurs chaînes de sous-traitances ou tout simplement protégées par le droit national de leur pays d’origine, les victimes se retrouvent démunies pour obtenir réparation. En s’appuyant sur sa recherche et ses interventions dans des cas de violations de droits humains liés aux activités des entreprises, Amnesty International compte obtenir des États qu’ils mettent en œuvre, sur le plan national et international, des cadres juridiques pour contraindre les entreprises à rendre des comptes. Amnesty International réclame en effet un contrôle efficace et effectif sur les entreprises dans leur pays d’origine et à l’étranger et la possibilité, pour ceux dont les droits sont bafoués, d’obtenir réparation. 

CONTROLE DES ARMES :

  • France / Exportations d’Armes: Dialogue de Sourds et Jeu de Dupes. Le 4 juin dernier, le ministère des Armées a rendu public son rapport annuel au Parlement sur les exportations d’armement en 2018, avec quelques jours de retard, comme à son habitude. Cette nouvelle édition est loin d’être à la hauteur des attentes répétées de la société civile. Le gouvernement bafoue une fois de plus ses engagements en matière de transparence, dans l’indifférence la plus totale des parlementaires. Ce non respect va de pair avec une violation des obligations internationales de la France visant à protéger les populations civiles.
  • Vente d’Armes a l’Arabie Saoudite: la décision historique du juge britannique. Le 20 juin 2019, la Cour d’appel du Royaume-Uni a statué que la décision du gouvernement britannique de continuer d’octroyer des licences d’exportation pour des équipements militaires à destination de l’Arabie Saoudite est illégale. Au cours de quatre années d’une guerre dévastatrice, la coalition que dirige l’Arabie Saoudite a tué des milliers de civils au Yémen, détruit des maisons, des écoles et des hôpitaux dans le cadre de frappes aériennes menées sans discernement. C’est la première fois qu’un tribunal britannique reconnaît les risques posés par l’exportation massive vers l’Arabie Saoudite d’équipements militaires destinés à être utilisés au Yémen. Il s’agit d’un grand pas en avant pour éviter de nouvelles effusions de sang.

MIGRANTS : Criminalisation de la Solidarité !

  • Violences Policières a Calais, ce que le gouvernement ne montre pas : https://www.youtube.com/watch?v=bEofCXw8iCU Dans le nord de la France, les autorités françaises harcèlent, tentent d’intimider et agressent violemment les personnes qui offrent une aide humanitaire et un soutien sous d’autres formes aux migrants, aux demandeurs d’asile et aux réfugiés pour entraver délibérément les actions de solidarité.
  • Affaire Torondel: coup dur pour la défense des droits Humains en France. La Cour d’appel de Douai a confirmé, ce lundi 24 juin, la condamnation pour diffamation de Loan Torondel. Son crime : un tweet humoristique. Cette décision aberrante établit un précédent dangereux pour quiconque tente de dénoncer le comportement abusif des forces de police à Calais et dans le reste du pays. Elle pourra également dissuader les défenseurs des droits des personnes migrantes et réfugiées de continuer leur action, ce qui aura pour conséquence de laisser ces personnes dans une situation encore plus précaire.
  • Bonne Nouvelle; relaxe de Tom Ciotkowski. Le 20 juin 2019, le tribunal de Boulogne-sur-Mer a rendu sa décision : Tom Ciotkowski, défenseur britannique des droits humains, qui documentait les violences policières commises contre des migrants et des réfugiés et contre des bénévoles qui leur venaient en aide à Calais, a été relaxé. La démonstration que la solidarité n’est pas un crime.
  • SEA WATCH: Solidarité avec Carola Rackete. Nous exprimons toute notre solidarité avec la capitaine du Sea Watch 3, Carola Rackete, arrêtée par les autorités italiennes après avoir débarqué 42 personnes réfugiées et migrantes à Lampedusa en Italie, Depuis des mois, le gouvernement italien agit de manière illégitime en criminalisant systématiquement le travail des ONG et en mettant en œuvre ce qui constitue manifestement des tentatives de refoulements collectifs. En vertu du droit international, les personnes secourues en mer doivent être emmenées dans le port sûr le plus proche. L’Italie étant signataire de la Convention internationale relative au statut des réfugiés, elle a l’obligation de permettre aux personnes qui le souhaitent de déposer une demande d’asile en Italie. Le 14 juin, le gouvernement italien a adopté par décret de nouvelles mesures qui mettent à mal la solidarité et le sauvetage civil en mer.
  • Plan d’Action pour sauvetages et débarquements en méditerranée: Ce que les Etats Européens doivent faire. Au niveau européen, aucune mesure n’a été prise pour garantir un système de secours efficace en mer alors que plus de 18 400 personnes sont mortes en Méditerranée depuis 2014. Au contraire, les Etats européens ont retiré en mars dernier leurs navires de la Méditerranée et ont poursuivi la coopération avec les garde-côtes libyens. Ils ont également continué à dissuader et poursuivre les ONG réalisant des sauvetages en mer. Nous rappelons que des solutions existent, et qu’il est de la responsabilité des gouvernements européens d’organiser le sauvetage et le débarquement des personnes qui fuient l’enfer libyen. et proposons conjointement avec Human Rights Watch un plan d’action en vingt étapes pour faire face à la crise politique en Méditerranée.
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